Montréal ajoute 42 policiers pour lutter contre la violence par armes à feu

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, ont annoncé dimanche l’embauche de 42 nouveaux policiers pour combattre le trafic d’armes.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, ont annoncé dimanche l’embauche de 42 nouveaux policiers pour combattre le trafic d’armes.

Des fusillades plombent chaque semaine la quiétude de Montréal. Des gangs criminalisés s’affrontent en pleine rue, et la Ville tente de riposter en débloquant 5,5 millions de dollars pour lutter contre ce fléau.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, ont promis dimanche d’embaucher 42 nouveaux policiers pour combattre le trafic d’armes.

De ce nombre, 14 agents travailleront aux enquêtes criminelles et 28 se joindront à l’escouade antigang Éclipse. Ces renforts seront déployés sur le territoire de Montréal d’ici la fin de l’année. « Vous allez nous trouver sur votre chemin », a lancé la mairesse au moment de l’annonce.

Ces nouveaux policiers deviennent « nécessaires et essentiels » pour s’attaquer à la violence, selon Sylvain Caron. Le SPVM procède chaque jour à des arrestations en lien avec des armes à feu, dit-il, et pourtant, jamais autant de fusils n’ont circulé à Montréal.

En répartissant ces nouveaux agents dans différentes divisions, le SPVM pourra s’attaquer à un problème aux différentes causes, explique Sylvain Caron au Devoir. « Il y a des conflits internes et des conflits entre gangs. Il y a les territoires de stupéfiants. Il y a du proxénétisme. C’est difficile de cibler le bon motif pour lequel ça se passe, selon qui est impliqué. »

Ces renforts prêteront aussi main-forte à l’escouade ELTA. Mise sur pied en début d’année pour lutter spécifiquement contre le trafic d’armes dans la métropole, l’équipe d’une quarantaine de personnes a permis au SPVM de confisquer plus de 350 armes depuis son entrée en fonction.

La mairesse a par ailleurs profité de la tribune pour réitérer ses demandes au fédéral en cette période électorale. « Ça nous prend du leadership » pour contrôler l’entrée au pays d’armes des États-Unis et pour interdire la possession privée d’armes de poing et d’assaut, a-t-elle affirmé.  « J’espère qu’il va y avoir du courage pour s’attaquer au problème. »

« Trop peu trop tard », critique l’opposition

Les représentants de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville doutent de cette annonce qu’ils considèrent comme un « show de boucane ».

« Ça ne nous rassure pas du tout, parce que c’est une annonce qui vient trop tard et que c’est trop peu », estime Abdelhaq Sari, porte-parole en matière de sécurité pour Ensemble Montréal. « Ce n’est pas demain matin qu’on va voir ces effectifs sur le terrain. Je pense que c’était une annonce tout simplement électoraliste », a-t-il critiqué en marge de la conférence de presse. « On demande depuis 200 jours que cet effectif-là soit sur place. »

« Une des belles caractéristiques de Montréal, c’est que c’était une ville sécuritaire, une ville paisible », ajoute Karine Boivin-Roy, leader de l’opposition officielle. « On se distinguait des grandes métropoles dans ce sens-là. Et là, malheureusement, les Montréalais ont peur. Les Montréalais sont préoccupés. »

Deux nouvelles fusillades

La métropole québécoise a été le théâtre de deux nouvelles fusillades dans la nuit de samedi à dimanche.

Vers 23 h, à l’angle de l’avenue Émile-Journault et de la 2e Avenue dans le quartier Saint-Michel, des tirs ont atteint un homme de 18 ans. On ne craint pas pour la vie de la victime malgré de graves blessures.

Dans les minutes qui ont suivi, les policiers ont intercepté deux véhicules et procédé à l’arrestation de 7 personnes, âgées de 19 à 40 ans.

D’autres coups de feu ont retenti quelques heures plus tard, cette fois dans le quartier de Lachine. Vers 3 h 30 du matin, les policiers ont été dépêchés dans le secteur et ont pu constater des impacts de balles sur un véhicule stationné et sur un immeuble. Aucune victime ni aucun suspect n’ont été identifiés dans ce dossier.

La police dispose pour l’instant de « très peu d’informations » sur cette énième décharge d’armes à feu à Montréal, selon le porte-parole du SPVM, Raphaël Bergeron.

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