La bâtonnière presse Couillard d’intervenir

La bâtonnière du Québec, Claudia Prémont
Photo: Barreau du Québec La bâtonnière du Québec, Claudia Prémont

Après avoir été critiquée pour sa retenue dans le dossier de la grève des juristes de l’État, la bâtonnière Claudia Prémont a écrit mardi au premier ministre pour lui demander d’intervenir pour régler le conflit.

« Je vous demande, au nom du Barreau du Québec, d’initier le règlement du conflit », écrit Me Prémont dans une lettre.

« Le Barreau estime que la grève persistante des juristes de l’État entraîne des conséquences déplorables qui minent la saine administration de la justice », écrit-elle. « Les doutes soulevés quant à l’indépendance professionnelle des juristes de l’État minent la confiance du public envers notre État de droit », fait-elle aussi remarquer.

Cette lettre a été rendue publique quelques heures après que Le Devoir a publié une lettre dénonçant le silence de Mme Prémont dans le dossier du conflit. « La bâtonnière du Québec, Me Claudia Prémont, se terre dans un silence totalement injustifié », s’indignait l’avocat à la retraite George Lalande, qui a notamment siégé comme juge administratif.

Dans sa lettre, M. Lalande faisait remarquer que l’avocate Me Lu Chan Khuong, qui convoite le poste de Me Prémont, a « heureusement lancé un cri d’alarme il y a quelques semaines » pour que le Barreau appuie les juristes dans leur lutte. Il ajoute plus loin qu’il « espère qu’elle sera élue » aux élections de mai.

En entrevue au téléphone, la bâtonnière a affirmé que la diffusion de sa lettre n’était pas une conséquence des critiques de M. Lalande. « Pas du tout, c’était en préparation », a-t-elle dit.

Elle a en outre fait valoir que le Barreau n’avait pas été silencieux dans le conflit. « Dès le mois de novembre, on a écrit à la ministre de la Justice à deux reprises. Par la suite, j’ai toujours été en contact régulier avec LANEQ [L’Asssociation des avocats et notaires]. On est sortis par communiqué le 30 janvier et le 14 février. »

Malgré l’appel lancé au premier ministre, le Barreau ne prend pas position sur les enjeux de la négociation en tant que tels. Mme Prémont s’attarde surtout aux impacts de la poursuite du conflit, qui, dit-elle, sont « énormes ». Dans certains tribunaux, les demandes de remise peuvent repousser à plus d’un an, selon ses dires.

Pendant ce temps, du côté de l’Assemblée nationale, les impacts du conflit sont de plus en plus visibles et nombreux. Mardi, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a affirmé qu’il ne pouvait pas présenter un projet de loi affectant notamment les enfants de personnes sans papiers parce qu’il n’avait pas l’aide légale nécessaire pour le rédiger.

1 commentaire
  • Nicole Delisle - Abonné 22 février 2017 09 h 04

    Elle ne prend pas position!

    Mme Prémont reste plutôt tranquille, puisqu'elle doit s'attendre à un retour d'ascenseur du parti libéral! Un poste doit l'attendre et elle a intérêt à ne pas trop faire de vagues! Quel est son rôle au juste? Depuis sa nomination, on n'entend jamais parler de son travail, si travail il y a. Ce poste n'est-il qu'un tremplin avant de faire le saut dans la cour des libéraux? Et en ce sens, elle reste muette pour ne pas déplaire à son futur patron! Elle s'est mouillée dans une lettre somme toute bien polie parce que certains s'inquiétaient de ne pas la voir réagir. Elle a beau le nier, mais sans ces interventions, son silence aurait probablement dominé!