Les jeunes libéraux majoritaires pour la création d’un ordre des enseignants

Le président de la Commission-Jeunesse, Jonathan Marleau, lors d'une conférence de presse en avril dernier
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le président de la Commission-Jeunesse, Jonathan Marleau, lors d'une conférence de presse en avril dernier

La Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) a adopté samedi à la majorité une proposition en appui à la création d’un ordre professionnel pour les enseignants.

Les jeunes libéraux ont dit souhaiter que le gouvernement du Québec entame « une réflexion sur un encadrement de la profession d’enseignant qui pourrait mener à la mise en place d’un ordre professionnel », qui astreindrait notamment les enseignants à suivre de la formation continue.

« On veut rééquilibrer le pouvoir, en sachant qu’un ordre, ce n’est pas parfait, mais c’est perfectible », a fait valoir le président de la Commission-Jeunesse, Jonathan Marleau. « Par applaudissements, à qui c’est déjà arrivé d’avoir un professeur qui avait des problèmes avec un ordinateur ? », a-t-il aussi demandé, avant de plaider en faveur de la formation continue.

Sur place, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, s’est limité à dire que « tout est sur la table pour valoriser le rôle des enseignants ».

« Ils sont dans une réflexion à l’égard d’un ordre, j’ai dit à ce sujet-là : nous, on veut mettre en place un bouquet de mesures, un plan pour faire en sorte de valoriser le rôle des enseignants, d’intéresser les gens à la profession, les rendre fiers d’y être », a-t-il déclaré.

Dans la salle de l’Université Bishop’s où les jeunes libéraux sont réunis, certains se sont approchés au micro pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des critères d’entrée trop peu sévères pour les étudiants au baccalauréat en éducation. D’autres ont plutôt insisté sur l’importance du recrutement, difficile dans certaines régions, ou plaidé pour un réinvestissement en éducation.

Les syndicats en enseignement ont réitéré leur opposition à la création d’un ordre des enseignants dès l’annonce des discussions à ce sujet. « Un ordre professionnel vise la protection de la population, qui est ici déjà bien protégée. La profession enseignante est déjà très bien encadrée, notamment avec la Loi sur l’instruction publique, le protecteur de l’élève et la vérification des antécédents judiciaires », a notamment déclaré la Centrale des syndicats du Québec, qui représente 100 000 membres œuvrant dans le domaine de l’éducation.

La Commission-Jeunesse a par ailleurs adopté une proposition visant à rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans. Son congrès se poursuit dimanche, à l’Université Bishop’s de Sherbrooke.

Les jeunes libéraux envisagent une brèche dans la loi 101

Sherbrooke — Les jeunes libéraux proposent une brèche dans la loi 101 : ils veulent donner aux francophones l’accès à l’école primaire anglaise. Il s’agit d’une proposition qui sera débattue dimanche au congrès de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ), à l’université Bishop’s, à Sherbrooke. Le premier ministre Philippe Couillard n’a pas fermé la porte en affirmant qu’« il y a des mises en commun qui sont possibles ». Le projet de résolution, déposée par les jeunes libéraux de Montréal, fait valoir qu’il manque de places dans les écoles françaises de Montréal tandis que le réseau scolaire anglophone est sous-utilisé.

La Presse canadienne

10 commentaires
  • André Tremblay - Abonné 12 août 2017 20 h 06

    Ouf !!!

    Comme si cela allait régler tous les problèmes en Éducation. Une autre structure de plus pour allourdir le système. Vous comprendrez qu'ils n'ont pas abordé les nombreuses coupures faites en Éducation par le gouvernement Couillard pour expliquer le malfonctionnement du système d'éducation. Après tout, ces je8nes lbéraux se préparent à remplacer ceux qui sont en poste actuellement et à maintenir le système néo-libéraliste. On ne mord pas la main de celui qui nous nourrit.

  • André Tremblay - Abonné 12 août 2017 20 h 14

    Bishop !!!!

    Il est significatif que le congrès des jeunes libéraux se tienne à Bishop's, une université anglophone. Eux qui veulent " l'anglicisation " de tous les Québécois. Et probablement qu'ils ne se rendent même pas compte que le Québec s'anglicise de plus en plus...dixit Philippe. Ça ressemble à de l'aveuglement volontaire.

    • Robert Beauchamp - Abonné 13 août 2017 00 h 10

      Bishop qui compte moins de 2000 étudiants à temps plein dont la majorité proviennent de pays étrangers devrait carrément être affiliée à une autre université. On économiserait au niveau des postes de direction sachant qu'à une certaine époque (Dr Golbloom) le recteur était le plus chèrement payé du réseau universitaire. Una anomalie criante.

  • Jean-Luc Malo - Abonné 12 août 2017 20 h 44

    Des jeunes branchés sur le monde mais pas sur le Québec

    Permettre l'accès d'enfants francophones à l'école anglaise dès le début de l'élémentaire est insensé. Pur masochisme de contribuer soi-même à son assimilation. Uniquement pour des critères de facilité d'accès pour renflouer la fréquentation des écoles anglophones. À brailler...
    Jean-Luc Malo
    abonné

    • Robert Beauchamp - Abonné 13 août 2017 00 h 03

      Couillard cherchait bien une porte de sortie en promettant depuis un certain déjà qu'il allait faire quelque chose pour sa clientèle confondant à volonté la minorité anglo de souche et les anglo-ethnies ayant dans plusieurs cas déjoué la loi 101 par les écoles passerelles acquérant dès lors un droit constitutionnel. Ainsi nos jeunes passeront sans douleur du franglais au frenglish. Déjà que Charest avait souscrit soi-disant à une résolution des jeunes libéraux en ouvrant la porte au cours d'anglais dès la 1ère année du primaire satisfaisant ainsi la clientèle anglo-ethnique. Très mauvais message envoyé aux immigrants. Nos jeunes ont besoin d'un français intensif au primaire et pour tous les immigrants, le problème crève les yeux.

    • Pierre Lalongé - Abonné 13 août 2017 08 h 27

      Entièrement d'accord M. Malo.
      Les jeunes libéraux font preuve d'incompétence ou de malhonnêteté intellectuelle.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 août 2017 23 h 15

      Les jeunes libéraux sont pareils a leurs seniors comme vous le dites si bien
      M.Lalongé mais en changeant le "ou" par "et".

  • Jean Lapointe - Abonné 13 août 2017 08 h 18

    Ça ne va pas de soi je pense.

    «La Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) a adopté samedi à la majorité une proposition en appui à la création d’un ordre professionnel pour les enseignants.» (Marie Michèle Sioui)

    Avaient-ils seulement réfléchi à la question? J'en doute fort.

    Comment des gens peuvent-ils se permettre de se prononcer sur des sujets qu'ils ne connaissent pas vraiment?

    Malheureusement il y a bien des gens qui ne savent pas qu'ils sont ignorants et qui s'imaginent tout connaître.

    A mon avis c'est l'une des premières choses que l'école doit essayer d'apprendre aux élèves. Leur apprendre qu' ils sont ignorants et qu' ils ont tout à apprendre et que cela prend du temps, beaucoup de temps.

    On ne peut commencer à apprendre et à comprendre qu'à partir du moment où on se rend compte qu'on ne sait rien ou presque.

    Faut-il un ordre professionnel pour les enseignants? Peut-être mais ce n'est pas sûr.

    Monsieur Raby de l'Université Laval a montré ailleurs que le problème n'était pas aussi simple qu' il y paraît.

  • Patrick Boulanger - Abonné 13 août 2017 08 h 45

    « Les jeunes libéraux proposent une brèche dans la loi 101 »?

    Il serait étonnant que le PLQ accepte une telle modification juste avant les élections. Cela dit, il est possible qu'il tergiverse et accepte cette proposition qui témoigne d'une « belle » « ouverture sur le monde » peu après les prochaines élections générales lorsqu'il reprendra probablement le pouvoir. Cela me semble plus crédible comme scénario.