QS s'aligne avec Ottawa sur le nombre d’immigrants

«Réduire les seuils d’immigration, c’est une mauvaise solution à un vrai défi qui est celui de l’intégration», selon Gabriel Nadeau-Dubois.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Réduire les seuils d’immigration, c’est une mauvaise solution à un vrai défi qui est celui de l’intégration», selon Gabriel Nadeau-Dubois.

Québec solidaire ne juge pas qu’Ottawa devrait obtempérer à la demande du premier ministre François Legault de réduire le nombre d’immigrants qu’accueille le Québec.

Le gouvernement caquiste a promis de réduire, de 52 000 à 40 000, le nombre d’immigrants admis chaque année au Québec dès 2019. Pour y arriver, Ottawa devrait « idéalement » autoriser à quelque 4200 personnes de moins de s’établir au Québec en vertu des programmes dont il a la responsabilité, avait indiqué le chef de la Coalition avenir Québec en campagne électorale.

« Ce n’est pas des prérogatives du gouvernement [québécois]. De toute façon, nous, on est en opposition avec la position de la CAQ. Réduire les seuils d’immigration, c’est une mauvaise solution à un vrai défi qui est celui de l’intégration », a souligné le porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, mercredi.

Interrogé à savoir si le gouvernement fédéral devait refuser d’accéder à la demande de François Legault, M. Nadeau-Dubois a ensuite appuyé les politiques d’Ottawa. « Diminuer les seuils d’immigration, c’est une mauvaise décision. On est rarement d’accord avec Justin Trudeau, mais de garder un nombre de réfugiés qui nous permet de jouer notre rôle de solidarité envers les plus mal-pris de notre planète, c’est une bonne chose », a ajouté l’élu indépendantiste à la veille d’une rencontre sur le sujet entre le ministre québécois Simon Jolin-Barrette et le ministre fédéral Dominic Leblanc, à Québec.

M. Nadeau-Dubois a précisé mercredi soir que QS ne s’est pas rangé « du côté d’Ottawa », mais bien « du côté des êtres humains qui choisissent le Québec pour y construire leur vie ».

De son côté, le Parti libéral du Québec est « contre la réduction du nombre » d’immigrants admis au Québec — peu importe s’ils sont des immigrants économiques, des proches de personnes établies au Canada ou des réfugiés —, mais il refuse de prendre le parti du gouvernement fédéral, a fait valoir Dominique Anglade mercredi soir. « C’est au gouvernement du Québec de décider ce qu’il veut faire », a affirmé le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie et d’immigration au Devoir. « Ottawa réagira. Moi, je ne suis pas dans la position de dire ce qu’Ottawa doit faire ou pas », a-t-elle poursuivi.

Élections fédérales

À moins d’un an des élections fédérales, François Legault s’est dit persuadé que l’équipe de Justin Trudeau soutiendra sans rechigner l’abaissement du seuil d’immigration au Québec, comme sa formation politique l’a promis à l’électorat québécois. « Il y aura des choses à négocier avec le gouvernement fédéral, mais moi, je suis confiant, surtout dans le contexte d’une élection l’automne prochain. Je sens que ce sera possible de s’entendre », a affirmé le premier ministre québécois mercredi après-midi. « Dans la loi, c’est prévu de consulter les provinces. Donc, nous, on veut 40 000 [immigrants] », a-t-il réitéré.

Le gouvernement fédéral choisit bon an, mal an quelque 21 000 des 52 000 immigrants s’établissant au Québec, soit 12 000 individus inscrits au programme de réunification familiale et 9000 réfugiés.

 
 

Une version précédente de cet article, qui affirmait que QS invitait le fédéral à agir à l’encontre de l’avis du gouvernement du Québec et à accueillir autant de réfugiés et de proches de personnes déjà établies au pays qu’il l’entend, a été modifiée.

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