Le ministre Moreau enclin à modifier le projet de loi

Le ministre de l’Éducation, Pierre Moreau, a évoqué mercredi la possibilité d’amender le projet de loi 86 afin de lever l’interdiction faite aux parents de siéger à différentes instances d’une commission scolaire. « Ça peut être changé », a-t-il souligné au lendemain du coup d’envoi des consultations publiques sur le projet de réorganisation de la gouvernance des commissions scolaires.

Le Comité de parents de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) avait, mardi après-midi, déploré la volonté du gouvernement libéral d’interdire à un membre d’un conseil scolaire de faire partie d’un conseil d’établissement, d’un comité de parents ou encore d’un comité consultatif des services aux élèves handicapés et aux élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (CCSEHDAA).

Cette « interdiction » forcerait les parents siégeant à un conseil scolaire à « [se] couper de leur réseau de soutien et d’information », ont soutenu les représentantes du comité de parents de la CSDM, Julie Wagner et Mélanie Robinson, en commission parlementaire. « Si c’est le seul problème que nous avons, c’est très facile à arranger », a lancé M. Moreau lors d’un impromptu de presse en marge du caucus des élus libéraux mercredi avant-midi.

   

En revanche, le ministre ne s’est toutefois pas montré aussi prompt à acquiescer à la demande de la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, et des représentantes du comité de parent de préserver la « démocratie représentative, participative et de proximité » en maintenant les élections scolaires — quitte à les faire coïncider avec les élections municipales afin de tirer vers leur haut le taux de participation.

 
Confusion 
 

« Il y a un gros problème, qui n’est pas lié à l’ouverture du ministre, d’aucune façon », a mentionné M. Moreau, avant de pointer la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui sont « en totale opposition » à cette possibilité.

Le milieu craint notamment de semer la « confusion » dans l’esprit des électeurs québécois en tenant simultanément des élections municipales et scolaires. « Ce n’est pas mon opinion à moi », a précisé M. Moreau aux journalistes. « Éventuellement, il faudra décider si on veut l’imposer ou pas. Je pense qu’on n’est pas rendu là », a-t-il ajouté.

La commission de la culture et de l’éducation reprendra l’étude du projet de loi 86 mardi prochain avec l’audition de la Fédération des chambres de commerce du Québec, le comité de parents de la Commission scolaire Marie-Victorin ainsi que la Coalition pour l’avenir du réseau scolaire anglophone.

Consultation limitée

Plusieurs voix se sont élevées, dont celle du Quebec Community Groups Network (QCGN), pour reprocher au gouvernement libéral de ne pas avoir organisé une « consultation plus grande » sur son projet de réorganisation de la gouvernance des commissions scolaires.

« De plus en plus, on voit les gouvernements, pas seulement celui-ci, passer les règlements ou passer la législation et nous demander ensuite en rétroaction ce qu’on pense. […] On aime mieux être consulté avant, donner notre avis avant, que d’aller devant les caméras, devant l’Assemblée nationale pour le faire », a affirmé la directrice générale du QCGN, Sylvia Martin-Laforge, en mission d’observation à l’Assemblée nationale mardi après-midi.

La porte-parole de 47 organismes communautaires de langue anglaise à travers le Québec demande le retrait du projet de loi 86, qui consiste à restreindre le pouvoir des commissions scolaires au profit des parents, des enseignants et des directeurs d’école. « Nous ne voyons pas comment refaire tout ça. On comprend qu’on a besoin de faire des économies au niveau du Québec, on comprend tout ça, mais est-ce qu’on ne pourrait pas penser à d’autre façon que de passer par les écoles ? »