Les CLD sont loin d’avoir disparu

<p>À ce jour, 52 MRC ont aboli les centres locaux de développement pour rapatrier leurs services à l’interne.</p>
Photo: Olivier Zuida Le Devoir

À ce jour, 52 MRC ont aboli les centres locaux de développement pour rapatrier leurs services à l’interne.

Deux ans après la réforme proposant de les abolir, le modèle des centres locaux de développement (CLD) subsiste dans une MRC sur deux au Québec. Or ces derniers doivent toutefois composer avec moins de moyens qu’auparavant.

À ce jour, 52 MRC ont aboli les CLD pour rapatrier leurs services à l’interne et presque autant (50) ont décidé de laisser la responsabilité du développement local à leur CLD ou à un autre organisme à but non lucratif, révèlent les crédits budgétaires.

On l'a fait pour maintenir les liens avec les gens d'affaires

Les CLD sont des organismes à but non lucratif créés en 1998 par le gouvernement du Parti québécois pour soutenir l’entrepreneuriat local. En 2015, le gouvernement libéral avait réduit de moitié le budget des CLD dans le cadre des mesures d’équilibre budgétaire. Il avait en même temps offert aux MRC qui le souhaitaient de rapatrier leurs services à l’interne.

La MRC de Bellechasse fait partie de celles qui ont décidé de conserver l’ancien modèle. « On l’a fait pour maintenir les liens avec les gens d’affaires », explique son directeur, Alain Vallières.

Les milieux d’affaires et les représentants de la société civile comptent pour 50 % du conseil d’administration du CLD, ce qui ne serait pas le cas à la MRC, dit-il. On craignait qu’en les impliquant moins, ils soient moins « motivés » à donner de leur temps.

Les coupes se sont toutefois bien fait sentir. Le CLD a perdu 150 000 $, l’équivalent de 20 % de son budget annuel, et un poste sur neuf a été aboli. La MRC a toutefois compensé la baisse du budget du CLD en puisant dans les revenus d’un projet éolien communautaire… qui avait été soutenu dans le passé par le CLD. Depuis, « on travaille très fort pour maintenir l’équilibre budgétaire », poursuit M. Vallières.

Chacun son modèle

Du côté de Brome-Missisquoi, le CLD existe toujours, mais ses liens avec la MRC sont beaucoup plus étroits, explique le directeur Robert Desmarais.

Le conseil des maires tenait à garder un « guichet unique » pour les entreprises, dit-il, mais les ressources humaines ont été en partie fusionnées avec celles de la MRC. Désormais, le directeur général de la MRC est aussi directeur du CLD, explique-t-il, en soulignant que c’est beaucoup plus efficace qu’avant.

Par ailleurs, les deux entités partageaient déjà les mêmes bureaux et salles de rencontres avant 2015.

Dans Brome-Missisquoi, la subvention gouvernementale a été réduite de 60 % (240 000 $ en moins), privant le CLD de 12 % de ses revenus. Or, contrairement à ce qui s’est passé dans Bellechasse, la coupe n’a pas été compensée par la MRC. Dans l’ensemble, le conseil [d’administration] est « très satisfait de la réorganisation », dit-il. « Ça nous permet de mettre l’accent sur l’aide aux entreprises. »

Un OBNL

Ailleurs dans le Centre-du-Québec, on a misé sur une approche différente. Ainsi, bien avant la réforme, la MRC de Drummond avait créé son propre système, la Société de développement économique de Drummondville, un OBNL indépendant.

Lors de l’entrée en scène des CLD, cette dernière avait en quelque sorte avalé la nouvelle structure. « La SDE est une grosse organisation, souligne son directeur, Martin Dupont. On a plus de revenus et la SDE gère même le Centre des congrès. »

Chez eux, le budget du CLD s’est vu amputé de 300 000 $, une coupe qui a fait moins mal qu’à d’autres MRC puisque le budget du SDE s’élève à 4 millions. Néanmoins, là aussi, on a procédé à des mises à pied (quatre postes), précise M. Dupont.