Le PQ promet un changement de ton

«Tous ceux qui partagent nos valeurs et notre objectif sont les bienvenus», a ajouté Gabrielle Lemieux, présidente du Parti québécois, plaidant pour l’union des indépendantistes et des nationalistes sous la bannière du PQ.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir «Tous ceux qui partagent nos valeurs et notre objectif sont les bienvenus», a ajouté Gabrielle Lemieux, présidente du Parti québécois, plaidant pour l’union des indépendantistes et des nationalistes sous la bannière du PQ.

La présidente du Parti québécois, Gabrielle Lemieux, appelle les membres de sa formation politique à adoucir le ton afin de « recréer le grand mouvement pour l’indépendance du Québec ».

« À présent, le nouveau Parti québécois bâtira des consensus pour faire avancer la nation québécoise et l’indépendance. Nous ne jouerons pas au jeu politique de la division. Nous n’adopterons plus un ton revanchard quant au passé. Nous nous positionnerons de façon à faire avancer le Québec en prenant des décisions courageuses et rassembleuses », a-t-elle promis en marge du caucus présessionnel du PQ à Salaberry-de-Valleyfield, mercredi.

Mme Lemieux a profité d’une séance de travail des neuf élus péquistes en Montérégie pour dévoiler la proposition principale qu’elle soumettra aux participants du congrès extraordinaire du PQ à Trois-Rivières les 9 et 10 novembre prochain. Celle-ci renferme à la fois une proposition de « Déclaration sur les fondements du PQ » ainsi qu’une proposition de Statuts « réécrits de A à Z ».

En plus du « nationalisme » et de l’« indépendance » pour lequel travaille le PQ, les quatre « valeurs fondamentales » du « nouveau PQ » y sont explicitées : la liberté, la justice et l’équité, le nationalisme ainsi que la protection de l’environnement. « Pas sept, pas huit comme d’autres partis », a dit Mme Lemieux, dans un clin d’oeil aux huit grandes valeurs du Parti libéral du Québec. « Tous ceux qui partagent nos valeurs et notre objectif sont les bienvenus », a-t-elle ajouté, plaidant pour l’union des indépendantistes et des nationalistes sous la bannière du PQ.

« Dès la prochaine session parlementaire, cet esprit va nous animer », a promis le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, avant de casser du sucre sur le dos de la CAQ pour avoir refusé d’appuyer le projet de réforme de la Charte de la langue française de la ministre péquiste Diane De Courcy en 2013.

La présidente du comité national des jeunes du PQ (CNJPQ), Frédérique St-Jean, s’est dite ravie de voir l’exécutif national ériger la lutte contre les changements climatiques comme une « priorité » d’action du PQ. « Cet enjeu-là est une priorité absolue, je pense, pour ma génération. Puis, le Parti québécois ne reviendra plus sur ce choix et sera maintenant et pour les années à venir une force de proposition en la matière », a-t-elle fait valoir à la presse mercredi.

La porte-parole de l’aile jeunesse s’est aussi réjouie de la proposition de l’exécutif national de mettre sur pied une « agora » où des acteurs de la société civile pourront interagir avec le PQ ainsi que des « comités d’affinités ». Ceux-ci « rassemble[ront des individus] sur la base d’intérêts, de caractéristiques ou d’idées communes » : des entrepreneurs, des femmes ou encore des environnementalistes, a-t-elle illustré.

« S’impliquer dans des associations locales, c’est cool. […] Mais, les gens qui vont vouloir s’impliquer pour un enjeu spécifique pourront le faire », a expliqué la présidente du CNJPQ. « Pour les jeunes, le statut de membres ne veut pas dire grand-chose. C’est peut-être même un peu repoussant. Mais, ils aiment s’engager pour des causes. Maintenant, en donnant plus de place aux sympathisants, en permettant des consultations via le Web qui peuvent changer le programme et l’action parlementaire, je pense qu’on se donne des façons de faire qui vont permettre de convaincre notre génération d’embarquer dans le mouvement indépendantiste », a-t-elle ajouté.

Près d’un an après sa défaite historique, l’état-major du PQ n’est toutefois pas encore prêt à changer d’« image de marque », en modifiant par exemple son « nom », son « identité visuelle » ou encore son « logo ». Il n’exclut pas de le faire d’ici au prochain rendez-vous électoral, prévu en 2022. « On ne peut pas non plus mettre la charrue [avant] les boeufs », a lancé Gabrielle Lemieux, disant vouloir s’attaquer en priorité au « fondamental » du PQ : « remet[tre] la promotion de l’indépendance au coeur de ses activités ». « Fini l’obsession du nombre de membres, la réunionnite et la lourdeur administrative de nos associations locales. »

15 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 septembre 2019 05 h 05

    … en français !

    « À présent, le nouveau Parti québécois bâtira des consensus pour faire avancer la nation québécoise et l’indépendance. (…) Nous nous positionnerons de façon à faire avancer le Québec en prenant des décisions courageuses et rassembleuses » (Gabrielle Lemieux, Présidente, PQ)

    De ces belles paroles, ce « nouveau » PQ s’engage dans une voie susceptible de poursuivre, de fierté à la québécoise, ce dont il sera appelé à vivre tout autant du nationalisme que de l’indépendance !

    Comme on dit au Québec, cé l’fun d’avancer de liberté …

    … en français ! – 5 sept 2019 -

    • Chantale Desjardins - Abonnée 5 septembre 2019 08 h 45

      Des mots, des paroles, et l'indépendance restera dans l'oubli.

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 septembre 2019 14 h 18

      « et l'indépendance restera dans l'oubli. » (Chantale Desjardins)

      De ce genre d’oubli, pourquoi ne pourrait-on pas l’éveiller à la Mémoire ?

      ?!? - 5 sept 2019 -

  • Chantale Desjardins - Abonnée 5 septembre 2019 08 h 30

    Avoir le bon ton?

    Le bon ton doit se résumer a parler et a prouver que la souveraineté est la meilleure solution

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 5 septembre 2019 08 h 37

    Décentralisation

    1) Pblier les livres Blanc et Verts sur la décentralisation
    2) Mettre la souveraineté du Peuple avant celle de l'État.
    3) Si èlu, convoquer une Assembllée Constituante ouverte et tirée au sort.
    4) Et le faire d'ici là pour ébaucher une Constitution d'origine citoyenne.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 5 septembre 2019 08 h 47

    De la courbette, un peu, de l'indépendance, beaucoup!

    Comment résister à cet appel de ceux et celles qui statueront sur le Québec de demain? On sent cette approche dynamique et pleine de voeux sincères : celui d'un renouveau, en gardant cependant l'indépendance, point de ralliement de ceux et celles qui sont exaspérés de voir le gouvernement provincial de M. Legault qui ne peut rien faire sans rendre des comptes à son supérieur : M. Justin Trudeau! D'ailleurs les sondages pour les prochaines élections prévoient de nombreux élu(e)s libéraux, même si les magouilles de SNC-Lavalin sont encore présentes! La CAQ joue dans les plate-bandes du PQ car il lui faut garantir ses arrières avec les membres du PQ qui l'ont rejointe. L'Histoire de la loi 101 est collée à celle du PQ et non de la CAQ, mais ça on l'oublie. Dans la vie, on choisit plutôt ce qui est et était bon, alors pourquoi se priver maintenant et projeter de l'ouvrir avec un nouveau ministre de la langue! Faire de la récupération ce n'est pas innover!
    Donc, on aime les travaux du ministre, M. Camille Laurin, celle d'un péquiste notoire et illustre personne, qui en 1977, sous le gouvernement de M. René Lévesque! Alors pourquoi n'irions-nous pas plus loin avec la réalisation de l'indépendance du Québec?

  • Gilbert Talbot - Abonné 5 septembre 2019 08 h 54

    On oublie tout et on recommence!

    Le PQ veut ainsi prendre la place du Oui-Québec dont c'est la mission de regrouper les indépendantistes de tous les partis ainsi que les indépendants. Et le Oui-Québec est né justement de l'impossibilité pour le PQ de rejoindre tout le monde. QS est né de cette division gauche-droite entre lucides et solidaires.Comment le PQ peut-il espérer que sa nouvelle mouture, qui ressemble étrangement à l'ancienne, sera plus attirante? Ok on se dit Vert maintenant, comme tout le monde. Le Vert est á la mode. Mais peut-on oublier les affres de l'ancien PQ favorable au pipeline énergie-Est et à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti?
    J'ai l'impression que le PQ mise sur l'inverse de la devise québécoise : "j'ai tout oublié" pour se rebâtir une réputation électorale.

    • Guy Ducharme - Abonné 5 septembre 2019 13 h 06

      M. Talbot, vous insistez sur certains errements du passé, mais je crois qu'il ne faut pas voir les partis politiques comme des organisations figées, qui n'ont plus aucune possibilité d'évoluer. Si l'on suivait votre raisonnement, il faudrait voir le Parti Libéral comme un parti progressiste (ce qu'il n'est plus), car il a été un moteur de changement important durant la révolution tranquille. S'il y en a qui peuvent "évoluer" vers le pire, laissons donc au Parti Québécois le droit d'évoluer vers le mieux. Il ne s'agit pas d'oublier le passé, comme vous le dites, mais de le considérer bien en face et d'en tirer les leçons. C'est ce qui est en train de se produire, il me semble.

    • Gilbert Talbot - Abonné 6 septembre 2019 16 h 19

      On verra bien en M. Duchesne, mais en attendant permettez-moi un petit doute de prudence.