Un «ajustement» ministériel, en attendant un vrai remaniement à Québec

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est entouré du nouveau président du Conseil du trésor, Pierre Moreau (à gauche), et du ministre québécois des Finances, Carlos Leitão (à droite).
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est entouré du nouveau président du Conseil du trésor, Pierre Moreau (à gauche), et du ministre québécois des Finances, Carlos Leitão (à droite).

Philippe Couillard a procédé à un ajustement ministériel en confiant la présidence du Conseil du trésor à Pierre Moreau, soulageant le ministre des Finances, Carlos Leitão, de cette responsabilité. Le remaniement plus important qu’il projette de faire surviendra plus tard, dans les prochains mois, a indiqué le premier ministre.

« Je suis toujours à la recherche de façons d’améliorer mon équipe et particulièrement dans l’optique d’un rajeunissement », a déclaré Philippe Couillard lors du point de presse qui a suivi l’assermentation de Pierre Moreau. « Je suis très, très conscient des grands talents qu’il y a dans notre caucus, des jeunes députés des deux sexes, dans plusieurs régions, qui brûlent de servir encore davantage. Il faut savoir concilier l’expérience et la nouveauté. C’est ce qu’on va faire dans les prochains mois. »

Le premier ministre a rappelé qu’en avril, 18 mois sépareront son gouvernement des prochaines élections générales.

Retour attendu

Philippe Couillard a vanté « le talent, la rigueur, l’expérience » de Pierre Moreau, qui revient au Conseil des ministres après une absence d’un an en raison de sa fulgurante maladie. « Je me sens pleinement en forme », a affirmé le ministre.

La priorité de Pierre Moreau au Conseil du trésor, c’est de conclure des ententes avec les trois syndicats qui n’ont toujours pas signé le renouvellement de leur convention collective, syndicats qui représentent les professionnels, les ingénieurs et les juristes de l’État.

Le dossier le plus urgent à ses yeux, c’est de mener à bien les négociations avec Les avocats et notaires de l’État québécois (LANEQ), qui regroupe 1100 juristes en grève depuis le 24 octobre dernier.

« Il n’est pas question de laisser perdurer un conflit comme celui-là », a dit Pierre Moreau. « C’est mon intention de faire en sorte que nous puissions rapidement retourner à la table des négociations et de voir à ce qu’une entente négociée soit conclue. » Le président du Conseil du trésor a dit qu’il prendra connaissance du dossier dès lundi après-midi.

Pierre Moreau a écarté pour l’heure le recours à une loi spéciale pour forcer le retour au travail des juristes ; il croit toujours à la négociation malgré l’impasse à laquelle fut confronté son prédécesseur, Carlos Leitão. En décembre, les membres de LANEQ rejetaient à 97 % les offres du gouvernement. La semaine dernière, leurs représentants quittaient insatisfaits une rencontre exploratoire qui a eu lieu avec les négociateurs du gouvernement. « Je n’entreprends pas ce mandat de négociation là avec un esprit obtus ou avec l’idée de dire qu’on va vers un échec », a fait valoir Pierre Moreau.

À la suite de cette nomination, le président de LANEQ, Me Jean Denis, a demandé une rencontre rapide avec le ministre pour reprendre la négociation. Mais il a prévenu que les dernières demandes syndicales étaient immuables, c’est-à-dire une hausse de salaire de 2,5 % par an, à l’instar des procureurs de l’État, la reconnaissance de leur indépendance de fonction et l’arbitrage « non liant » pour remplacer leur droit de grève.

Plus le temps passe, plus « ça augmente notre rapport de force », a signalé Jean Denis. Les retards s’accumulent, les juristes cadres, qui remplacent les juristes syndiqués, « sont épuisés », a-t-il souligné. Le 20 janvier, c’est la date butoir pour présenter des projets de loi et le 7 février s’ouvre la session parlementaire. Les avocats fiscalistes, qui travaillent habituellement à la confection du budget de mars, sont en grève. Quelque 5000 causes impliquant Revenu Québec ont été reportées, selon LANEQ.

Si les juristes de l’État étaient soumis à une loi spéciale, ils en contesteraient la constitutionnalité. Ils entameraient une grève des heures supplémentaires, et les retards persisteraient, a menacé Jean Denis.


 
1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 17 janvier 2017 14 h 40

    Vrai remaniement à venir à Québec...

    La compétence n'émanera pas du produit additif de l'incompétence, pas plus que le vrai ne sortira du faux.