Le D-Tour électoral: la parole aux électeurs de Viau

Dans la circonscription de Viau, sur l'île de Montréal, plus d'un résident sur deux appartient à une minorité visible, soit le plus haut taux au Québec. Le temps d’une petite pause café au boulot, Le Devoir a discuté politique avec de jeunes citoyens de Viau intervenants à la Maison d’Haïti.

 

Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Gael Stephenson Chancy, 21 ans
« Une des choses les plus importantes qu’un politicien pourrait changer s’il est élu, ce sont les conditions de vie du quartier et la question du travail. On est dans l’une des [circonscriptions] qui a le plus de besoins en matière d’aide et de subventions, alors ce serait important de les renforcer. […] Ce qui me désillusionne, ce n’est pas tant la politique à petite échelle que celle à grande échelle. Car si on regarde les tendances du vote, on peut voir que ce n’est pas parti pour une augmentation des budgets dans notre quartier. J’espère juste que ce ne sont que des prévisions et que ce ne sera pas la réalité. J’ai quand même peur qu’en campagne électorale cet automne, ce soit pire. Si on se fie aux prévisions, ça va être plus serré. »

Gaël Stephenson Chancy, intervenant jeunesse à la Maison d’Haïti

 
  

Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir James Thomas Alexandre, 26 ans
« Il faudrait donner plus d’outils aux organismes et aux gens du milieu communautaire. Ça prend aussi plus de sécurité pour les jeunes. […] Il y a du profilage. On sent qu’on ne fait pas confiance aux jeunes et on répète la discrimination. Pour que les jeunes se sentent mieux, il faut plus d’activités pour eux. Le profilage, ça regarde plus la police. Et comme il y a la nouvelle Loi sur le cannabis qui va entrer en jeu… […] Je veux aller voter, mais même si j’y vais, mon vote ne va pas changer grand-chose, car [les politiciens] savent déjà ce qu’ils vont faire. [Les élections] vont-elles vraiment améliorer la vie de jeunes dans le quartier, la vie des personnes âgées, celle des habitants ? Les politiciens, on sait que ce sont des grands parleurs. Ils font des promesses, mais quand ils ont le pouvoir, merci, bonsoir ! »

James Thomas Alexandre, intervenant jeunesse à la Maison d’Haïti