Projets de loi: les objections des autres partis irritent Legault

Le premier ministre François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre François Legault

Le premier ministre François Legault invoque l’« urgence » d’adopter deux pièces majeures de son programme législatif : le projet de loi sur l’immigration et le projet de loi sur la laïcité de l’État. « On voit l’obstruction, l’obstruction, l’obstruction, de la part de [l’opposition] », a-t-il dénoncé, à 10 jours de l’ajournement (prévu) des travaux parlementaires.

De leur côté, les partis politiques d’opposition accusent le gouvernement Legault de regarder de haut leur travail d’examen des projets de loi.

« [Il] voit l’Assemblée nationale commeun accessoire », a affirmé le leader parlementaire de l’opposition officielle, Sébastien Proulx, déplorant l’« arrogance » et le « mépris » démontrés par l’équipe de M. Legault, à commencer par son ministre omniprésent Simon Jolin-Barrette.

« Il a un manque de respect évident pour notre institution et pour les collègues de l’opposition. »

Le Parti libéral du Québec demande au gouvernement de parvenir à « des compromis » avec les autres formations politiques, à défaut de quoi il s’engouffrera dans une impasse.

« Si, au gouvernement, on pense [que la première mouture des projets de loi] est celle qui va être adoptée, bien, qu’il utilise des bâillons. Il y a des soirées en masse d’ici le 14 juin », a lancé M. Proulx à la presse.

« Ce n’est pas vrai qu’on va laisser passer des projets de loi mal préparés, mal ficelés, et qu’on n’a pas les effets qu’on recherche sans dire un seul mot », a-t-il ajouté.

La laïcité reprend le dessus

Le chef du gouvernement, François Legault, reproche aux partis politiques de ne « pas [être] constructifs » en commission parlementaire. Cela dit, il invite les parlementaires à poursuivre l’examen des projets de loi d’ici la fin de la session, qui est prévue le vendredi 14 juin prochain, et, « si nécessaire, les autres semaines aussi ».

Tiraillé entre plusieurs obligations, M. Jolin-Barrette a suspendu l’étude article par article du projet de loi sur l’immigration mardi midi, après deux heures de travaux, pour participer à la période des questions, puis lancer l’étude article par article du projet de loi sur la laïcité de l’État.

L’élue libérale Hélène David s’est dite désolée que ce projet de loi, qui retire, selon elle, des droits à des femmes, soit le premier à être examiné dans la nouvelle salle de commission parlementaire Marie-Claire-Kirkland. La première élue de l’Assemblée nationale était « une femme qui a fait avancer le droit des femmes au Québec », a insisté Mme David.

Dans un « appel à la raison », le député solidaire Sol Zanetti a invité le gouvernement à considérer les amendements visant à « limiter le plus possible l’atteinte aux droits de la personne » qu’il soumettra au fil des discussions plutôt que de se laisser gagner par un « orgueil » déplacé.

Enfin, le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a qualifié le projet de loi 21 de « légitime » et de « nécessaire », ce qui ne l’empêchera pas de proposer des amendements pour l’« améliorer », a-t-il dit. Il demandera notamment à M. Jolin-Barrette d’assujettir les éducateurs en service de garde ainsi que les enseignants des écoles privées à l’interdiction du port de signes religieux.

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