Le gouvernement Legault déplore un «incident malheureux»

Samedi, le Service de police de la ville de Québec a arrêté un homme de 47 ans après une dispute au Centre culturel islamique de Québec, un peu après 12 h 15.
Photo: Alice Cliche Le Devoir Samedi, le Service de police de la ville de Québec a arrêté un homme de 47 ans après une dispute au Centre culturel islamique de Québec, un peu après 12 h 15.

Le premier ministre François Legault déplore l’agression commise contre des fidèles du Centre culturel islamique de Québec samedi. Il s’agit d’un geste « inacceptable » n’ayant rien à voir avec le débat sur le projet de loi sur la laïcité de l’État qui agite la société québécoise, estime-t-il.

« C’est évidemment inacceptable, mais je ne pense pas qu’il faut faire des liens entre cela et le projet de loi 21 », a-t-il affirmé en marge du conseil général de la Coalition avenir Québec, dimanche.

   

« Il n’y a pas de lien à faire entre le projet de loi 21 et l’incident qui s’est produit [samedi] », a indiqué la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, dimanche.

Le Service de police de la ville de Québec (SPVQ) a arrêté un homme de 47 ans après une altercation au Centre culturel islamique de Québec samedi midi. Le suspect aurait invectivé des membres de la Grande mosquée et assené un coup de poing à un individu dans le stationnement du lieu de culte. Le SPVQ traite cet événement comme une voie de fait et non un crime haineux.

Pourtant, le suspect a tenu des propos islamophobes, selon le Conseil national des musulmans canadiens. « Selon le témoignage de ceux qui étaient sur place, l’agresseur avait exprimé avec hostilité des messages de nature islamophobique et tenu des propos anti-immigration avant de s’en prendre physiquement à la victime », peut-on lire sur le compte Twitter de l’organisation.

« Tolérance zéro pour la haine et la discrimination », a fait valoir Mme Guilbault dans une mêlée de presse. « Il faut continuer de dénoncer tous les actes violents, discriminatoires en apparence », a-t-elle ajouté. La vice-première ministre a souligné que les policiers « demeurer [ont] extrêmement vigilants » aux abords de la Grande mosquée de Québec, où Alexandre Bissonnette a tué six personnes et blessé gravement d’autres le 29 janvier 2017.

L’« incident » survenu durant le week-end est « regrettable » « inapproprié », « déplorable », « inacceptable », a soutenu le ministre Simon Jolin-Barrette. « De la violence, des agressions, tout cela, c’est inacceptable dans notre société. Honnêtement, ce genre de geste n’a pas sa place. […] Il faut faire en sorte de s’assurer que ce genre d’événement ne se reproduise plus », a-t-il dit dans un impromptu de presse. Pour y arriver, l’État misera sur la « pédagogie ». « La diversité, c’est important dans nos sociétés et le respect de tout un chacun », a-t-il poursuivi.

À l’instar de M. Legault et Mme Guilbault, M. Jolin-Barrette ne voit aucun lien entre le débat sur l’interdiction du port de signes religieux au cœur du projet de loi 21, dont il est l’auteur, et l’agression commise samedi. « Il n’y a aucun lien à faire avec le projet de loi 21. Le projet de loi 21 couvre toutes les religions, couvre autant les femmes qui les hommes. C’est un projet de loi qui vise à séparer l’État des religions, à faire en sorte que certaines personnes, dans des fonctions bien particulières, ne portent pas de signes religieux durant leur prestation de travail », a-t-il souligné. « On peut débattre dans notre société d’un dossier qui est émotif parfois comme celui-là, mais on a bien fait les choses.

Avec La Presse canadienne

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