Plante critique la réduction des seuils d’immigration

Valérie Plante a mis en avant les besoins de Montréal en main-d'œuvre pour justifier son rejet catégorique de la proposition de la Coalition avenir Québec.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Valérie Plante a mis en avant les besoins de Montréal en main-d'œuvre pour justifier son rejet catégorique de la proposition de la Coalition avenir Québec.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’est pas une alliée du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, en matière d’immigration.

Valérie Plante a rejeté catégoriquement lundi la promesse phare de M. Legault en ce domaine, s’il prend le pouvoir le 1er octobre, soit de faire passer le seuil maximal annuel de 50 000 personnes à 40 000 personnes, une baisse d’environ 20 %.

Dans un parc de Montréal, aux côtés du chef libéral, Philippe Couillard, elle a fait valoir que les besoins en main-d’oeuvre justifiaient sa position, alors que 3 % des postes dans la métropole sont présentement vacants. « Je vois très mal comment on pourrait diminuer le taux, le nombre d’immigrants à Montréal », a-t-elle déclaré.

Valérie Plante n’avait pas été aussi affirmative lors d’un point de presse tenu avec François Legault le 7 septembre. À la question de savoir si c’était une bonne chose de réduire le nombre d’immigrants, elle avait indiqué : « Ce n’est pas le nombre qui me préoccupe, mais quels sont les outils qui sont offerts en valorisation de la langue, en reconnaissance des diplômes. »

Mais cela aurait-il un impact négatif pour Montréal, avaient insisté les journalistes ? « Si je regarde les chiffres actuels et le besoin en main-d’oeuvre, il est somme toute présent, c’est sûr, avait-elle dit. Il faut être vigilant, s’assurer que ça n’aura pas d’impact, peu importe le nombre, sur les entreprises au Québec. Un chiffre me marque : faute de main-d’oeuvre, il y aura jusqu’à 10 000 entreprises en moins d’ici 2024. C’est demain matin. »

Crédibilité

De leur côté, les troupes caquistes se sont portées à la défense de leur chef sur la question de l’immigration.

La crédibilité de François Legault demeure intacte malgré ses sorties ratées du week-end, a fait valoir François Bonnardel, lundi matin, lors d’une conférence de presse dans la circonscription de Prévost.

« Bien sûr que M. Legault est un expert en immigration », a-t-il lancé, aux côtés de la candidate Marguerite Blais. François Legault, lui, brillait par son absence. L’aspirant premier ministre se préparait en vue du débat en anglais des chefs de partis politiques, a expliqué sa garde rapprochée.

Le chef de la CAQ a donné, samedi et dimanche, des réponses erronées à des questions de journalistes sur le fonctionnement du système d’immigration au Canada. Par exemple, il avait répondu qu’un résident permanent n’a qu’à passer « quelques mois » au pays avant de devenir citoyen canadien. Or, c’est au moins trois ans.

« On est tous des humains. Méfiez-vous des chefs qui prétendent avoir les réponses à toutes les questions », a affirmé M. Bonnardel, lundi, tout en soutenant que ni la CAQ ni son chef n’accusent un « déficit de crédibilité ».

Le député de Granby a attiré l’attention des journalistes sur les résultats d’un jeu-questionnaire de La Presse auquel les chefs des partis politiques ont participé, y compris M. Legault, à la fin août. « Mon chef a eu la meilleure note : 85 %. Jean-François Lisée a eu 50 % ; Philippe Couillard a eu 78 % », a-t-il dit avant de rappeler la cinquième question du concours : « Quel est le pourcentage d’immigrants au Québec ? » « La seule personne qui a eu la réponse, c’est François Legault », a souligné à gros traits M. Bonnardel.

Le chef caquiste a répondu que la population québécoise compte 15 % d’immigrants. Réponse acceptée par La Presse. Statistique Canada a recensé 13,7 % immigrants en 2016. Philippe Couillard croyait que les personnes qui ne sont pas nées au Canada représentent 20 % de la population québécoise, tandis que Jean-François Lisée et Manon Massé jugeaient qu’elles comptent pour 18 %.