Le ministre Moreau serait atteint d’un cancer

Le ministre Pierre Moreau n’est revenu au travail que quelques jours, la semaine dernière, visiblement amaigri après quelques semaines de repos et une batterie de tests médicaux.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Pierre Moreau n’est revenu au travail que quelques jours, la semaine dernière, visiblement amaigri après quelques semaines de repos et une batterie de tests médicaux.

Le premier ministre Philippe Couillard s’est résigné à remplacer de façon permanente Pierre Moreau, qui pourrait être atteint d’un grave cancer, un pilier de son gouvernement qui devait se charger de la délicate réforme de la gouvernance du réseau de l’éducation.

C’est « une triste nouvelle qui frappe un homme brillant, un homme fort, un homme engagé », a déclaré Philippe Couillard dans le point de presse qui a suivi l’assermentation des ministres.

Ce sont « des nominations qui dépassent le court terme et certainement même le moyen terme », a-t-il précisé.

Le premier ministre a nommé deux personnes pour prendre la relève de Pierre Moreau en scindant son méga-ministère. Sébastien Proulx, qui conserve le portefeuille de la Famille, prend la tête du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, tandis que l’actuelle ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, se charge du ministère de l’Enseignement supérieur.

Pour la remplacer, Philippe Couillard a jeté son dévolu sur un jeune ministre délégué, Luc Fortin, le député de Sherbrooke qui assumait la responsabilité du Loisir et du Sport. La ministre Lucie Charlebois et députée de Soulanges s’occupera de la région de la Montérégie que le ministre Moreau représentait.

Absent au moment de l’assermentation lundi en fin de journée, Pierre Moreau avait été nommé quelques heures plus tôt ministre délégué aux Finances, a indiqué Philippe Couillard, une tâche qui lui permettra de réintégrer graduellement le Conseil des ministres.

Un diagnostic de néoplasie

Lundi matin, Le Devoir avait communiqué avec le cabinet de Pierre Moreau ainsi qu’avec celui du premier ministre pour s’enquérir de l’état de santé du ministre. Vendredi, le ministre avait été aperçu à l’hôpital de l’Enfant-Jésus, à Québec : il était en fauteuil roulant à proximité du service d’hémato-oncologie de l’établissement, avait appris le quotidien. Son attaché de presse a indiqué qu’il avait subi d’autres examens.

En fin d’après-midi, le cabinet de Pierre Moreau a publié un communiqué indiquant que le médecin du ministre l’avait informé que « les symptômes, les signes cliniques et les tests d’imagerie médicale nous orientent vers une néoplasie », c’est-à-dire une tumeur, dont la nature restait à préciser.

Le gouvernement n’a pas voulu apporter d’autres précisions. « C’est son domaine privé », a dit le premier ministre. Aucune information sur son état de santé n’a été divulguée sans le consentement du ministre et de son médecin.

Pierre Moreau devra se soumettre à des traitements et son médecin lui recommande « de réduire substantiellement ses activités professionnelles au cours des prochains mois ».

Absent pendant plus de deux semaines après avoir raté la cérémonie d’assermentation à la fin janvier, Pierre Moreau était revenu mardi dernier à l’Assemblée nationale et avait entamé les consultations sur le projet de loi 86 qui porte sur une réforme en profondeur de la gouverne du réseau scolaire. Le ministre était apparu amaigri et affaibli.

Le gouvernement Couillard perd pour l’heure un de ses ténors, un ministre à qui on confiait les tâches les plus difficiles. À titre de ministre des Affaires municipales, il a conclu en 2015 un pacte fiscal avec les municipalités en pleine période de compressions et leur a confectionné une réforme des régimes de retraite de leurs employés.

Logique de continuité

De l’avis du premier ministre, la tâche n’est pas trop lourde pour Sébastien Proulx, qui vient d’accéder, fin janvier, au Conseil des ministres et qui doit assumer la responsabilité de deux ministères, dont l’exigeant ministère de l’Éducation, à un moment où le gouvernement projette d’instaure une réforme d’envergure. « C’est une occasion à saisir de continuité » entre la formation des enfants d’âge préscolaire et celles des élèves du primaire et du secondaire, d’établir « une très belle convergence », a-t-il affirmé.

À l’égard de la réforme scolaire, le gouvernement conserve les mêmes orientations, c’est-à-dire « déplacer le centre de gravité [du réseau] vers l’école, vers la classe, vers les parents », a-t-il dit. Le premier ministre a indiqué que l’adoption du projet de loi 86 ne se ferait pas dans la précipitation. « Il n’est absolument pas question de faire un brassage de structures stériles », a-t-il promis.

Sébastien Proulx, cet ancien député et leader parlementaire de l’Action démocratique du Québec, conservera de bout en bout la responsabilité de la réforme. Le ministère de l’Éducation a connu beaucoup de titulaires ces dernières années, a fait observer Philippe Couillard. « Il est temps d’apporter de la stabilité. »

La création d’un ministère distinct pour l’enseignement supérieur — une structure que le Parti québécois avait privilégiée — est une demande du milieu universitaire et collégial. Hélène David vient de ce monde, a rappelé le premier ministre, elle qui a été vice-rectrice à l’Université de Montréal.


 
3 commentaires
  • - Inscrit 23 février 2016 09 h 41

    La santé !

    Je ne sais pas que sera l'effet du remaniement, mais l'important pour l'instant est de souhaiter prompt rétablissement de sa santé à M. Moreau.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 23 février 2016 12 h 12

    Dommage

    C'est dommage que le mauvais sort tombe sur M Moreau, lui qui était le plus sensé des libéraux.

    • Yvon Bureau - Abonné 23 février 2016 15 h 21

      Surtout en Éducation. Il y a tant à faire.

      Fructueuse guérison, monsieur Moreau ! Pour mieux guérir, prendre le temps qu'il faut, délaisser ce qui ne nous tente plus ou pas assez, voir plus souvent les personnes que l'on aime et très peu souvent celles qui nous épuisent en énergie, oser changer, ne pas laisser nos maladies prendre les décisions à notre place, être ouvert à son destin, être plus et faire moins car trop en faire c'est l'enfer, ...! Je sais de quoi je parle, je devrais être «mouru» depuis longtemps !