Une Fierté 2015 en soutien aux trans

Au défilé de la Fierté, dans le centre-ville de Montréal, dimanche
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Au défilé de la Fierté, dans le centre-ville de Montréal, dimanche

Du haut de leurs chars allégoriques colorés et pailletés roulant au son de musique techno et pop, les participants du défilé de la Fierté 2015 ont joint leur voix à celle des transsexuels et transgenres, dimanche à Montréal.

De l’invitée d’honneur trans Candis Cayne au directeur de Fierté Montréal, Éric Pineault, en passant par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, tous ont parlé de l’urgence de reconnaître les droits de cette communauté.

Éric Pineault, a rappelé dès le début de son discours que, malgré les avancées des droits de la communauté LGBT, « les personnes trans ont besoin de reconnaissance tant au niveau fédéral que provincial » et qu’il importe de « tendre la main » aux personnes trans vivant dans des pays qui les mettent en danger.

M. Pineault a par ailleurs déploré que le gouvernement du Canada n’ait financé que 1,5 % de l’événement.

La ministre Stéphanie Vallée a réitéré l’intention de son gouvernement de faire avancer la loi 35, dont l’application se fait attendre depuis décembre 2013.

« On a terminé récemment les auditions en commission parlementaire » relativement à cette loi qui permettra aux transgenres de changer d’identité sexuelle auprès du Directeur de l’état civil sans subir d’opération de changement de sexe, a rappelé la ministre, qui se dit prête à passer à la prochaine étape.

« Notre gouvernement est déterminé à honorer ses engagements à l’égard des personnes trans en facilitant leurs démarches auprès du Directeur de l’état civil. Nous souhaitons franchir prochainement cette étape importante », a-t-elle lancé.

La loi 35 a été adoptée en décembre 2013, mais le règlement qui permettra sa mise en application n’est pas encore prêt. D’ici là, la communauté transgenre ne peut bénéficier des avancées de la loi.

La ministre Vallée explique le long délai entre l’adoption de la loi et celle du règlement par différents éléments administratifs.

« Pour faire des modifications aussi importantes que celles qu’on souhaite faire, il y a un impact dans l’ensemble de l’appareil gouvernemental. […] À la suite des auditions, des changements d’orientation importants ont été proposés et reçus à l’unanimité par les membres de la commission. Il s’agissait désormais de retravailler le règlement », assure-t-elle.

En attente de la loi

Cet engagement ne rassure pas les membres de l’opposition. « J’attends toujours de voir son contenu avant de me réjouir », affirme la députée péquiste Carole Poirier, qui « n’a aucune idée pourquoi la loi a traîné ».

La députée solidaire Manon Massé attend elle aussi plus de détails rapidement. « Mme Vallée m’avait garanti avant les vacances […] qu’il ne manquait que le décret du Conseil des ministres, ce qui serait fait avant les vacances. Ça fait deux ans qu’on attend, et les vacances sont presque finies », déplore-t-elle.

La députée caquiste Sylvie Roy attend quant à elle de voir la version finale.

Plusieurs participants ont pressé le gouvernement québécois d’aller de l’avant avec la loi 35. « Ils ont approuvé une loi, mais ils ne la mettent pas en vigueur. C’est vraiment difficile pour nous », a déclaré Vincent-Gabriel Lamarre, lui-même trans.

« On attend beaucoup de la loi 35 et il reste beaucoup de travail à faire pour que les enfants et les immigrants puissent eux aussi faire une transition. Il faut démystifier la transidentité », a renchéri Monica Bastien, présidente d’Aide au Trans du Québec.

Des élus de tous les partis politiques des différents paliers de gouvernement — à l’exception du Parti conservateur du Canada qui a envoyé deux candidats — ont défilé parmi les 290 000 spectateurs et 127 contingents arc-en-ciel.