Jane Philpott a refusé un délai à Lucie Charlebois

Lucie Charlebois prévoit de déposer une loi-cadre sur la légalisation de la marijuana à l’automne.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Lucie Charlebois prévoit de déposer une loi-cadre sur la légalisation de la marijuana à l’automne.

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a reconnu jeudi avoir essuyé un refus de la part d’Ottawa, à qui elle a demandé en juin un sursis en ce qui concerne la légalisation de la marijuana.

Elle a néanmoins martelé le message que portent les troupes libérales depuis le dépôt du projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana en avril : « On va être prêts. »

« J’ai vu [la ministre fédérale de la Santé, Jane] Philpott au cours de l’été. […] On en a discuté. Il n’y a pas de possibilité, ils veulent vraiment que ce soit adopté au plus tard le 1er juillet 2018 », a-t-elle déclaré, en marge de la consultation régionale sur l’encadrement du cannabis, qui s’arrêtait jeudi à Québec.

Un peu plus tôt, le directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), Yves Servais, déclarait devant la ministre que « constituer un réseau de vente au détail en un an, c’est quasiment impossible ».

« Vous devriez prendre contact avec le fédéral pour avoir plus de temps », a-t-il suggéré.

« C’est fait. C’est non », a répondu Lucie Charlebois.

Plusieurs questions

La ministre, qui prévoit de déposer une loi-cadre sur la légalisation de la marijuana à l’automne, a profité du passage d’une dizaine d’intervenants de l’industrie et des milieux communautaire et de l’éducation pour poser des questions au sujet de la marijuana.

« Le cannabis liquide existe-t-il ? » a-t-elle demandé à Vapo-Club, un réseau de distribution et de vente d’articles pour vapoteurs, qui souhaite encadrer la production et la vente des produits liquides à base de THC.

À une représentante de l’Université Laval, la ministre a demandé si le gouvernement était en mesure de légiférer sur la consommation de marijuana dans les résidences étudiantes.

La vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes, Caroline Sénécal, avait auparavant plaidé pour l’octroi de pouvoirs restrictifs aux universités, en faisant notamment valoir les situations à risque que peuvent représenter les initiations.

Dangers et inquiétudes

En l’absence de plusieurs membres de l’industrie de la marijuana, qui ne se sont pas présentés à la consultation bien qu’ils eussent annoncé leur présence, la parole est revenue le plus souvent aux acteurs de la santé publique, qui ont rappelé les dangers inhérents à la légalisation de la substance.

Le directeur du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Capitale-Nationale, François Desbiens, a notamment plaidé pour un modèle de distribution « sans logique commerciale ».

Dans la salle à titre d’observateur, le père de la première loi québécoise sur le tabac, Jean Rochon, s’est quant à lui dit favorable à un « contrôle public » du réseau de vente et de distribution de la marijuana.

« Dans le cas d’un produit comme la marijuana, de prime abord, que ce soit les organismes privés qui puissent développer ce marché-là, je pense qu’on ouvre la porte à pas mal plus de risques. Et les contrôles qui peuvent être faits pour la santé publique peuvent être beaucoup plus difficiles à faire », a-t-il fait valoir.

Yves Servais, de l’AMDEQ, a plutôt dit souhaiter que les dépanneurs puissent vendre la marijuana légale, qui serait produite et distribuée par l’État.

« On a une expertise en ce qui concerne la vente de produits réglementés par l’État », a-t-il dit, en avançant que 80 % du chiffre d’affaires des dépanneurs provient de la vente de ces produits.

En parallèle de la consultation, l’Association des médecins psychiatres du Québec et l’Association québécoise des programmes pour premiers épisodes psychotiques ont demandé que l’âge légal de consommation du cannabis soit établi à 21 ans et que la consommation et la vente de marijuana soient interdites sur les campus et à proximité de tout établissement d’enseignement.

4 commentaires
  • Sylvain Bolduc - Inscrit 25 août 2017 04 h 20

    Ironique

    Je trouve que le gouvernement Couillard goûte à fond les "vertus" du fédéralisme, vous ne trouvez pas?

    • Sylvain Bolduc - Inscrit 25 août 2017 16 h 29

      Et puis l'art de dire une chose et son contraire avec ce gouvernement: Il demande un délai parce qu'il ne sera pas prêts mais crie sur tous les toits qu'il sera prêt !!! (???)

  • André Labelle - Abonné 25 août 2017 12 h 48

    PORTEUR D'EAU !

    Voici un autre exemple qu'Ottawa est une réelle entrave pour le Québec. Le bulldozer fédéral n'a pas l'intention d'arrêter sa course.

    Quand les citoyens vont-ils comprendre que le gouvernement « canadian » est un réel obstacle à l’affirmation des particularités de la nation québécoise ?

    Vous n’êtes pas tanné de vous écraser gang de c*ve ?

    Et la clause nonobstant ! Fait-elle toujours parti de cette constitution qu’on nous impose ?

    «Si tu te fais ver de terre, ne te surprend pas si l'on t'écrase d'un pied»
    [Emmanuel Kant]

  • Pierre Desautels - Abonné 25 août 2017 18 h 11

    Prête pas prête.


    Ça fait deux ans que le fédéral a annoncé ses intentions. Le gouvernement Couillard s'est trainé les pieds, au contraire d'autres provinces. Alors, qu'il en assume la responsabilité.