Martin Coiteux devient le nouvel interlocuteur des maires

Martin Coiteux devient ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Martin Coiteux devient ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique.

La nomination de Martin Coiteux à la tête du ministère des Affaires municipales et de celui de la Sécurité publique a causé une certaine surprise dans le milieu municipal. Dépeint comme le maître d’oeuvre de l’austérité et de la rigueur budgétaire, l’ancien président du Conseil du trésor devra négocier avec des maires qui convoitent de plus grands pouvoirs.

« Je l’avais appelé la recrue de l’année », a rappelé le maire Denis Coderre au sujet de M. Coiteux qui sera aussi le ministre responsable de la région de Montréal. C’est un homme qui a une très grande rigueur, il connaît déjà les dossiers et c’est un habile négociateur ».

Le maire Coderre dit ne pas craindre que le départ de Pierre Moreau, qui est passé à l’Éducation, compromette les travaux déjà engagés vers un statut pour la métropole et une plus grande autonomie des villes.

Trop austère, le nouveau ministre ? « Le choix de M. Coiteux nous a un peu surpris, mais peut-être que le ministère des Affaires municipales va nous faire découvrir son côté givré », a commenté la présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.

Ce qui réjouit Mme Roy, c’est que dans son discours, le premier ministre a indiqué que le gouvernement garderait le cap sur plusieurs enjeux importants, dont le pacte fiscal et la refonte de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme.

Directeur adjoint au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger invite le nouveau ministre à renoncer au plan du gouvernement d’accorder aux maires le droit de décréter les conditions de travail de leurs employés. « M. Coiteux a eu l’occasion de négocier dans le secteur public et parapublic et il y a eu un règlement négocié, a-t-il dit. Il a une belle opportunité de ne pas aller dans la voie de l’affrontement mais dans la voie du règlement. »

Attendu de pied ferme

Pour sa part, Jacques Daoust prendra les rênes du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports où plusieurs dossiers chauds l’attendent tels que la réforme de la gouvernance des transports dans la région de Montréal, la refonte du Code de la sécurité routière et le délicat dossier d’Uber.

Plusieurs associations de transports, dont Transport 2000 et Vélo Québec, ont apprécié l’importance accordée à la mobilité durable et à l’électrification dans le nouveau nom du ministère.

L’industrie du taxi attend le nouveau ministre de pied ferme : « La situation est très explosive actuellement dans le taxi », a fait savoir Guy Chevrette, porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi. Selon nous, il n’y a pas de dossier plus urgent que celui du transport illégal dans ce ministère. »

Le maire Coderre a rappelé qu’il connaissait bien Jacques Daoust : « J’avais approché Jacques Daoust pour qu’il soit mon numéro 2 à la dernière élection. »

M. Coderre a eu quelques bons mots pour l’ex-ministre Robert Poëti, rétrogradé au rang de simple député : « C’est un homme d’une grande qualité. Je l’ai appelé pour le remercier, mais c’est la prérogative du premier ministre [de choisir ses ministres]. »