Après le «printemps de la laïcité», le PQ veut un «automne de la langue»

Le Parti québécois a proposé jeudi une série de mesures pour mieux défendre le français.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le Parti québécois a proposé jeudi une série de mesures pour mieux défendre le français.

Le Parti québécois veut mettre la protection et la promotion de la langue française au cœur des débats de l’Assemblée nationale cet automne.

« On est passé à autre chose », a déclaré le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, près de trois mois après l’adoption de la Loi sur la laïcité de l’État par l’Assemblée nationale. « Après le printemps de la laïcité, le Québec est prêt à vivre son automne de la langue française », a-t-il fait valoir.

À moins de deux semaines de la reprise des travaux parlementaires, il presse le nouveau ministre responsable du dossier, Simon Jolin-Barrette, à renforcer la Charte de la langue française.

Il lui demande de légiférer notamment afin d’assujettir à la loi 101 les entreprises de 25 à 49 employés, ainsi que les entreprises dont les activités sont de compétence fédérale.

Le PQ demande aussi à M. Jolin-Barrette, qui est également ministre de l’Immigration, à accueillir au Québec « le plus possible » des immigrants qui maîtrisent déjà le français et à contraindre les autres à suivre des cours de francisation sous peine de « sanctions ».

Pour freiner le recul du français, le troisième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale demande aussi au gouvernement Legault de « communique[r] uniquement en français avec les personnes morales » comme le stipule l’article 1 de la loi 104. Enfin, le PQ exhorte l’équipe de François Legault à « interdire aux entreprises d’exiger l’anglais lors d’une embauche quand ce n’est pas nécessaire à l’emploi ».

Au terme d’un caucus présessionnel de deux jours à Salaberry-de-Valleyfield, M. Bérubé a souligné que la défense de la langue française constituera le « dossier prioritaire » de son groupe parlementaire. En revanche, le PQ met en sourdine son programme en laïcité, et ce, d’ici à la fin de la 42e législature. L’idée de soumettre le personnel des services de garde ainsi que des écoles privées à l’interdiction de porter un signe religieux demeure toutefois dans le programme du PQ, a-t-il précisé.

Pour le leader parlementaire du PQ, Martin Ouellet, « il est temps de passer à autre chose ». « Et, la langue est un vecteur important de nationalisme. Un vecteur important de nationalisme et de culture. Le gouvernement Legault, au-delà [du fait] d’avoir nommé un nouveau ministre pour s’en occuper, doit arriver avec des propositions qui vont parler aux Québécois, mais qui vont être structurantes pour la nation québécoise », a-t-il affirmé dans une mêlée de presse.

M. Ouellet a rappelé que l’indépendance ainsi que les valeurs de la liberté, de la justice et de l’équité, du nationalisme ainsi que de la protection de l’environnement guident désormais l’action politique du PQ. « Vous avez vu dans la Déclaration qui a été déposée [mercredi], lorsqu’on parlait de l’importance de l’identité, de la culture et des valeurs qu’on a mises, vous avez rapidement compris que la laïcité n’en faisait pas partie. Pour nous, ce débat-là a eu lieu. On est capable d’avancer sur autre chose qu’exclusivement ce qui nous a déchirés pendant les dix dernières années », a-t-il conclu.

D’autres détails suivront.