La campagne électorale provinciale commencera le 23 août prochain

Le jour du scrutin aura lieu le 1er octobre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le jour du scrutin aura lieu le 1er octobre.

Parce qu’il a « besoin de plus de jours pour aller à la rencontre des Québécois », le premier ministre Philippe Couillard fait le pari d’une campagne électorale longue, dont le coup d’envoi sera donné le 23 août. 

Dès cette date, les caravanes du Parti libéral du Québec, du Parti québécois, de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire sillonneront villes et régions, et ce, jusqu’au scrutin du 1er octobre. 

Au total, la campagne durera 39 jours, soit le maximum permis par la loi. 

« J’ai immédiatement constaté que le nombre de jours effectifs de campagne était assez réduit », a expliqué Philippe Couillard samedi, à la toute fin du Congrès des jeunes libéraux, organisé à Montréal. La pause de la fête du Travail et l’obligation de se rendre dans la métropole pour trois débats télévisés ne laissaient pas assez de temps au chef libéral pour présenter ses « engagements concrets » dans les régions du Québec, a-t-il fait valoir. 

« Tant mieux ! L’équipe du Parti québécois est prête à proposer un gouvernement proche des besoins des gens et qui refuse l’austérité permanente que préparent la CAQ et le PLQ », a réagi le chef péquiste Jean-François Lisée

« Notre équipe est prête et nous avons hâte de vous faire part de nos propositions pour les familles du Québec ! », a écrit le chef caquiste François Legault sur Twitter. 

« M. Couillard est pressé d’en découdre ? Très bien. Tout le Québec en a assez des libéraux ! Québec solidaire n’a jamais été aussi prêt à relever le défi. On a des candidats solides dans toutes les régions et nos finances n’ont jamais été aussi bonnes », a aussi lancé l’élue solidaire Manon Massé. 

Une longue campagne

Devant les journalistes, Philippe Couillard s’est gardé de confirmer la rumeur voulant qu’il ait choisi une campagne longue pour mieux faire trébucher ses adversaires — notamment François Legault. « Si leurs politiques ne sont pas aussi fortes que les nôtres, c’est ce qui peut arriver [qu’ils trébuchent]. Ce que je peux contrôler, c’est la force de nos propositions », a-t-il déclaré. 

S’il a reconnu qu’une campagne électorale de 78 jours, comme celle qu’ont vécue les Canadiens en 2015, est « trop longue », le chef libéral ne s’est pas montré inquiété de l’essoufflement qui a pu coûter la victoire, cette année-là, aux conservateurs de Stephen Harper.  

Philippe Couillard s’est par ailleurs promis de résister « aux attaques très personnelles ou trop personnelles ». « D’ailleurs, en passant, les citoyens n’aiment pas ça », a-t-il dit. Sauf qu’il ne s’empêchera pas de souligner les « contradictions » de ses adversaires pour autant. « Souligner, par exemple, le fait que du côté de la CAQ, on ne parle jamais de certains enjeux, comme la lutte aux changements climatiques ou la lutte à la pauvreté ou le rôle international du Québec ? On va le souligner », a-t-il avancé. « On ne se privera pas de souligner que le discours est différent [à la CAQ] selon qu’on est dans les régions ou les villes, qu’on parle anglais ou français », a-t-il ajouté, sans jamais mentionner le Parti québécois. 

Une foule gonflée à bloc

C’est sur la scène, lors de son discours de clôture du 36e Congrès des jeunes libéraux, que Philippe Couillard a choisi d’annoncer la date de déclenchement de la campagne électorale. « Je vous annonce que le 23 août, dans 12 jours, nous serons en campagne électorale », a-t-il lancé aux jeunes militants et aux élus libéraux rassemblés devant lui. 

« Je vous annonce que le 1er octobre, dans 50 jours, les Québécois éliront un nouveau gouvernement libéral majoritaire », a-t-il prédit, pendant que la foule lui répondait avec des cris et des applaudissements. 

Avant lui, le président de campagne du Parti libéral, Alexandre Taillefer, a déclaré que la route vers l’élection du 1er octobre s’annonçait « extrêmement difficile ». « C’est une guerre qui va se gagner dans les tranchées, et on va avoir besoin que vous nous aidiez tous », a-t-il lancé aux jeunes libéraux.

Le premier ministre Couillard a plutôt évoqué le début d’« une grande marche vers la réélection du Parti libéral du Québec ». 

« Ensemble, marquons encore une fois l’histoire du Québec », a-t-il scandé. « Le 1er octobre prochain, les Québécois feront le choix de l’avenir, du leadership et de la confiance », a-t-il avancé. 

« Plus on a de temps pour expliquer et démontrer des faits et nos politiques, meilleur c’est pour nous [au] Parti libéral, parce qu’on a un bilan qui est extraordinaire dans l’histoire politique du Québec », a notamment déclaré le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.