Conviction, action, passion

Après le décès de sa femme Lorraine Laporte en 1999, Bernard Landry partagera le reste de sa vie avec Chantal Renaud.
Photo: Archives Le Devoir Après le décès de sa femme Lorraine Laporte en 1999, Bernard Landry partagera le reste de sa vie avec Chantal Renaud.

Conviction, action, passion. Voilà les mots qui me viennent à l’esprit en pensant à Bernard Landry.

La conviction que le Québec doit devenir un pays afin que les Québécoises et les Québécois puissent pleinement s’épanouir l’a toujours guidé.

En tout temps à travers les victoires et les échecs, il a démontré une volonté inébranlable de faire du Québec un pays pour toutes celles et tous ceux qui y habitent.

Bernard était un homme qui a toujours cherché à rallier les Québécoises et les Québécois de toutes origines et qui a travaillé à établir des relations de nation à nation avec les Premières Nations. La « Paix des Braves » est un traité exemplaire dont tous les pays devraient s’inspirer afin d’établir des relations fraternelles avec tous les peuples autochtones de la planète.

On dit souvent que l’économie le passionnait, mais c’est plutôt la volonté de transformer la société par l’économie afin de la rendre plus juste qui l’animait.

Sa soif de justice le poussait à l’action.

C’était un fonceur et un visionnaire. Plusieurs se demandaient s’il était vraiment sérieux quand il parlait des nouvelles technologies il y a près de quarante ans, mais aujourd’hui, tous se rendent compte qu’il avait dès lors vu plus loin et plus rapidement que nous tous.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le 5 avril 2003, il visite une usine dans le cadre de la campagne électorale.

Je connais Bernard Landry depuis cinquante ans, à l’époque du mouvement d’occupation des cégeps et des universités, en octobre 1968. Nous nous étions rencontrés alors qu’il était conseiller du ministre de l’Éducation Jean-Guy Cardinal, et que j’étais vice-président à l’éducation de l’Union générale des étudiants du Québec (UGEQ), dont Bernard Landry fut l’un des fondateurs.

Je l’ai vu lutter durant toutes ces années pour faire du Québec un pays et j’ai suivi son extraordinaire parcours. Pourtant, c’est en lisant les journaux, au lendemain de son décès, que je me suis rendu compte de tout ce qu’il avait fait au cours de sa vie. La somme de ses réalisations est incroyable.

Son exemple est inspirant. Bernard Landry était un grand bâtisseur, un grand patriote et un authentique militant. Il n’a jamais abandonné son rêve de faire du Québec un pays.

Nous devons entendre son message et prendre le relais. Il n’y a pas meilleure façon de lui rendre hommage.