Coiteux se range derrière les choix de la directrice

Avant le remaniement ministériel, Pierre Moreau avait été accusé de bloquer les nominations.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Avant le remaniement ministériel, Pierre Moreau avait été accusé de bloquer les nominations.

Le Conseil des ministres a procédé mercredi à la désignation des quatre enquêteurs au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) dont la candidature avait été écartée par l’ex-ministre de la Sécurité publique suppléant, Pierre Moreau.

Le nouveau ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, n’a pas perdu de temps. Il a invité ses confrères et consoeurs à avaliser les choix de la directrice du BEI, Madeleine Giauque, afin de compléter l’équipe de 16 enquêteurs qui seront chargés d’enquêter sur les interventions policières durant lesquelles une personne décède ou subit une blessure grave.

Me Giauque avait retenu deux avocats : Alexandra Marcil et David Drouin-Lê. Mme Marcil a notamment été secrétaire de la Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012 et a oeuvré au Tribunal pénal international pour le Rwanda et au Tribunal spécial pour la Sierra Leone. M. Drouin-Lê a récemment été recherchiste à la commission Charbonneau.

Mme Giauque avait aussi jeté son dévolu sur l’actuel adjoint au directeur de l’information des affaires policières et judiciaires au Journal de Montréal, Marc Pigeon, ainsi que sur un ex-inspecteur civil au Service de police de la Ville de Gatineau, Pierre Larente.

Processus contrecarré

Selon nos informations, M. Moreau avait bloqué ces quatre candidatures, pressant Mme Giauque de lui proposer d’« autres policiers de la Sûreté du Québec [et] autochtones » pour grossir les rangs du BEI. « Le ministre a demandé au BEI d’entreprendre un concours pour la nomination des civils. Il est toujours en attente de ces recommandations-là », avait expliqué le conseiller politique Jean-Félix Levesque dans un entretien téléphonique avec Le Devoir le 22 janvier dernier.

Le hic : l’ex-procureure en chef aux poursuites criminelles et pénales se refusait de se plier à cette consigne, dont elle s’était d’ailleurs plainte dans une lettre destinée au cabinet du premier ministre Philippe Couillard. « Il n’y a pas de concours. Il n’y aura pas de concours », insistait unesource informée.

M. Coiteux a annulé la demande de mettre en oeuvre un nouveau concours et a suggéré la nomination des quatre candidats retenus par la direction du BEI.

À deux mois et demi de l’ouverture du bureau d’enquête, l’équipe est désormais complète. Les quatre nouveaux membres du BEI entreront officiellement en fonction lundi prochain.

Le refus de M. Moreau de soumettre au Conseil des ministres les candidatures retenues par Mme Giauque à l’automne forcera le BEI à offrir une session « non prévue » aux quatre nouveaux enquêteurs. « Ça va coûter une fortune », avait averti une source, rappelant que le budget de fonctionnement du BEI est passé de 4,8 millions à 3,2 millions de dollars par année.