«Dans une certaine mesure, le Québec est un peu plus isolé qu’il l’était»

<p>Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, accuse le premier ministre François Legault d’avoir «isolé» le Québec au fil de la dernière année.</p>
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, accuse le premier ministre François Legault d’avoir «isolé» le Québec au fil de la dernière année.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, accuse le premier ministre François Legault d’avoir « isolé » le Québec au fil de la dernière année.

Le gouvernement caquiste a provoqué des « tensions » au sein de la fédération canadienne ; d’une part entre le gouvernement québécois et le gouvernement fédéral, d’autre part entre le gouvernement québécois et le gouvernement albertain, a-t-il déploré à l’issue du caucus présessionnel de son groupe parlementaire, jeudi.

M. Legault a aussi amorcé des « discussions qui n’aboutissent pas avec le gouvernement ontarien » à propos de la vente d’hydroélectricité québécoise, a aussi regretté M. Arcand.

« Je ne crois pas que monsieur Legault, actuellement, est une personne qui rassemble à la fois au Québec, un peu partout au Canada et ailleurs, a fait valoir le chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Dans une certaine mesure, le Québec est un peu plus isolé qu’il l’était. »

Pierre Arcand n’a toutefois pas cassé du sucre sur le dos de M. Legault pour avoir demandé mercredi ― jour 1 de la campagne électorale fédérale ― de ne pas contester la Loi sur la laïcité de l’État devant les tribunaux. « Il n’a pas tort. Il peut le faire sans aucun problème. Moi, je pense, encore une fois, que c’est quelque chose du ressort du Québec », a-t-il affirmé, entouré de part et d’autre de députés. Après avoir répété qu’il ne lui appartient pas de « dicter ce que le fédéral doit ou ne doit pas faire », le chef libéral a dit du bout des lèvres qu’il « ne souhaite pas que le fédéral intervienne à ce stade-ci ». « On n’a pas à dicter au fédéral quoi faire. Tout ce qu’on dit, c’est que la loi 21 a été votée au Québec. On a voté évidemment contre. La loi 21 est la loi actuelle au Québec. S’il y a des groupes qui veulent la contester, ils vont le faire, et justice suivra », a-t-il expliqué.

Une popularité basée sur une illusion ?

Depuis près d’un an, le gouvernement de la CAQ « donne l’illusion [aux Québécois] qu’il règle les problèmes » alors qu’il n’en est rien, prétend le PLQ. Les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) pâtissent d’un « manque criant » de personnel et les « les entreprises sont toujours au bout du rouleau en raison du manque de main-d’œuvre », a illustré M. Arcand.

L’ex-ministre libéral dit n’avoir « pas vu beaucoup » d’« investissements » ou encore de « projets d’avenir » annoncés depuis l’arrivée de la Coalition avenir Québec aux commandes de l’État. « Où est la pluie d’investissements promise ? » a-t-il demandé, accusant du même souffle l’équipe de François Legault de « viv[re] un peu sur ce qu[e] leur a laissé » le gouvernement de Philippe Couillard.

Les élus libéraux ont fait preuve d’unité jeudi, après la mise en lumière de certaines divergences de vues sur la formule de salutation « Bonjour-Hi » qui fait mouche dans les commerces malgré l’adoption de motions par le Parlement invitant tous les commerçants à saluer « chaleureusement » leur clientèle d’un « bonjour », soit « un des mots de la langue française les plus connus chez les non-francophones du monde » et « exprim[ant] magnifiquement la convivialité québécoise ». Mercredi, Marwah Rizqy (Saint-Laurent) avait affirmé que « c’est excessivement important qu’on soit servi en français » dans les commerces québécois, tandis que Jennifer Maccarone (Westmount–Saint-Louis) a dit « qu’on peut desservir [la clientèle] dans la langue de [son] choix ». « Il n’y a pas de division dans notre caucus là-dessus, je regrette », a lancé M. Arcand, à moins cinq jours de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale. « C’est très simple: le français est prioritaire au Québec, point à la ligne. Ç’a toujours été la position. C’est partagé par nos députés anglophones et nos députés francophones. »

Pourtant, la veille, il invitait les sociétés d’État, comme la Société des alcools du Québec (SAQ), à accueillir leurs clients au moyen « essentiellement [d’un] “bonjour”, sauf dans les cas où il y a une clientèle anglophone importante ».

Test pour le PLQ

Pierre Arcand a promis jeudi de « mettre toute la gomme possible » afin de remporter l’élection partielle dans la circonscription de Jean-Talon, qui est vacante depuis la démission du libéral Sébastien Proulx, le 30 août dernier. « Moi, j’ai confiance en la population de Québec. La population de Québec a toujours eu un bon jugement politique », a souligné le chef intérimaire libéral.

Il a indiqué que la directrice générale du PLQ ― et ex-ministre ―, Véronyque Tremblay, ne briguera pas les suffrages dans Jean-Talon. Et qu’en est-il de l’ex-p.-d.g. du CHU Québec Gertrude Bourdon, qui a mordu la poussière le 1er octobre 2018 dans la circonscription de Jean-Lesage ? M. Arcand esquivé la question.