Alexandre Taillefer fait sa profession de foi libérale

Alexandre Taillefer a rencontré la presse mardi matin sur un quai du Vieux-Port de Montréal aux côtés du premier ministre et chef libéral Philippe Couillard.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexandre Taillefer a rencontré la presse mardi matin sur un quai du Vieux-Port de Montréal aux côtés du premier ministre et chef libéral Philippe Couillard.

Alexandre Taillefer a soutenu différents partis et politiciens au fil des années, mais c’est « sans aucun doute » qu’il dit avoir choisi le Parti libéral du Québec (PLQ) pour s’impliquer activement.

Celui qui présidera la campagne des libéraux a fait une véritable profession de foi libérale lors de l’annonce de sa nomination, dans le Vieux-Port de Montréal. « J’ai accepté la présidence parce que […] je crois dans cette force historique de développement et de rassemblement que constitue le PLQ », a lancé l’homme d’affaires, derrière des verres fumés et aux côtés d’un premier ministre Couillard visiblement heureux d’accueillir cette recrue.

M. Taillefer, à qui plusieurs prêtent de hautes ambitions politiques, a tenu à préciser qu’il n’est « pas le Superman de la politique. Je suis là pour donner un coup de main ».

M. Couillard s’est félicité d’avoir choisi pour ce poste névralgique quelqu’un qui n’a aucune expérience politique. En 2014, c’est l’ancien premier ministre Daniel Johnson qui avait présidé la campagne libérale.

« Le PLQ a toujours été là pour les grands mouvements de société, il a toujours été le reflet de son époque », a-t-il soutenu, allant jusqu’à citer Robert Bourassa. « Le PLQ a toujours été de son temps. » « Voilà le moment de présenter le Québec de 2018, a-t-il enchaîné, pas celui des années 1990 auquel certains voudraient peut-être nous ramener. M. Taillefer personnifie le nouveau Québec. »

Le premier ministre ne voit pas pour autant dans son choix une volonté de rupture avec le passé du Parti libéral — au contraire, selon lui. « C’est une continuité », a-t-il dit.

Dans un discours à forte saveur électorale, M. Couillard a ainsi dressé un portrait très ensoleillé du bilan de son gouvernement, qu’il situe en droite ligne avec l’héritage de ses prédécesseurs libéraux.

Il a évoqué le retour à l’équilibre budgétaire, la diminution de la dette, la marge de manoeuvre « dégagée pour les priorités des Québécois — éducation, santé, économie — et plus d’équité encore dans notre société ». Sans revenir sur la période d’austérité qui a marqué le début de son mandat, il a plutôt rappelé qu’il avait déposé un plan de lutte contre la pauvreté et parlé à plusieurs reprises de justice sociale.

« On a jeté les bases d’un nouveau Québec, plus prospère, plus vert, plus équitable, plus mobile, qui se bâtit avec un leadership capable de distinguer la tendance profonde de l’anecdote », a affirmé le chef libéral.

Poursuivant sur cette lancée, M. Couillard a soutenu qu’Alexandre Taillefer — qui a démissionné vendredi du conseil d’administration de la compagnie qui possède les médias L’actualité et Voir — incarne un leadership « d’action et de vision, de succès et de compassion », la parfaite combinaison entre « succès économique et engagement social ».

Après avoir souvent critiqué les décisions du gouvernement Couillard dans le passé, Alexandre Taillefer n’était pas moins dithyrambique que le premier ministre mardi. « Le gouvernement a opéré un virage fondamental en matière de finances, croit-il. Avant, le Québec s’endettait pour rendre service aux citoyens. Maintenant, le Québec a enfin les moyens de financer ses ambitions. »

Il estime que, si « le bilan n’est pas parfait », le Québec « ne peut briser cet élan » des quatre dernières années.

Rôle large

Son rôle dans la campagne sera multiple : recrutement de candidats, aide aux communications, présence dans l’autobus de campagne… et contribution à la rédaction de la plateforme libérale pour la rendre « encore plus sociale et davantage équitable ». Il s’est dit à l’aise avec la position des libéraux sur le salaire minimum à 15 $ (qui n’est pas un objectif à court terme), lui qui a milité activement pour cette cause.

M. Taillefer, qui se dit « absolument fédéraliste » même s’il a voté Oui au référendum en 1995, a réitéré qu’il ne sera pas candidat aux élections du 1er octobre. Mais il a aussi ajouté que cette promesse « n’est pas un engagement à vie ». Pour l’instant, il a des « engagements d’affaires importants et quitter ça subrepticement serait irresponsable », fait-il valoir.

Allégeances

D’entrée de jeu, Alexandre Taillefer a reconnu avoir « soutenu différents partis et plusieurs personnes » au fil des ans — il est d’ailleurs encore membre du Parti québécois. « Mais à l’heure où faire le bon choix m’apparaît plus important que jamais, je choisis sans aucun doute le PLQ », a-t-il dit.