Les candidats à la mairie de Montréal montrent les crocs

Les deux principaux candidats à la mairie de Montréal n’ont pas ménagé les critiques lors des premiers jours de la campagne électorale.
Photo: Jean-Louis Bordeleau Le Devoir Les deux principaux candidats à la mairie de Montréal n’ont pas ménagé les critiques lors des premiers jours de la campagne électorale.

Les deux premiers candidats à la mairie de Montréal ouvrent les hostilités. Quelques jours après le déclenchement des élections municipales, Valérie Plante et Denis Coderre ont chacun décoché plusieurs flèches vers leur adversaire lors de rassemblements militants.

« On ne peut pas gouverner une ville en changeant d’idée comme on change de chemise », a lancé mercredi soir Valérie Plante devant un parterre de 200 partisans au Club Soda. « Quand mon adversaire rencontre un cycliste, il lui promet plus de pistes cyclables. Quand il rencontre un automobiliste, il lui promet plus de stationnements et moins de pistes cyclables. Quand il rencontre un écologiste, il lui promet plus d’espaces verts. Quand il rencontre un promoteur, il lui promet des tours plus hautes que le mont Royal. Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas crédible. »

Non sans établir ses priorités et vanter ses 103 candidats — dont 61 femmes —, la mairesse a taclé son adversaire à plusieurs reprises lors de son discours. « À notre arrivée, le logement ce n’était pas une priorité. On a été la première administration à investir autant en matière d’habitation. L’administration précédente n’y avait presque pas consacré d’argent ou d’énergie », a-t-elle soutenu.

Denis Coderre organisait quelques jours plus tôt une soirée similaire avec ses militants au cinéma Impérial. « La politique des fausses consultations, des décisions qui se prennent pour favoriser un groupe au détriment d’un autre et des projets mal ficelés doivent devenir chose du passé », avait alors déclaré le chef d’Ensemble Montréal.

La veille, il tenait une conférence de presse pour critiquer le bilan de l’administration Plante. « Beaucoup de promesses, mais peu de réalisations », a-t-il dit, entouré de quelques candidats.

« L’administration de madame Plante en matière de sécurité publique démontre de manière flagrante son incompétence, son manque de leadership et son hypocrisie », a pourfendu Abdelhaq Sari, porte-parole en matière de sécurité publique. « […] Cette administration-là, pour des raisons électoralistes, change de discours. On parle d’hypocrisie quand on met dans nos rangs un candidat qui est fervent partisan du désarmement et du définancement de la police. »

« Dépenser autant, mentir autant, sans qu’il y ait d’augmentation extraordinaire des services, c’est une démonstration d’un échec de gestion des finances publiques », a attaqué Guillaume Lavoie, le représentant aux finances.

Le règlement « 20 / 20 / 20 » encadrant la construction résidentielle a aussi subi les foudres de la candidate Karine Boivin Roy. « C’est un règlement qui aura pour conséquence d’augmenter le prix de l’habitation en poussant les promoteurs à se tourner vers la banlieue et d’accélérer l’étalement urbain. »

Denis Coderre a conclu en laissant entendre que d’autres critiques suivront durant cette campagne. « On ne fait pas peur au monde. On dit, voici la situation. Et voici comment on doit la régler. »

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