Beauchamp dénonce les «préjugés» que colporte Greenpeace

Dans une lettre ouverte adressée au Devoir, la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, accuse aujourd’hui Greenpeace de «répandre des préjugés» dans la population, notamment par la lettre ouverte que ce groupe environnemental lui a fait parvenir dans nos pages cette semaine à propos du problème des algues bleu-vert.

La lettre de la ministre Beauchamp, que nos lecteurs trouveront aujourd’hui en page Idées, récuse principalement deux accusations.
Il est faux de prétendre, précise Mme Beauchamp, que le gouvernement «a fermé le robinet» des études relatives à la contamination des cours d’eau par le phosphore. Elle cite une étude publiée par son ministère en 2005 qui dresse le bilan de ces apports dans les différents cours d’eau du Québec tout en départageant les principales sources. La ministre ne précise toutefois pas si un suivi de cette contamination a été réclamé auprès des services de son ministère afin de mesurer l’évolution du phénomène.

La ministre Beauchamp récuse une autre affirmation de la lettre ouverte de Greenpeace, qui affirmait que le bilan de la pollution «ferme par ferme» consistait à évaluer la pollution de chacune par un formulaire et par sondage téléphonique. Au contraire, insiste Mme Beauchamp, le ministère envoie ses inspecteurs sur le terrain afin de dresser le bilan de ces fermes et d’assurer un suivi de toutes celles qui dérogent aux normes.
Globalement, la ministre Beauchamp accuse Greenpeace de répandre des préjugés en mettant l’accent sur la pollution agricole, qui joue pourtant un rôle marginal dans des régions comme les Laurentides, pourtant aux prises avec le problème des algues bleu-vert. Greenpeace notait cependant dans sa lettre que la pollution agricole sévissait dans un nombre limité de bassins versants et non dans tous.
3 commentaires
  • Lise Jacques - Inscrite 31 août 2007 09 h 25

    Facile à dire...

    Il est bien facile de dire que le gouvernement fait ceci ou cela quand dans les faits il ne fait pas grand chose pour contrer cette pollution de nos cours d'eau. Il a été prouvé par différents groupes d'étude que nos pratiques agricoles et d'élevage principalement nos mégas porcheries sont à repenser si on veut améliorer la situation.

    Quand on y regarde de plus près on réalise effectivement que ce qu'avance Greenpeace est fondé, on peut lire tout un rapport sur la pollution de nos cours d'eau au Québec qui a été produit par l'organisme Eau Secours. Je fais plus confiance à des études indépendantes qu'à ce qu'essaie de nous faire croire le gouvernement libéral pour s'excuser de son inertie.


    Quelques exemples;

    - L'élevage du porc est fort polluant; la fabrication d'un kilo de viande produit 23 kilos de fumier. Lorsque cet engrais est répandu sur les terres, l'azote et le phosphore qu'il contient s'infiltrent et s'écoulent dans les rivières.

    - Les déjections produites par l'engraissement de 7,500 cochons pendant cinq mois représentent l'équivalent des eaux usées dans une ville de 80,000 habitants.

    - Chaque année, les fermes porcines laissent dans la nature neuf millions et demi de mètres cube de lisier, soit l'équivalent de quatre stades olympiques remplis.

    - Au Québec, plus du tiers des terres agricoles démontrent déjà des signes avant-coureurs de stérilité, nous dit Hugo Latulippe sans son fillm « Bacon », un documentaire qui jette un regard très critique sur les méthodes de l'industrie porcine et sur les politiques du gouvernement. C'est aussi une parabole pour dénoncer les ravages de la mondialisation, explique le cinéaste.


    Selon un rapport paru en janvier 2007 et qui fait le portrait de la situation de la production porcine au Québec, par le comité permanent de recherche et de sensibilisation de la coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau, la gestion liquide des déjections constitue un premier élément ayant un impact négatif sur la qualité de l'eau. De mauvaises pratiques d'épandage, couplées à des pratiques agricoles qui ne permettent pas de limiter l'érosion hydrique, provoquent le rejet dans les milieux aquatiques d'éléments tels le phosphore, et l'azote ainsi que le rejet de résidus de médicaments, de pesticides et de pathogènes.

    Selon ce même rapport, les normes de protection des bandes riveraines n'ont fait que diminuer au fil des ans et ce, même si toutes les recherches même tendent à démontrer leur efficacité pour la protection des cours d'eau et qu'elle soit de largeur suffisante. Au Québec, les cours d'eau ne sont pas suffisamment protégés au niveau de la mise en place de bandes riveraines en milieu agricole.

    L'impact sur la qualité de l'eau de l'usage des pesticides.

    « La contamination des cours d'eau par l'agriculture découle également de l'usage des pesticides. Puisque la production porcine est très liée à la culture du maïs (transgénique par surcroit) et que cette dernière constitue la culture consommant le plus de pesticides au Québec, il est nécessaire de considérer la question de l'impact sur la qualité de l'eau des pesticides utilisés en lien avec la production


    La protection des eaux souterraines

    Un règlement sur le captage des eaux souterraines a été adopté en 2002. L'article 27 vise plus spécifiquement la protection face à la l'épandage des déjections animales. Il précise qu'une municipalité peut interdire l'épandage des déjections animales, si lors de deux contrôles séparés d'un certain intervalle, la concentration en nitrates de l'eau excède 5mg/L. Les municipalités n'ont donc aucun pouvoir d'agir tant que cette concentration n'est pas atteinte. Autrement dit, elles ne peuvent intervenir pour protéger leur source d'eau potable avant que la moitié de la norme autorisée ne soit dépassée sur une période assez longue. Voilà une belle occasion ratée pour se prévaloir du principe de précaution!

    La Loi sur la qualité de l'environnement

    Les articles 31,1 et suivants de la Loi sur la qualité de l'environnement du Québec précisent les critères d'assujettissements des projets de production animale à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement. Ces critères devraient être revus puisque depuis 25 ans, aucun projet de production porcine n'a été examiné.

    Le manque d'imputabilité, de suivi et de contrôle

    Un autre élément qui intervient dans l'impact de la production porcine sur la qualité de l'eau est le manque de suivi, d'imputabilité et de contrôle de la part du gouvernement.
    La norme phosphore et les actions entreprises par le gouvernement en 2004 -2005 sont insuffisantes pour bien protéger l'eau. Ceci dit, non seulement sont -elles insuffisantes, mais en plus, il n'y a que peu de suivi et de contrôle relativement à leur application par les producteurs. Nous nous fions donc, pour protéger l'eau, à des normes insuffisantes dont le respect n'est pas assuré.

    Le suivi et le contrôle par les inspecteurs sont insuffisants pour plusieurs raisons. D'abord les budgets qui y sont consacrés sont trop faibles. Ensuite, le contrôle ne se fait souvent que par plainte du citoyen. Il y a également un laxisme de la part du gouvernement lorsque vient le temps de faire face à un exploitant qui ne respecte pas les normes et les règlements. Le gouvernement choisit plutôt de donner du temps au producteur et bien souvent, assure un suivi technique et financier, pour lui permettre de « s'adapter » à des normes déjà en vigueur.

    Par ailleurs, un autre élément vient s'ajouter au problème c'est celui de la responsabilité accrue donnée aux agronomes dans la détermination et le suivi du respect des quantités de phosphore pouvant être épandues sur une exploitation. Le gouvernement s'est dégagé de certaines ses responsabilités pour les remettre dans les mains d'agronomes dont le salaire est versé par l'exploitant. L'agronome a même la responsabilité de veiller à ce que celui qui le paie respecte les normes en vigueur. Il est bien évident qu'un agronome dans ces conditions, n'est pas dans une position ou il peut facilement garantir, à la place du gouvernement, le respect des normes en vigueur et, par conséquent, le respect de la qualité de l'environnement et de l'eau.

    AUTRES ÉLÉMENTS LIÉS À LA PRODUCTION PORCINE AU QUEBEC QUI ONT UN IMPACT NÉGATIF SUR L'EAU.

    Les politiques financières du MAPAQ et de la Financière agricole.

    La façon dont l'agriculture s'est modernisée et développée au Québec a été influencée de façon décisive par les programmes gouvernementaux de politique agricole. Il est donc légitime de penser que c'est également par le truchement des programmes gouvernementaux de politique agricole qu'il sera possible de modifier les modes de production actuels, par exemple, en influençant les producteurs, à l'aide de programmes de financement gouvernementaux, vers une agriculture plus diversifiée et des pratiques agricoles plus durables. Mais c'est tout le contraire qui se produit.

    On peut se demander pourquoi le gouvernement a choisi de financer l'adaptation des productions sur fumier liquide aux normes environnementales plutôt que la conversion vers des productions sur fumier solide dont les impacts environnementaux sont bien moins grands. Les programmes d'assurance récoltes et de soutien au revenu basent les compensations sur les volumes de production et ne portent aucune attention à la diversification des productions, la rotation des cultures, la préservation des bandes riveraines, etc. Et ils portent encore moins d'attention au soutien d'une agriculture biologique, alors que c'est la meilleure façon de protéger notre environnement. De plus, le demande est sans cesse grandissante. En fait, une grande proportion des produits biologiques achetés au Québec est importée, alors que nous exportons des porcs dont la production ruine notre environnement et notre eau!

  • Guy Fafard - Inscrit 31 août 2007 14 h 15

    forêt boréale, Greenpeace, Organisme à but non lucratif, Québec (province)

    Je réitère qu'il y a une différence entre les environnementaliste et les écolos (écologistes) de Greenpeace.

    L'environnementaliste situe l'homme dans la nature tel que Pierre Dansereau l'a touhours fait. Ce fut un des premiers si non le premier environnementaliste connu et reconnu. Pierre Dansereau a une approche globale ce que les écolos n'ont pas.

    Parmis les environnementalistes vous trouverez des ingénieurs de l'Hydro-Québec, des Architectes, des chercheurs, des universitaires en économie, des médecins et des savants.

    Chez les écolos, vous trouverez toutes sortes de farfelus en mal de publicité ou de subventions, des faiseurs d'image et des fanatiques qui comdannent le progrès sous une forme ou une autre. L'écolo va dire : "Économisez l'eau, n'arrosez pas vos fleurs etc."; mais il oublie que l'aqueduc perd 40% de son eau par des fuites faute d'entretien. L'écolo parle de l'économie d'électricité avec les ampoules spirales mais ne mentionne pas que celles-ci contiennet du mercure et qu'au moment ou elle va aux rebuts, elle pollue.

    Je ne nie pas que Greenpeace et les écolos aient une certaine valeur pour l'éveil populaire; mais les environnementalistes évaluent un ensemble complexe les où de nombreux effets secondaires entrent en ligne de compte. Le travailleur du bois, la disposition des matériaux utilisés, le bien être de l'homme sont à évaluer dans l'aventure dont nous se sommes qu'un maillon, un maillon pensant tout de même. Ce maillon doit se nourrir, se reproduire et polluer pour subsister. Par exemple si la population de phoque devient trop nombreuse, elle va absorber tout les petits poissons au détriment de l'homme.

    Notre environnementaliste par excellence, Pierre Dansereau nous l'a maintes fois démontré.

  • Chryst - Inscrit 4 septembre 2007 21 h 39

    Greenpeace est nécessaire

    Ingénieur forestier et écologue forestier de formation, j'ai déjà été membre de Greenpeace pour une courte période puis j'ai délaissé cet organisme, trouvant qu'il exagérait trop. Je le trouvais irréaliste sur la disparition appréhendée des espèces animales et végétales. Il en prévoyait un peu trop à mon goût. Raison du retrait de mon membership.

    Aujourd'hui, je comprends que l'objectif visé par l'organisme était d'infléchir le cours des choses.

    Le discours de la ministre Beauchamp n'est pas moins biaisé lorsqu'elle affirme qu'il y a plus de 200 000 lacs au Québec. Essaie-t-elle de noyer le poisson concernant le problème des algues-bleues. Ou bien est-elle tout simplement mal conseillée par ses hauts fonctionnaires.

    La ministre devrait plutôt faire la comparaison avec le territoire québécois comportant des algues bleues. Le tableau risquerait d'être plus sombre.

    Il est quasiment certain que les activités humaines y sont pour quelque chose. Le temps n'est plus à la rhétorique entre environnementalistes et écolos.

    S'ils étaient utilisés, les nouveaux outils informatiques pourraient faire des merveilles ne serais-ce que pour nous aider à préciser la ou les causes les plus vraisemblables de ce méga phénomène environnemental.

    Pour cela il faudrait que le nouveau président de notre ordre professionnel et notre employeur fassent preuve d'ouverture d'esprit.

    Cela ferait avancer le Québec face à l'utilisation des nouvelles technologies en aménagement forestier et du territoire.

    Cela pourrait aussi être profitable à la nouvelle ministre Beauchamp comme à son homologue des Ressources naturelles et de la Faune, voire même à d'autres ministres.