Problèmes à l’UPAC: Legault dit non à une commission d’enquête

Le premier ministre caquiste a rappelé que son parti demandait depuis plusieurs années que le choix des dirigeants de l’UPAC, de la SQ et du Directeur des poursuites criminelles et pénales soit fait par les deux tiers des élus de l’Assemblée nationale.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le premier ministre caquiste a rappelé que son parti demandait depuis plusieurs années que le choix des dirigeants de l’UPAC, de la SQ et du Directeur des poursuites criminelles et pénales soit fait par les deux tiers des élus de l’Assemblée nationale.

Le premier ministre François Legault a fermé la porte jeudi à la tenue d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les difficultés de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et de la Sûreté du Québec (SQ), qui sont toujours sans chef permanent.

« Il y a une situation spéciale à la SQ parce qu’il y a une enquête en cours sur l’ancien directeur et idéalement, il faut attendre que cette enquête soit terminée, a relevé M. Legault. Mais là, d’enquêter sur les enquêteurs… Il y a le Bureau des enquêtes indépendantes qui est là pour ça, qui participe à l’enquête sur ce qui se passe déjà à la SQ. Donc, je ne pense pas qu’il faut en ajouter. »

Le chef parlementaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, avait suggéré la semaine dernière la mise sur pied d’une commission d’enquête pour scruter les rapports de certains corps policiers avec le pouvoir, mais aussi avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Il avait alors évoqué l’exercice similaire réalisé à la fin des années 1990 par le juge Lawrence Poitras.

Le premier ministre caquiste a rappelé que son parti demandait depuis plusieurs années que le choix des dirigeants de l’UPAC, de la SQ et du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) soit fait par les deux tiers des élus de l’Assemblée nationale. Son gouvernement a adopté une loi en mai pour effectuer ce changement. M. Legault a promis que le nom du prochain commissaire de l’UPAC serait bientôt soumis aux partis d’opposition pour qu’ils puissent se prononcer.

L’ex-commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, avait annoncé sa démission-surprise l’an dernier le jour des élections québécoises. Il a été remplacé dans l’intérim par Frédéric Gaudreau, qui agissait comme commissaire associé aux enquêtes au sein de cette unité policière.

Six mois plus tard, le directeur général de la SQ, Martin Prud’homme, avait été suspendu au motif qu’il était visé par une allégation d’infraction criminelle. L’enquête avait été confiée au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), dont le mandat est notamment de faire la lumière sur « toute allégation relative à une infraction criminelle commise par un policier ». M. Prud’homme est le gendre de Robert Lafrenière, l’ex-commissaire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Guerre des clans

Les guerres de clans au sein des corps de police québécois peuvent mettre en péril la sécurité des Québécois, a averti le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, jeudi. « Le gouvernement, plutôt que de justifier les décisions de [la ministre Geneviève] Guilbault devrait faire en sorte justement qu’on règle cette situation-là qui m’apparaît extrêmement urgente et qui, un moment donné, va nuire de façon très claire à la sécurité de nos citoyens », a-t-il déclaré au terme du caucus présessionnel de son groupe parlementaire à Bromont. « Les gens doivent avoir une confiance dans leur police. C’est fondamental dans une société », a-t-il insisté.


M. Arcand a montré du doigt une « absence de leadership » au ministère de la Sécurité publique, qui est dirigé par Geneviève Guilbault depuis 11 mois. Selon lui, l’élue caquiste en a « beaucoup » sur les épaules: Mme Guilbault cumule les fonctions de ministre de la Sécurité publique, de vice-première ministre et de ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, a-t-il rappelé. « Comme elle semble avoir un problème au niveau de ses ressources humaines, de ses relations humaines, moi, j’ai dit à Monsieur Legault: “Prenez le dossier”. Ceci étant dit, je n’ai pas demandé sa démission », a-t-il poursuivi.