Pesticides: le ministre de l’Environnement ne veut pas se précipiter

<p>Des fonctionnaires du ministère de l'Environnement ont révélé en commission parlementaire mardi que 15 agronomes ayant des liens avec l’industrie ont signé en 2018 près de la moitié des 1500 prescriptions d’atrazine, un puissant herbicide considéré comme le plus à risque.</p>
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Des fonctionnaires du ministère de l'Environnement ont révélé en commission parlementaire mardi que 15 agronomes ayant des liens avec l’industrie ont signé en 2018 près de la moitié des 1500 prescriptions d’atrazine, un puissant herbicide considéré comme le plus à risque.

Bien qu’il se dise préoccupé par les prescriptions de pesticides d’un petit groupe d’agronomes, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, estime que le gouvernement ne doit pas se précipiter pour agir.

Des fonctionnaires de son ministère ont révélé en commission parlementaire mardi que 15 agronomes ayant des liens avec l’industrie ont signé en 2018 près de la moitié des 1500 prescriptions d’atrazine, un puissant herbicide considéré comme le plus à risque.

« Ce sont des éléments qui méritent une attention particulière, qui sont préoccupants », a reconnu le ministre lors d’une mêlée de presse.

L’atrazine est surtout utilisée dans la culture du maïs pour détruire les mauvaises herbes et présente « un potentiel important de contamination des eaux souterraines et de surface », selon l’Institut national de santé publique du Québec.

Les justifications agronomiques qui accompagnent les prescriptions remises aux agriculteurs sont obligatoires depuis mars 2018 pour cet herbicide à la suite d’un resserrement de la réglementation. Un comité de suivi a été créé par le ministère avec l’Ordre des agronomes du Québec pour les compiler et ainsi documenter l’indépendance professionnelle de ces spécialistes de l’agriculture.

« Il est trop tôt pour parler d’un régime de sanction à ce moment-ci. Là, on est en train de dresser le portrait de la situation de façon précise », a affirmé M. Charette en faisant référence au travail de la commission parlementaire.

« On a eu l’occasion de le dire, il y a des [choses] qui devront être modifiées à l’avenir, mais sans toutefois précipiter les choses, parce que je serais le premier malheureux si l’alternative après coup devait s’avérer encore plus néfaste que le problème qu’on a voulu corriger », a-t-il ajouté.

Le ministère de l’Environnement a rappelé ces 15 agronomes à l’ordre et effectuera une vérification de leur pratique. Il a également constaté que certains des documents produits par ces agronomes ne répondaient pas aux exigences du gouvernement. Ils doivent, en effet, proposer aux agriculteurs des solutions de remplacement à l’atrazine.

Les fonctionnaires du ministère de l’Environnement témoignaient au premier jour des consultations sur l’impact des pesticides sur la santé publique et l’environnement lancées dans la foulée du congédiement de Louis Robert. Cet agronome au bureau de Saint-Hyacinthe du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) avait dénoncé ce qu’il considérait comme de l’ingérence de la part de compagnies du secteur privé dans la recherche publique sur l’usage des pesticides.

Les audiences de la commission doivent reprendre l’automne prochain. Entre-temps, les députés qui y siègent réaliseront des visites de fermes et d’entreprises agricoles durant l’été.

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