Barrette prend ses distances de l’entente avec les spécialistes

L’ancien ministre libéral de la Santé Gaétan Barrette au lendemain de la défaite électorale de son parti
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne L’ancien ministre libéral de la Santé Gaétan Barrette au lendemain de la défaite électorale de son parti

L’ancien gouvernement libéral a donné un « avantage » aux médecins spécialistes en se pliant à leur demande d’évaluer leur rémunération à la lumière de celle de leurs confrères et de leurs consoeurs non seulement de l’Ontario, mais de toutes les provinces du Canada, est d’avis Gaétan Barrette.

« Mon intention initiale n’était pas celle-là », a souligné l’ex-ministre de la Santé à son arrivée dans un hôtel de Lac-Beauport où étaient réunis les 29 élus du Parti libéral du Québec jeudi.

Malgré cela, l’équipe de Philippe Couillard et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) se sont entendues pour confier à l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) le mandat de faire une étude comparative entre la rémunération des médecins spécialistes du Québec et ceux du reste du Canada. « La FMSQ a toujours voulu ne pas prendre seulement l’Ontario comme base de comparaison. Elle voulait inclure des provinces où les frais sont plus élevés ; c’était à son avantage. Elle voulait inclure la Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan », a fait remarquer M. Barrette.

Le député de La Pinière a pris soin de « répéter, pour que ce soit bien clair [que] cette entente-là a été négociée par Roberto Iglesias et [qu’]en fin de compte on a rajouté le Canada ».

Mercredi, le premier ministre François Legault disait attendre les conclusions d’une analyse comparative du traitement des médecins spécialistes québécois et ontariens pour négocier une nouvelle entente de rémunération avec les médecins spécialistes.

Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, a invité le chef du gouvernement à faire preuve de patience. À ses yeux, M. Legault ne pourra ignorer la hausse salariale qui sera consentie, selon toute vraisemblance, aux médecins ontariens cet automne. « Il va falloir que les évaluations se fassent à partir de cet élément-là, qui est fondamental », a-t-il affirmé, tout en se défendant d’être l’allié de la FMSQ.

D’autre part, il s’inquiétait des contrecoups de la décision du chef de gouvernement de geler le salaire des médecins spécialistes d’ici à la conclusion d’un nouvel accord. « La réalité, on le sait aujourd’hui de façon très claire, c’est qu’il n’y a pas d’augmentation de salaire pour les médecins d’ici 2023. Ce qu’il y a comme augmentation, c’est l’ajout de services », a-t-il fait valoir jeudi.

M. Arcand a déploré l’« improvisation » du gouvernement Legault dans ce dossier et d’autres.

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Le PLQ réfléchit à sa défaite électorale

Le Parti libéral du Québec a pris toute la mesure de la défaite du 1er octobre dernier, a soutenu le chef intérimaire, Pierre Arcand, jeudi.

« On parle à certains [militants et] députés, ça a été assez sévère, ne vous inquiétez pas là-dessus », a-t-il lancé jeudi, sans pouvoir identifier une seule décision erronée du gouvernement Couillard qui, selon lui, a été sanctionnée par la population.

Cependant, M. Arcand a avoué du bout des lèvres que le PLQ a été incapable, en campagne électorale, de « faire rêver les gens ». L’équipe de Philippe Couillard n’a pas suffisamment misé sur la protection de l’environnement, a-t-il ajouté.
1 commentaire
  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2018 09 h 01

    Faut-Il rappeler à Gaétan Barrette que


    c'est sous l'autorité du Conseil du trésor et de son président, l'actuel chef intérimaire du PLQ, que la négociation a été conduite et que c'est le gouvernement libéral dont il faisait partie qui en a accepté les termes ? Sinon, peut-être devrait-il assumer plus clairement sa dissidence d'alors et d'aujourd'hui et rejoindre une bonne fois pour toutes la foule des opposants, dans une autre formation politique ou où bon lui semblera ?