Hausse du paiement minimum sur les cartes de crédit

L’Union des consommateurs estime que les détenteurs de cartes de crédit seront gagnants en définitive, puisque le paiement de leur dette se fera plus rapidement.
Photo: Leonardo Patrizi / iStock L’Union des consommateurs estime que les détenteurs de cartes de crédit seront gagnants en définitive, puisque le paiement de leur dette se fera plus rapidement.

Les détenteurs de cartes de crédit devront débourser davantage pour rembourser celles-ci à compter du 1er août. De nouvelles règles porteront le seuil minimum de paiement à 2 %. Il augmentera ensuite annuellement d’un demi-point de pourcentage, jusqu’à ce qu’il atteigne 5 % après une période de six ans.

Le paiement minimum devra déjà être fixé à 5 % du solde pour les nouveaux contrats de carte de crédit. « On veut annoncer dès maintenant les changements qui s’en viennent parce que les consommateurs qui ne paient systématiquement que le minimum ont souvent aussi des difficultés budgétaires, a noté le porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC), Charles Tanguay. Certains peuvent avoir aussi des cartes avec des soldes importants ou même plusieurs cartes et, dans ces cas-là, le gouvernement est conscient que ça pourrait poser des difficultés de voir le paiement minimum augmenter. »

L’OPC a mis un calculateur en ligne pour tenter de susciter une certaine prise de conscience chez les gens qui tardent à rembourser la totalité de leur dette.

« On souhaite aviser les consommateurs que c’est coûteux de ne payer que le minimum, a-t-il indiqué. On peut faire la démonstration avec notre calculette qu’on peut payer longtemps, pendant des décennies, si on a des soldes sur des cartes avec un taux d’intérêt élevé. »

Par exemple, pour un solde de 1000 $ sur une carte dont le taux de crédit est de 19,9 %, un consommateur qui ferait un paiement minimum fixé à 2 % rembourserait sa dette en 25 ans et 10 mois, en payant des frais de crédit de 3001,40 $. C’est donc trois fois le prix de l’achat initial.

L’OPC ne dispose pas de données précises sur le nombre de personnes qui remboursent seulement le minimum, mais leur proportion oscillerait entre 10 et 15 % des détenteurs de cartes de crédit.

Le Mouvement Desjardins n’entrevoit pas d’impact important à la suite de l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles. « Nous avons déjà un paiement minimum de 5 % sur nos cartes de crédit à taux régulier, qui représentent la majorité des cartes Desjardins », a expliqué sa porte-parole, Chantal Corbeil.

L’Union des consommateurs estime que les détenteurs de cartes de crédit seront gagnants en définitive, puisque le paiement de leur dette se fera plus rapidement. « Il est possible que certains consommateurs aient des difficultés à faire leurs paiements, mais l’augmentation n’est pas énorme », a toutefois reconnu sa directrice, France Latreille.

Elle a souligné du même souffle qu’il s’agit d’un retour au taux qu’atteignait le paiement minimum dans les années 1990, avant que les institutions financières ne commencent à les baisser.

Ces nouvelles règles avaient été adoptées par le gouvernement libéral de Philippe Couillard en 2017 dans le cadre du projet de loi 134 qui encadrait également les programmes de fidélisation, pour éviter que les points accumulés ne deviennent périmés.

Avec La Presse canadienne

1 commentaire
  • Chantale Desjardins - Inscrite 18 juillet 2019 08 h 23

    Payer à l'échéance

    Si on ne peut payer à l'échéance, la carte de crédit n'est pas pour la personne et elle doit la supprimer. Vivre selon ses moyens et si on ne peut payer à temps, c'est une mauvaise administration et il faut réviser son pouvoir d'achat. Il faut avoir le revenu pour payer à l'échéance. Il faut lire le livre de McSween.