Changement de carrière pour quelques dizaines d'élus de l'ADQ

Comme plusieurs de ses nouveaux collègues, François Benjamin, un postier rural qui se double d’un ancien boucher, fera ses classes à l’Assemblée nationale lorsque Jean Charest convoquera les députés.
Photo: Comme plusieurs de ses nouveaux collègues, François Benjamin, un postier rural qui se double d’un ancien boucher, fera ses classes à l’Assemblée nationale lorsque Jean Charest convoquera les députés.

Un vent de changement a soufflé sur le Québec. Lundi soir, à la surprise générale, les électeurs ont en effet donné un ticket d'entrée à l'Assemblée nationale à 41 candidats de l'Action démocratique du Québec (ADQ) de Mario Dumont, dont plusieurs font leurs premiers pas en politique. Mais qui sont-ils? D'où viennent-ils? Et surtout que mangent-ils en hiver?

Une vingtaine de ces nouveaux députés proviennent du monde des affaires. Ainsi, la circonscription de Shefford est désormais représentée par l'adéquiste François Bonnardel, un entrepreneur de la région de Granby qui possède des franchises de Vitro-Plus et de Sweetburg Auto, commerces spécialisés dans le secteur automobile. Du côté de Lévis, Christian Lévesque, lui, fait dans la vitre avec sa compagnie Vitrerie Lévis.

À Portneuf, Raymond Francoeur va passer du monde des uniformes — il est actuellement directeur de Québec Linge — à la politique, alors que dans Montmagny-L'Islet Claude Roy va devoir s'éloigner pour un temps du concessionnaire Paquet Nissan, où il s'occupe des relations publiques, pour siéger à l'Assemblée.

Les agents immobiliers et conseillers financiers vont être bien représentés à Québec lors de la prochaine législature avec l'arrivée de cinq députés adéquistes issus de ce milieu: Ginette Grandmont (Masson), «propriétaire d'une franchise Re/Max», dit sa fiche personnelle sur le site de l'ADQ, Jean-François Roux (Arthabaska), gestionnaire d'immeubles résidentiels et commerciaux chez Headway, à Montréal, mais aussi Claude Morin (Beauce-Sud), Éric Lapointe (L'Assomption) et Hubert Benoît (Montmorency), spécialistes en finances personnelles et en prêts hypothécaires.

La nouvelle équipe adéquiste se compose également d'entrepreneurs et de travailleurs du secteur secondaire: un imprimeur, Richard Merlini, dans Chambly; un agent manufacturier spécialisé dans la robinetterie industrielle, Sébastien Schneeberger (Drummond); un transformateur de métal, Éric Charbonneau (Johnson); ainsi qu'un marchand de gaz industriels (hélium, argon et cie), André Riedl (Iberville).

Pour leurs questions d'ordre informatique, ils pourront certainement compter sur leurs collègues Éric Caire (La Peltrie), programmeur-analyste de son état, et Jean-François Gosselin (Jean-Lesage), cadre chez Harfan Technologies, une entreprise qui développe «des logiciels de gestion intégrée des infrastructures linéaires et ponctuelles [sic]», indique son portail sur le Web.

Profession: épicière

En plus d'une propriétaire de Provigo (Linda Lapointe, dans Groulx), d'un postier rural et ex-boucher (François Benjamin, dans Berthier) et d'un étudiant (Simon-Pierre Diamond, élu dans Marguerite d'Youville), l'opposition officielle formée désormais par l'ADQ va pouvoir aussi s'appuyer sur quelques avocats: Jean Norbert, élu dans Louis-Hébert, Pascal Beaupré (Joliette) et Catherine Morissette (Charlesbourg). Un enquêteur en matière de fraude au ministère du Revenu (Jean-François Therrien, de Terrebonne) est également du nombre.

Cette opposition se dote également d'une branche éducative ou didactique avec des nouveaux visages comme celui de Robert Deschamps (Saint-Maurice), ex-prof d'éducation physique et responsable de la sécurité des compétitions à la Fédération québécoise de canot long parcours, et Claude L'Écuyer (Saint-Hyacinthe), prof en droit administratif et négociation à l'école du Barreau. Pierre-Michel Auger (Champlain), du collège Laflèche, où il enseigne la gestion hôtelière, et François Desrochers (Mirabel), prof de géographie à l'école secondaire Jean-Jacques Rousseau, complètent le carré.

Enfin, mentionnons que si l'ensemble des députés adéquistes vont faire dans les prochains jours leurs premiers pas sur la scène politique, quelques-uns ont déjà des faits d'armes dans ce domaine. Sébastien Proulx, élu dans Trois-Rivières, est du nombre. Il est conseiller politique au cabinet de Mario Dumont depuis 2005. Lucie Leblanc (Deux-Montagnes), elle, a été mairesse de Sainte-Marthe, alors que Pierre Gingras (Blainville) a occupé les mêmes fonctions à Blainville.

Avec ses nouveaux collègues, l'ex-premier magistrat d'une ville du 450 va désormais, dans le cadre formel de l'Assemblée nationale, pouvoir s'adresser au «vrai monde» pour parler «des vraies affaires», comme le veulent les formules désormais consacrées par la campagne de leur chef.

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