Pas de deuxième emploi pour les policiers, confirme Coiteux

Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a confirmé mercredi matin qu’il a l’intention d’interdire aux policiers d’exercer un deuxième emploi.

Il a annoncé ses couleurs à l’ouverture de l’étude du projet de loi 133, qui vise à obliger « le port de l’uniforme par les policiers et les constables spéciaux dans l’exercice de leurs fonctions ».

L’amendement du ministre Coiteux ferait en sorte qu’un « policier exerçant une fonction d’encadrement ne pourrait plus exercer une autre fonction à moins d’y avoir été préalablement autorisé », a-t-il déclaré.

Martin Coiteux avait évoqué la possibilité d’inscrire cette interdiction dans une loi en mars, dans la foulée d’un cafouillage qui avait causé un embouteillage monstre sur l’autoroute 13, en pleine tempête de neige.

À l’époque, La Presse avait révélé que le capitaine de la Sûreté du Québec (SQ) qui était responsable de l’intervention sur le tronçon routier était chez le notaire pendant ses heures de travail, au moment où les conditions routières se dégradaient.

« On me dit que la loi actuelle, la Loi sur la police, permettrait ce genre de double emploi, avait réagi Martin Coiteux. Écoutez, si c’est le cas vraiment, des fois, il faut changer les lois. S’il faut qu’on le fasse, on va le faire. »

En vertu des amendements qui seront proposés par le ministre, le capitaine de la SQ qui se trouvait chez le notaire le jour de la tempête devrait renoncer à son entreprise de gestion immobilière, Les immeubles MK inc.

La gestion de la tempête du 14 mars a mené à la suspension de deux policiers à la SQ — un lieutenant et un capitaine, dont la SQ n’a jamais confirmé l’identité. Ces officiers, affectés à des tâches administratives, « n’ont toujours pas réintégré leurs fonctions », a confirmé le service de police provincial mercredi.

Un projet de loi « inconstitutionnel »

La Fraternité des policiers et policières de Montréal, première à s’exprimer aux audiences sur le projet de loi 133, a dénoncé l’inconstitutionnalité de la pièce législative du ministre Coiteux. « Cette fois-ci, le gouvernement va jusqu’à déposer un projet de loi inconstitutionnel pour empêcher ce qui, en juillet 2014, constituait une protestation… contre un projet de loi inconstitutionnel ! Plus précisément contre la loi 15 sur les retraites », a déclaré le président de la FPPM, Yves Francoeur.

À l’époque, les policiers de Montréal avaient commencé à porter des pantalons de camouflage — ou des pantalons roses, ou des jeans — pour signifier leur opposition au projet de loi, qui venait modifier les régimes de retraite des employés municipaux.

Les policiers de Montréal ont retrouvé leurs uniformes habituels en juin, dans l’optique de « tendre la main à la partie patronale », selon ce qu’ils ont alors annoncé. Ils ne l’ont pas remis depuis, car ils ont accepté une entente de principe en août.

La FPPM s’oppose néanmoins au projet de loi obligeant le port de l’uniforme, sous prétexte que les moyens de pression « visibles » auxquels ils peuvent avoir recours « sont peu nombreux », comme l’a exprimé Yves Francoeur.

« Pourquoi le SPVM tient-il autant à celui-là ? » a demandé le ministre Coiteux au sujet du moyen de pression qu’est le port de pantalons non réglementaires. « Nos moyens de pression sont très, très, très restreints », a répondu Yves Francoeur. « Même si la loi nous le permettait, nous ne désirons pas mettre en place des moyens de pression qui affecteraient la sécurité des citoyens », a-t-il attesté.

5 commentaires
  • André Labelle - Abonné 6 septembre 2017 11 h 59

    INCOHÉRENCE !

    Si le problème de deuxième emploi chez les officiers des corps de police du Québec mérite qu'on s'y attaque c'est peut-être le signe d'une certaine incohérence.

    S'adonner à un deuxième emploi est le signe que le premier n'occupe pas tout le temps de la personne et que cette dernière a du temps et de l'énergie de disponible. Donc est que ceux et celles qui occupent de telles fonctions méritent le salaire qu'on leur verse ? Peut-être que la charge de travail inhérente à ces fonctions n'est suffisante pour occuper une personne à temps complet.

    Ou on peut également se demander si ceux ou celles qui occupent un deuxième emploi le font correctement, c'est-à-dire font-elle toute le "job". Si ces personnes nous assurent qu'elles ne tournent pas les coins ronds, alors nous revenons à la première proposition, à savoir que la charge de travail occupée ne mérite pas le salaire versé.

    Conclusion, il semble bien que les citoyens payeurs de taxes se font avoir d'une façon ou d'une autre. Une belle arnaque !

    «Pour voir qu'il fait noir, on n'a pas besoin d'être une lumière.» [Philippe Geluck]

    • Robert Beauchamp - Abonné 6 septembre 2017 16 h 40

      Et que dire des hauts fonctionnaires qui prennent une sabbatique ou une retraite hâtive pour obtenir des contrats-conseils du gouvernement. La même règle pour tous s.v.p.

  • Stephen Aird - Abonné 6 septembre 2017 21 h 11

    2ème job

    À moins de travailler dans une ferme, ou un cirque? L'habit fait le moine!

  • Michel Sarao - Abonné 7 septembre 2017 05 h 12

    doule emploi

    Combien de politiciens reçoivent des rémunérations autres que leur salaire de ministre.

  • Guy Lafond - Inscrit 7 septembre 2017 05 h 54

    Bénévolat

    Je suis un citoyen canadien qui n'a qu’un seul emploi.

    Je suis un employé de la fonction publique fédérale du Canada et aussi un bon père de famille. Je ne reçois pas mon salaire depuis le 20 janvier 2016.

    Par contre et pendant des années, mon “deuxième emploi” a été de faire du bénévolat à l'école primaire de ma fille située à Ottawa. Malheureusement et malgré le bon travail accompli, il y a eu des parents qui se sont plaints de moi auprès de la directrice de l’école. Celle-ci a décidé de m’ interdire l’accès à l’école de ma fille. Ensuite, ce sont des policiers, des avocats et même un juge à Ottawa, qui m'ont interdit de mettre les pieds à l'école de ma fille sans d’abord que j'obtienne une permission spéciale au préalable. Ah bon?

    Encore aujourd'hui, je ne sais toujours pas pourquoi on m'a interdit l'accès à l'école de ma fille. On m’a, de plus, demandé d’aller vivre à Montréal pour un certain temps. Ah bon?

    J'avais quand même fait plusieurs représentations écrites à la commission scolaire, à mon député, au Service de Police de la Ville d'Ottawa. Pas d’explications. Silence! Ah bon?

    Vraiment bizarre. Vous ne trouvez pas?

    Autre chose bizarre:

    J’ai écrit au ministère de la sécurité communautaire en Ontario pour un autre problème et ce ministère ne me répond pas non plus. Je prends alors soins de mettre en cc le ministère de la sécurité publique du Canada afin de m'assurer de recevoir une réponse. Pas de réponse, jusqu'à présent. Je ne perds pas patience et je vais déposer une copie de ma requête au Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM). Eh bien, j’attends toujours une réponse écrite qui ne vient pas malgré toutes mes démarches jusqu’à présent. Ah bon…

    Décidément, au Canada...

    @GuyLafond
    (Un Québécois souvent à vélo, parfois à pied, aussi à pied d'oeuvre au Québec et en Ontario. Ma façon à moi d'être Canadien et citoyen d'un monde de plus en plus interconnecté. Enfin, je l'espère!)