Le PQ amorce son congrès à Montréal

Jean-François Lisée est favorable à l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel mixte régionalisé
Photo: Clément Allard La Presse canadienne Jean-François Lisée est favorable à l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel mixte régionalisé

Des délégués du Parti québécois tenteront de modifier le programme de leur formation politique afin d’assujettir à la fois les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées à la Charte de la langue française au cours de leur congrès, qui s’ouvre à Montréal vendredi.

Les membres de l’association péquiste de Laval monteront à la charge afin de convaincre leurs consoeurs et confrères réunis au Palais des congrès de Montréal de la nécessité d’« appliquer les dispositions de la loi 101 aux CPE et aux garderies privées subventionnées ».

Les représentants de l’association de la Montérégie proposeront plutôt d’appliquer la Charte non seulement aux cégeps, mais aussi aux centres de formation professionnelle et aux centres de formation des adultes tout en « favoris[ant] l’apprentissage intensif de l’anglais langue seconde ou du français langue seconde au moment le plus efficace, à la fin du primaire ou du secondaire ». D’ailleurs, ils souhaitent voir le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur instaurer une épreuve uniforme d’anglais dans les cégeps de langue française.

Mode de scrutin

Des militants péquistes de Borduas et de la Capitale-Nationale proposent aussi de relancer le débat sur le mode de scrutin au Québec, en dépit du consensus des partis de l’opposition à l’Assemblée nationale, qui appuient tous l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional.

Les premiers suggèrent d’« évaluer la possibilité d’implanter le vote uninominal à deux tours », tandis que les seconds proposent de relancer le débat sur trois modes de scrutin : l’actuel mode majoritaire uninominal, le mode préférentiel et le mode mixte combinant le vote préférentiel et le vote proportionnel. « C’est un peu décourageant. Soit ils sont inconscients, soit ils tentent carrément de saboter », s’inquiète déjà l’ex-député péquiste Jean-Pierre Charbonneau.

Tous les partis de l’opposition se sont ralliés, en décembre 2016, pour réformer le mode de scrutin au Québec. Leur front commun a tenu la route au printemps, malgré le rejet d’alliances stratégiques électorales entre le Parti québécois et Québec solidaire par les délégués de ce dernier parti, en mai. « J’espère que ce parti-là ne me fera pas honte. Ce serait la goutte qui ferait déborder le vase, si on revenait sur l’entente du mois de décembre 2016, sur la parole et la signature de Véronique Hivon, qui l’a fait avec l’appui du caucus », a déclaré Jean-Pierre Charbonneau. « Je serais bien découragé, déçu et humilié de voir que j’ai déjà été associé à ce parti-là. »

Jean-François Lisée est lui aussi favorable à l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel mixte régionalisé. La proposition principale du congrès va en ce sens.

Autodétermination des peuples

Les congressistes débattront également de la possibilité de reconnaître le « droit à l’autodétermination en tant que nations » des peuples autochtones, qui doivent être vus comme « des partenaires dans l’accession à l’indépendance du Québec ».

Brandissant le principe d’autodétermination des peuples, les représentants de Viau réclameront pour leur part le droit de destituer un gouvernement. « Autodéterminer son avenir va de pair avec la détermination de ses élus, en tout temps », mentionnent-ils.

Les délégués de la Capitale-Nationale proposeront quant à eux de mettre sur pied un réseau de distribution de produits québécois « à l’image » des magasins de grande surface suédois IKEA, et ce, dans les villes où le Québec détient une délégation générale.


D’autres propositions au menu

Abaisser le droit de vote à 16 ans ;

Créer un panthéon québécois à la Citadelle de Québec ;

Créer un mécanisme de destitution du gouvernement ;

Prévoir que les députés soient élus avec un colistier pouvant leur succéder en cas de démission ou d’absence prolongée ;

Instaurer une cérémonie d’accueil le 24 juin pour les nouveaux citoyens du Québec avec remise d’un drapeau du Québec, d’un « passeport » québécois et d’un carnet de bienvenue constitué de gratuités pour les bibliothèques, les musées, les parcs et d’autres institutions gouvernementales ;

Évaluer la faisabilité d’un train ou d’un monorail électrique interurbain menant, à terme, à un réseau panquébécois.
13 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 8 septembre 2017 06 h 02

    « instaurer une épreuve uniforme d’anglais dans les cégeps de langue française »?

    Je suis surpris par cette proposition du PQ. Est-ce une bonne idée?

    • Gilles Théberge - Abonné 8 septembre 2017 11 h 53

      Une épreuve uniforme de français dans le réseau scolaire anglais...

      Me semble que ça s'impose!

    • Patrick Boulanger - Abonné 8 septembre 2017 14 h 08

      @ M. Théberge

      M. Théberge, vous avez mal lu la citation.

  • Patrick Boulanger - Abonné 8 septembre 2017 08 h 17

    « Abaisser le droit de vote à 16 ans »?

    C'est assez audacieux comme proposition. Je me demande bien comment ils vont la défendre. Si elle est acceptée, il va falloir, à mon sens, qu'un travail se fasse en amont pour que les jeunes soient apte à exercer une telle responsabilité. Promettre l'introduction de cours de philosophie au secondaire pourrait, par exemple, être une des mesures mises en place pour soutenir cette proposition.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 septembre 2017 14 h 05

      « Abaisser le droit de vote à 16 ans ? » - Patrick Boulanger

      C'est un problème de poule et d'oeuf.

      Si on ne donne pas le droit de vote aux jeunes, ils auront moins de motifs de s'intéresser à la politique. Alors qu'ils sont parmis les premiers concernés, puisque ce sont eux qui auront à subir les conséquences des décisions de nos gouvernements le plus longtemps. Sans compter que l'Éducation constitue le second poste de dépenses au Québec, et que les jeunes devraient peut-être avoir leur mot à dire.

      Christian Montmarquette

    • Patrick Boulanger - Abonné 8 septembre 2017 19 h 39

      @ M. Montmarquette

      M. Montmarquette, c'est certain qu'il y a des bons arguments pour défendre cette proposition. Pour ma part, je me questionne à savoir s'ils vont être aptes à exercer une telle responsabilité. Si le droit de vote est baissé à seize ans, il va y avoir du travail à faire pour qu'ils développent, notamment, leur esprit critique, leur liberté de penser, leurs connaissances générales, etc. Ce n'est pas rien le droit de vote. Quant à QS, c'est sûr qu'il va tirer son épingle du jeu si cette proposition est mise en application maintenant (vu que cette formation pogne chez les jeunes).

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 septembre 2017 08 h 37

      À Patrick Boulanger,

      "Il va y avoir du travail à faire pour qu'ils (les jeunes de 16 et 17 ans) développent, leur esprit critique, leur liberté de penser, leurs connaissances générales, etc." - Patrick Boulanger

      — Ne trouvez-vous pas qu'il y a le même travail à faire pour les citoyens.es de 18 ans et plus et qui ont pourtant eux aussi le droit de vote?

        ;-)

      Christian Montmarquette

      .

    • Patrick Boulanger - Abonné 9 septembre 2017 11 h 11

      @ M. Montmarquette

      Oui, il y a certainement aussi beaucoup de travail à faire à cet égard M, Montmarquette. Cela dit, je suis porté à croire qu'il y a plus (!) de travail, en général, à faire chez les mineurs pour qu'ils développent les points que j'ai mentionné précédemment. Et cela me semble normal.

  • Yvon Bureau - Abonné 8 septembre 2017 08 h 31

    Imprévisible

    Qui restera? Qui partira? Qui sait!

    Fructueux congrès!

  • Pierre Schneider - Abonné 8 septembre 2017 08 h 51

    Élection référendaire

    Evidemment, on omet de mentonner l'importante proposition des délégués de Deux-Montagnes qui proposent une élection de type référendaire pour accéder à la souveraineté plutôt qu'un référendum.

    D'ailleurs, Radio-Canada n'a-t-elle pas déjà annoncé que cette proposition serait rejetée avant même d'avoir été examinée sérieusement et débattue.

    Je viens de lire le programme en sept chapîtres. Beaucoup de bonnes intentions, mais peu de concret sur le monde d'accession, qui est pourtant le principe premier de tout parti indépendantiste efficace.

  • Marie-Claude Bertrand - Abonnée 8 septembre 2017 10 h 13

    Les militants de Borduas et de la Capital-nationale sont dans la mauvaise voie

    De tous les modes de scrutin, ils choisissent de mettre sur la table les plus inéquitables pour les Québécois et Québécoises. Ce n’est pas avoir la nation dans le cœur que ces choix! Ils sont mal informés… 85 % des pays industrialisés ont des modes de scrutin de type proportionnel. L’indice Gallagher qui mesure la disproportionnalité entre les votes accordés aux partis et leur représentation à l’Assemblée nationale conclue que le mode de scrutin à deux tours de la France, le mode préférentiel (que seulement 3 pays utilisent) sont les pires pour défendre la démocratie. Il me semble que lorsqu’on fait de la politique la moindre de choses est de bien s’informer.

    Arrivons au 21e siècle! Les Québécoises et Québécois se sont prononcés en 2003 (États généraux sur la réforme des institutions démocratiques), en 2006 (Commission parlementaire sur la loi électorale), en 2007 un rapport du DGEQ démontrant la faisabilité et l’intérêt d’un mode de scrutin compensatoire et en 2015 un sondage CROP valide que 70 % du peuple québécois veut un mode de scrutin qui les représente mieux, en décembre 2016 les partis politiques de l’opposition dont le PQ ont signé une entente pour réformer le mode de scrutin après les élections de 2018. Cela dure depuis 50 ans ce marchandage avec la démocratie au Québec.

    Ça sufft… il faut que chaque voix compte, il nous faut une nouvelle démocratie plus représentative des valeurs québécoises, des femmes, de la diversité culturelle et des jeunes, permettant aux régions de mieux s’approprier le pouvoir, assurant un lien plus significatif entre les élus-es et les électeurs-trices, assurant des gouvernements plus stables et un mode de scrutin facile dans son exercice et sa compréhension.

    Les Québécoises et les Québécois le veulent. Point.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 septembre 2017 20 h 24

      Je seconde, Mme Bertrand!

      Et la raison de du choix antidémocratique des militants de Borduas et de la Capital-nationale est encore et toujours pour essayer de s'avantager et de ne donner à choisir qu'entre les deux ou trois grosses formations, en tentant de forcer l'aliénant vote stratégique, qui pousse à voter contre sa propre conscience.

      Voilà ce qui motive le militants de Borduas et de la Capital-nationale , et ce qui motivé le PQ à évacuer le scrutin proportionnel de son programme en 2011.

      Christian Montmarquette