Droits de scolarité: Beauchamp bouge sur l'accessibilité pour calmer le jeu

Québec — Le gouvernement Charest a décidé de «poser un geste» afin de sortir le Québec de la crise étudiante suscitée par sa décision de hausser les droits de scolarité universitaire de 1625 $ sur cinq ans.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, et le ministre des Finances, Raymond Bachand, ont annoncé ce matin la mise en place d'un mécanisme de «remboursement proportionnel au revenu» (RPR) afin d'améliorer l'accessibilité aux études. «Il était de notre responsabilité de poser un geste», a soutenu Mme Beauchamp, insistant sur le fait que le gouvernement avait «écouté» et «entendu» plusieurs voix de la communauté étudiante.

La ministre a expliqué que ce n'était pas là une position de négociation, mais une «décision du gouvernement» visant à calmer les inquiétudes «légitimes» à l'égard de l'accessibilité aux études exprimées par «plusieurs voix de la communauté étudiante» et dans la classe moyenne. Elle coûtera à terme 21 millions qui seront puisés à même le Plan de financement des universités québécoises. Le gouvernement déposera une proposition qui sera soumise, pour consultation, au Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études.

Le gouvernement fait cette ouverture au moment où les grèves entrent dans une phase critique au-delà de laquelle des sessions pourraient être annulées. Mme Beauchamp a insisté sur le fait que le débat doit «retourner dans la communauté étudiante», que les votes soient repris à main levée, «sans intimidation».

Il y a une semaine, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, avait proposé la mise en place d'un RPR, proposant de le financer grâce à l'abolition du crédit d'impôt non remboursable pour les droits de scolarité. Line Beauchamp a expliqué que le gouvernement n'en fera pas autant puisque ce crédit d'impôt «fonctionne bien pour la classe moyenne» actuellement. Raymond Bachand a souligné que la Commission jeunesse du PLQ avait l'été dernier proposé une mesure similaire.

Accueil froid

L’annonce a été accueilie sans grand enthousiasme. L’opposition péquiste, qui se range résolument dans le camp des étudiants depuis le début du conflit, a jugé que l’annonce du gouvernement sentait «totalement l’improvisation».

La porte-parole en éducation, la députée Marie Malavoy, a rappelé que le gouvernement s’était déjà engagé, en 2005, à instaurer un régime de remboursement des prêts étudiants proportionnel au revenu et qu’il n’y avait jamais eu de suite.

Le porte-parole de Québec solidaire et député de Mercier, Amir Khadir, a déploré que l’annonce n’était «rien d’autre qu’une proposition pour endetter davantage les étudiants». Il a promis de déposer un «plan de sortie de crise» la semaine prochaine.

Dans les milieux étudiants, l’enthousiasme n’était pas davantage au rendez-vous.
La présidente de la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a dit juger que Québec n’accroissait pas l’accessibilité aux études avec cette annonce, mais choisissait plutôt «de faire exploser l’endettement étudiant, pour ceux qui n’avaient pas accès au programme de prêts et bourses».

«On a passé à côté d’une belle façon d’améliorer l’accessibilité aux études. Ce qui est proposé ne répond pas aux besoins des étudiants», a-t-elle tranché.

Elle rejette aussi la demande de la ministre Beauchamp sur la reprise des votes, car, selon elle, il ne lui revient pas «de dicter comment doivent se tenir les votes démocratiques dans les associations étudiantes. Nous avons des règlements généraux pour le faire et on fait confiance à la jeunesse pour prendre cette décision-là par elle-même».

Plus de détails à venir.
94 commentaires
  • Denis Hébert - Inscrit 5 avril 2012 10 h 23

    Tout

    ça pour ça???? Ce ne sont que des pinottes etce n'est pas ce que les étudiants demandent !!!

    • Rock Dumais - Inscrit 5 avril 2012 12 h 18

      Ah; vous croyez donc qu'il faut que le gouvernement (nous, les contribuables) leur donne ce qu'ils demandent.Ils n'int qu'à demander? y-a-t-il une limite à votre générosité? 85%, 90%? 95%? 110%?
      Votre générosité irait-elle jusqu'à subventionner un étudiant ou comptez-vous sur l'argent des autres ppour ce faire?

    • Pier-Luc Theberge - Inscrit 5 avril 2012 12 h 44

      Tiens, je vais appeller chez Revenu Québec, voir s'ils ne vont pas m'imposer cette année, vu que je suis étudiant à temps plein.

      Les étudiants SONT des travailleurs et le seront encore plus par la suite. D'ailleurs, selon un article paru dans La Presse cette semaine, il semble que les étudiants universitaires sont de loin les plus rentables pour l'impôts.

      Autrement dit, ces étudiants universitaires que vous considérez comme "les autres" vont financer votre retraite, payer votre CHSLD et vos soins hospitaliers.

      Comme vous voulez, quand ma génération sera au pouvoir, on coupera les services aux aînés, et on vous mettra à la rue, puisque c'est absurde de payer pour les autres.

      Vous me semblez beaucoup plus Dogmatique que Pragmatique.

    • Polo09 - Inscrit 5 avril 2012 13 h 09

      Dans les salaires des députés
      Dans les poches de leurs amis
      Dans les fonds de pension indécents des hauts fonctionnaire
      Dans le prix de l'incompétence étatique
      Dans la commission bastarache
      Dans toutes les commissions bidons
      Dans les contrats aux petits amis
      Dans la publicité gouvernemental inutile

      On pourrait en mettre des pages et des pages.
      Voila ou est l'argent
      Il y en a assez, c'est juste qu'on nous la vole !!!

    • Polo09 - Inscrit 5 avril 2012 13 h 27

      Pragmatisme

      Le pragmatisme est une méthode philosophique tournée vers le monde réel, parfois résumée comme une doctrine selon laquelle n'est vrai que ce qui fonctionne réellement

      Vous trouvez que ca fonctinne avec charest depuis 8 ans. Si oui vous devriez serieusement songé a changer vos lunettes

    • Carole Dionne - Inscrite 5 avril 2012 14 h 40

      Ah bon,

      Il faut donner aux étudiants ce qu'ils demandent. Eh, bien. Une nouvelle démocratie vient de s'installer

    • J. G. - Inscrite 5 avril 2012 16 h 25

      Vous me semblez plutôt mal informé M. Pragmatique puisque les étudiants ne demandent pas qu'on pige dans les poches des contribuables pour financer leur études, ils demandent que le gouvernement cesse de se désengager du financement de l'éducation en transférant les subventions qu'il y accorde à la recherche commercialisable, entre autres. Le fonds de recherche des universités, financé en grande partie par l'État, est passé de 117 millions $ à 1,3 milliards $ en l'espace d'à peine 20 ans. Tout ça pour que les grandes entreprises achètent de beaux brevets et s'enrichissent en vendant les produits issus de ces recherches. On ne demande donc pas PLUS d'argent, mais bien la réévaluation des priorités. Mais nous somme sous un gouvernement néolibéral et ses priorités, ce sont les entreprises, pas les citoyens. Et tant qu'à y être, puisque les étudiants sont et seront eux aussi des contribuables, c'est la hausse des droits de scolarité qui ira piger dans les poches des citoyens, pas les demandes des étudiants.

    • Gilles Lord - Inscrit 18 avril 2012 18 h 46

      Ce conflit ne se règle pas car le gouvernement Charest a décrété cette hausse en partie pour des raisons idéologiques et aussi répondre à des intérêts économiques privées.Comme dans tous les autres conflits(Suroît,Orford,Rabaska,Commission d'enquête sur la corruption,etc) il est prêt àtout pour vaincre et ne s'embarasse pas de détails.Il compte sur le pourrissement du conflit, la division et ne recule devant aucun chantage.En plus M.Charest en politicien retors n'hésite pas à diaboliser son opposant ,insinuant milles intentions,dissimulant les siennes et s'attachant à des points secondaires pour faire diversion, comme d'ailleurs il fait avec le président de la CLASSE qu'il accuse de refuser de condamner les violences.Celui-ci, par manque d'expérience, s'est laissé piéger après un parcours plutôt sans fautes.De son côté, M.Charest n'a pas dénoncé la force excessive des policiers exercée en maintes occasions.On peut aussi se demander si les méfaits causé au bureaux de ministres ont véritablements causés par des étudiants pro-gel.Mêmes les policiers ont été circonspects avant de préciser l'identité potentielle des suspects.Les incidents du métro , où on suppose qu'il existe plusieurs caméras de surveillance ,n'ont pas identifiés les auteurs des méfaits.Ces incidents tombent à point nommé pour pouvoir discréditer les étudiants en grève sans preuves qu'il n'aient été faits par des agents provocateurs à la solde d'agents du gouvernement.Rappelons-nous, que lorsque coinçé dans un litige publique, M.Charest peut devenir impitoyable et même hargneux à l'égard de ses adversaires, que ce soit Mme Marois ou les groupements d'étudiants pour qui il n'a pas beaucoup de respect.
      Les principaux groupes étudiants doivent être prêts à aller jusqu'au bout sinon ils perdront en double: la hausse et la reprise de leurs cours en plus de la période de travail qui leur aurait permis de payer leur prochaîne année.S'il perdent

  • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 5 avril 2012 10 h 26

    Broche à foin ou vraie solution?

    C'est là une solution de broche à foin qui coûterait plus cher à gérer que cela rapporterait.

    Et cela diminuerait d'autant le financement des universités déjà sous-financées.

    La vraie solution à court, moyen et surtout long terme est la gratuité scolaire pour tous les Québécois , ce qui serait un gage de notre développement futur.

    Cependant, des balises doivent être mises en place.

    1.- Les critères d’admission dans les programmes doivent être justes mais non laxistes.

    2.- Le nombre d’années pour terminer un programme doit être raisonnablement limité.

    3.- En entreprenant ses études, l’étudiant s’engage à rembourser à l’État le coût de ses études s’il quitte le Québec avant d’y avoir travaillé un certain nombre d’années, au prorata du nombres d’années.

    4.- Les frais de scolarité devraient être la totalité des coûts réels de cette scolarité pour les non-résidents qui viennent ici profiter de notre système pour s’en aller ailleurs ensuite.

    L’éducation gratuite pour tous les Québécois facilitera l’accès de tous les jeunes à l’éducation et sera la meilleure façon d’augmenter à moyen et long terme notre productivité et le PIB par habitant, ce qui profitera à toute la population, riches et pauvres confondus. Plus de gens auront de meilleurs emplois et de meilleurs salaires, les riches paieront plus d’impôt, et la richesse créée permettra d’améliorer le filet social pour les personnes à faibles revenus.

    • Jean-Marc Pigeon - Inscrit 5 avril 2012 11 h 40

      Tout a fait d'accord.

      J'ajouterais, si l'étudiant ne passe pas un cours,
      il paye pour le repasser (le cours est gratuit la première fois seulement).

    • Robert Devault - Inscrit 5 avril 2012 11 h 48

      En tout point conforme à mon opinion.

    • Louka Paradis - Inscrit 5 avril 2012 12 h 44

      Excellentes suggestions ! M. Saint-Arnaud. Beaucoup plus pertinentes que d'imposer des solutions dépassées qui lèsent une grande partie de la population et de faire semblant d'être ouvert (mais personne n'est dupe...)
      Mme Beauchamp et M. Bachand doivent refaire leurs devoirs : ils sont recalés...
      Louka Paradis, de Gatineau

    • Jean-Christophe Lavoie - Inscrit 5 avril 2012 12 h 51

      #3 Je ne suis pas tout à fait d'accord. On pourrait cependant y aller partiellement. Par exemple, l'étudiant paierait le coût pour les Canadiens non résident du Québec. (6000$/année, soit le deuxième plus élevé au Canada après l'Ontario).

      #4. C'est déjà le cas. Les étudiants étrangers paient en ce moment entre 15 et 18 000$ (les programmes de santé sont encore plus cher) par année pour étudier au Québec, c'est le montant le plus élevé au Canada. La part du gouvernement au Québec est en moyenne de 12 500$ (Radio-Canada) par étudiant, les étrangers paient cette différence.

    • Etienne01 - Inscrit 5 avril 2012 13 h 14

      Je suis vraiment d'accord avec vous Raymond et Jean-Marc.

      De rendre l'éducation gratuite pour tous et à tous les niveaux d'enseignement (primaire, secondaire, professionnel, collégial et universitaire) est tout simplement un choix de société et c'est le choix que nous devons faire. C'est le meilleur choix que peut faire une société en ce qui a trait à l'éducation.

      N'oubliez pas, c'est l'ignorance qui permet aux dictatures d'exister et plus une société est éduquée mieux elle se porte.

    • Brun Edith - Inscrit 5 avril 2012 15 h 40

      Tout à fait!

  • Sebas124 - Inscrit 5 avril 2012 10 h 27

    Donneur d'impression

    Ils essaient de donner l'impression qu'ils écoutent, qu'ils sont flexibles et qu'ils ont le contrôle...

    Un peu de lucidité svp. Nous avons besoin d'un vrai dialogue et je crois la proposition de la fédération des enseignants pleine de bon sens.

    Sébastien

  • Solange Bolduc - Inscrite 5 avril 2012 10 h 31

    Indécrotable, la Madame!

    Ce n'est pas un jeu les manifestations d'étudiants, c'est un mouvement visant à défendre des idées, et surtout qui refuse la hausse des frais de scolarité, et qui, par la même occasion, revendique le droit de s'exprimer en toute démocratie...

    Vous n'avez rien compris, mme Beauchamp: vous vous obstinez en disant que vous avez été à l'écoute des étudiants, et maintenant vouns ne proposez rien qui pourrait ressembler à un tout petit compromis...Et vous voudriez que le grève cesse ! Votre jugement porte à faux !

    Plus elle écoute, moins elle comprend, la Ministre! Elle prend vraiment les étudiants pour des ignorants ! Elle croit que les étudiants ont fait tout ce chemin pour récolter encore plus de mépris ?

    Indécrotable, la Madame!

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 5 avril 2012 12 h 53

      moi, elle m'a compris... ;o)

  • Fernand Lavigne - Abonné 5 avril 2012 10 h 35

    Un pas de plus à faire

    Le temps est maintenant venu de demander aux institutions d'enseignement d'ouvrir leurs portes et de livrer les services, lesquelles sont majoritairement payés par nos Impôts. Les absents ont tords, dit l'adage et trop d'étudiants sont privés de leurs choix.
    Fernand Lavigne

    • Roland Berger - Inscrit 5 avril 2012 11 h 41

      Autremenet dit, les droits individuels ne doivent pas être brimés par les droits collectifs. C'est susr cette base idéologique que le gouvernement fédéral du Canada refuse de reconnaître la spécificité du Québec autrement que par de belles paroles et des votes tordus à la Chambre des Communes. Bien oui, ce qu'on pense a des conséquences dans la vraie réalité réelle.
      Roland Berger