Québec demande à Ottawa un an de plus avant de légaliser le cannabis

Photo: Lars Hagberg Archives Agence France-Presse

Une fois de plus, Québec revient à la charge pour demander à Ottawa de retarder d’un an l’application de la loi régissant le cannabis, prévue le 1er juillet prochain.

Un tel report permettrait au Québec de mieux faire ses devoirs et surtout de régler avec son homologue fédéral le partage des coûts et des recettes, ont commenté mercredi la ministre responsable du dossier, Lucie Charlebois, et le ministre des Finances, Carlos Leitao.

La ministre Charlebois déposera jeudi son projet de loi créant la future Société québécoise du cannabis, et devant préciser comment Québec entend encadrer la production, la vente et l’usage du cannabis à compter du 1er juillet 2018.

À quelques mois de l’échéance, la délicate question du financement de cette mesure demeure un litige fédéral-provincial, a fait valoir la ministre en point de presse. En fait, rien n’a encore été fait à ce chapitre.

On n’est même pas encore au début du commencement [des discussions avec Ottawa].

 

« Si nous avions un an de plus, ça nous permettrait premièrement de régler toute la question du financement qui n’est pas réglée à ce jour », a-t-elle déploré.

La ministre a fait remarquer qu’une fois la loi adoptée le gouvernement fédéral n’aura pas de coûts à assumer, contrairement aux provinces, qui devront acquitter les factures liées à toutes les étapes d’application de cette loi controversée.

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a renchéri en déplorant lui aussi que la question financière était toujours en suspens.

Il a rappelé qu’en juin dernier tous les ministres des Finances du pays avaient demandé un délai à Ottawa. La réponse avait été formelle : « Pas question. »

Comme ce sont les provinces qui assumeront les coûts d’implantation de cette mesure, il n’est pas question d’accepter un partage 50-50 de la taxe d’accise entre Ottawa et les provinces, comme il a été suggéré par le gouvernement fédéral, a indiqué M. Leitão.

« On n’est même pas encore au début du commencement » des discussions avec Ottawa sur ces questions, a-t-il dit.

Le ministre Leitão dit vouloir s’assurer que le prix final payé par le consommateur, qui inclura la taxe d’accise et éventuellement la TPS et la TVQ, ne favorisera pas le marché noir.

Le sujet sera discuté lors de la prochaine réunion fédérale-provinciale des ministres des Finances qui aura lieu le 12 décembre à Ottawa.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 15 novembre 2017 20 h 51

    Quel gouvernement inefficace

    Ce gouvernement nous fait honte. Toutes les autres provinces seront prêtes, mais pas le Québec.

    Comment ne pas croire que les Québécois sont des paresseux, des gens inefficaces, incapables de discipline au travail, trop occupés à boire leur bière payée par la péréquation canadienne.

    Le gouvernement Couillard est à l’écoute des gens qui s’opposaient à la légalisation et pour qui, étirer les délais est une bonne tactique pour différer la catastrophe qu’ils anticipent.

    C’est un gouvernement de peureux. Si le pot bousille le cerveau, les jeunes en fument déjà. La légalisation nous donnera au moins l’assurance qu’ils cesseront de consommer les cochonneries que la pègre y ajoute; le pot en sera du vrai.

    Le plus tôt sera le mieux.