Controverse sur la police et le politique : la lumière va être faite, dit Coiteux

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, estime qu’il est « important de maintenir une distance entre le politique et les corps policiers », mais il se refuse à critiquer le maire de Montréal, Denis Coderre.

Ce dernier a admis lundi, au cours d’une entrevue radio au 98,5 FM puis lors d’un point de presse, qu’il avait appelé l’ancien directeur du service de police pour se plaindre d’une fuite à un journaliste concernant une contravention qu’il avait reçue.

Devant les questions qui se multiplient concernant le travail des policiers, les enquêtes qui ont impliqué des journalistes et la proximité avec des hommes politiques, depuis quelques jours, le ministre Coiteux a invité à la patience, lundi.

Interrogé à ce sujet alors qu’il participait à l’inauguration de nouveaux bâtiments au CHU Sainte-Justine, le ministre de la Sécurité publique a affirmé qu’avec tous les moyens d’enquête qui ont été annoncés au cours des derniers jours, tant par son gouvernement que par la Ville de Montréal, la lumière allait être faite sur toutes ces controverses.

Il a rappelé que le maire de Montréal, avant sa déclaration de mardi matin à la radio, avait déjà annoncé la tenue d’une enquête par Me Denis Gallant, inspecteur général à Montréal, sur le comportement des policiers face aux journalistes.

« Ça s’ajoute à ce que nous avons déjà annoncé nous-mêmes. Je vous rappelle qu’on va avoir une commission d’enquête sur les agissements policiers en matière de surveillance des journalistes, sur les liens qui pourraient ou non exister entre des pressions politiques et des pratiques particulières du côté des policiers. Et ça s’ajoute au fait qu’on a élevé les journalistes au même rang que les juges, les avocats et les membres de l’Assemblée nationale quant à la manière de traiter les dossiers d’écoute électronique. Et il y a une inspection générale qui va se faire dans les services policiers concernés », a expliqué le ministre Coiteux.

« Quand on prend tout ça, les gestes posés par Montréal, les gestes qu’on pose au niveau du gouvernement du Québec, je pense qu’on va être capable de faire la lumière et d’aller dans la bonne direction », a-t-il opiné.

Plus tôt dans la journée, le maire de Montréal avait admis s’être plaint à l’ancien directeur du service de police, Marc Parent, du fait qu’il se sentait surveillé comme citoyen parce qu’au moins un journaliste avait posé des questions au sujet du fait qu’il n’avait pas payé une contravention — ce qui était faux, selon M. Coderre, puisqu’il l’avait payée.


 
3 commentaires
  • Pierre Bernier - Abonné 7 novembre 2016 18 h 19

    La distance de bon aloi ?

    Il est « important de maintenir une distance entre le politique et les corps policiers » (M.C.)

    De même qu’en ce qui concerne les « juges » et autres magistrats ?

    Mais dans un État de droit, on doit prendre soin que cette distance n’empêche pas les policiers de faire leur travail, notamment quand des politiques ou des magistrats sont en cause.

  • François Dugal - Inscrit 7 novembre 2016 22 h 42

    Le discours de circonstances

    "Maintenir une distance ..."
    "Je refuse de critiquer ..."
    "Une commission d'enquête ..."
    "La bonne direction ..."
    Remercions monsieur le ministre de n'avoir rien dit; comme ce fut court, nous perdîmes peu de temps.

  • Patrick Daganaud - Abonné 8 novembre 2016 00 h 21

    LA LUMIÈRE PAR LES TÉNÈBRES

    La lumière va être faite, dit Coiteux...

    On voit mal comment dans sa situation de ministre de la Sécurité publique d'un gouvernement qui ne brille pas par sa transparence , Martin Coiteux pourrait faire la lumière sur quoi que ce soit.

    Mais, en cas de miracle, il pourra se virer de bord et faire la lumière sur son parti qu'un rapport interne récent dépeint comme particulièrement ténébreux.