Québec songe à offrir l’aide médicale à mourir aux gens atteints d’Alzheimer

Le groupe d’experts qui a reçu le mandat d’examiner la pertinence d’offrir l’aide médicale à mourir aux personnes rendues inaptes doit remettre son rapport dans les prochains jours.
Photo: Fred Dufour Agence France-Presse Le groupe d’experts qui a reçu le mandat d’examiner la pertinence d’offrir l’aide médicale à mourir aux personnes rendues inaptes doit remettre son rapport dans les prochains jours.

Le Québec est prêt à envisager de permettre à une personne souffrant d’Alzheimer d’indiquer à l’avance qu’elle souhaite recevoir l’aide médicale à mourir quand elle ne sera plus apte à donner son consentement éclairé.

C’est du moins l’avis de la ministre de la Santé, Danielle McCann, qui dit attendre « avec impatience » le rapport d’experts qui doit lui être remis dans les prochains jours sur ce sujet délicat.

Pour le gouvernement Legault, il s’agira d’un des dossiers « majeurs » qui monopoliseront l’attention des parlementaires au cours des prochaines années, a commenté la ministre lors d’une mêlée de presse mercredi.

La ministre a refusé de commenter précisément le cas de Michel Cadotte, condamné la veille à deux ans moins un jour d’emprisonnement pour avoir mis fin aux jours de son épouse, qui souffrait de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé.

Sans faire référence à ce dossier en particulier, le gouvernement doit être « sensible » aux questions que ce type de drames « met en lumière », a fait valoir la ministre, surtout que le nombre de cas de patients atteints de la maladie d’Alzheimer ne cesse d’augmenter.

La population désire que le gouvernement se penche sur cette question et fasse preuve d’ouverture, et c’est ce qu’il fera, a fait valoir Mme McCann.

« Nous devons avancer dans ce dossier-là. Nous devons faire certaines étapes. Nous devons nous en occuper. La population s’attend à ça », selon celle qui se dit convaincue que « le Québec est rendu à se pencher sur cette question-là ».

Il restera à savoir « comment nous allons le faire, à quel moment nous allons le faire », mais le débat, chose certaine, se fera, et la population sera consultée.

« Il faut le faire [ce débat] avec la plus grande rigueur », a ajouté la ministre, qui estime qu’une large partie de la population appuie désormais l’idée d’élargir la portée de la loi actuelle, réputée très restrictive. Elle n’a pas voulu donner son opinion personnelle sur la question.

Seuls les grands malades incurables déjà rendus aux portes de la mort, d’âge adulte, éprouvant de grandes souffrances et aptes à donner leur consentement jusqu’à la dernière minute peuvent avoir accès à l’aide médicale à mourir, actuellement.

Cela exclut d’emblée toutes les personnes souffrant de diverses formes de démence et de pertes cognitives, comme l’Alzheimer, un phénomène grandissant avec le vieillissement de la population. Le groupe d’experts qui a reçu le mandat d’examiner la pertinence d’offrir l’aide médicale à mourir aux personnes rendues inaptes doit remettre son rapport dans les prochains jours.

L’approche de la ministre dans ce dossier fait écho à l’engagement pris par la Coalition avenir Québec (CAQ) en campagne électorale. En septembre, la CAQ avait promis de mener une consultation en vue d’élargir la portée de la loi aux personnes atteintes d’Alzheimer ou d’autres formes de démence qui auraient donné leur consentement par écrit antérieurement. La loi est en vigueur depuis 2015.

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