Marvin Rotrand quitte la vie politique

Marvin Rotrand siège à l’hôtel de ville de façon continue depuis 1982.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marvin Rotrand siège à l’hôtel de ville de façon continue depuis 1982.

Le doyen de l’hôtel de ville de Montréal quittera la vie politique au terme de son mandat en novembre. Marvin Rotrand prendra sa retraite après avoir siégé pendant 39 ans comme conseiller municipal dans Côte-des-Neiges — Notre-Dame-de-Grâce. Mais d’ici les élections, il rejoindra les rangs d’Ensemble Montréal à l’invitation de Denis Coderre.

L’élu a confirmé son départ de l’hôtel de ville mercredi matin en compagnie du chef d’Ensemble Montréal et candidat à la mairie de Montréal, Denis Coderre, à qui il accorde son appui en prévision du scrutin de l’automne. « Ce fut une décision un peu difficile. J’ai maintenant 70 ans et je suis grand-père pour la première fois. Ma petite-fille habite à 15 000 kilomètres de Montréal », a-t-il expliqué. Marvin Rotrand croit que ses électeurs lui auraient confié un 11e mandat s’il n’avait pas décidé de « tourner la page ».

« Je ne vais pas disparaître », a toutefois indiqué M. Rotrand qui entend continuer de s’exprimer sur les grands enjeux qui lui tiennent à cœur comme la diversité culturelle et les enjeux de démocratie. « Il y a beaucoup de choses à faire à l’extérieur du conseil. Je vais travailler avec les groupes communautaires de Snowdon et de Côte-des-Neiges. »

Le conseiller de Snowdon estime que Denis Coderre, avec qui il a eu plusieurs discussions depuis huit mois, propose une équipe de candidats et candidates qui représentent bien la diversité montréalaise. « Ça va être l’équipe qui va être la plus diversifiée », dit-il.

Denis Coderre a d’ailleurs invité le vétéran de l’hôtel de ville à rejoindre le caucus de son parti jusqu’à la fin de son mandat. « On a eu beaucoup de discussions ensemble. Marvin est une inspiration de tout instant. […] Il a toujours protégé l’intérêt de la démocratie », a soutenu l’ex-maire. « On a souvent cassé du sucre sur le dos des soi-disant politiciens professionnels. Marvin n’est pas un politicien professionnel ; Marvin a la vocation. »

Le RCM

Marvin Rotrand siège à l’hôtel de ville de façon continue depuis 1982. Il avait été élu pour la première fois en 1982 avec le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) alors que Jean Drapeau était au pouvoir. Au moment des fusions municipales en 2001, il faisait partie de l’équipe du maire Gérald Tremblay. Il a notamment assumé les fonctions de leader de la majorité au conseil municipal, avant de quitter cette formation politique en novembre 2012, à la suite de la démission de M. Tremblay. En novembre 2013, il avait été réélu sous la bannière de Coalition Montréal, un parti dirigé par Marcel Côté.

Quand il est devenu chef de ce parti en 2017, Denis Coderre l’a démis de ses fonctions de vice-président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM), poste qu’il occupait depuis 16 ans. Mercredi, Marvin Rotrand a soutenu que cet épisode appartenait au passé. « On avait des différends parfois, mais il [Denis Coderre] est un bon administrateur », a-t-il fait valoir. « Notre incapacité de trouver une façon de travailler ensemble a laissé la porte ouverte à Projet Montréal. Beaucoup de mes électeurs ont voté pour Projet Montréal [en 2017|. Ils me disent maintenant que c’était une erreur monumentale et ils veulent revenir en arrière. »

En novembre dernier, la conseillère de Projet Montréal Cathy Wong avait créé un malaise en laissant entendre que les élus comme Marvin Rotrand, qui « s’accrochent » à leur poste d’élu, nuisaient à l’élection de candidats de la diversité au conseil municipal. Marvin Rotrand ne lui en garde pas rancune. « Cathy a été un peu dure avec moi, mais je ne la blâme pas. Je blâme Projet Montréal. C’était la stratégie du parti. Elle n’est pas comme ça. »

Changer la culture politique

Marvin Rotrand estime avoir contribué à la démocratisation de l’hôtel de ville et à l’accès des citoyens aux instances de la Ville. « Quand je suis arrivé en politique en 1982, le conseil municipal était 100 % blanc », a-t-il rappelé. « Nous avons travaillé pour que le conseil reflète mieux la réalité. […] J’étais avec Jean Doré pour changer la culture politique de Montréal. Nous avons changé l’institution en donnant aux citoyens le droit de poser des questions au conseil municipal, en créant les commissions et en permettant aux citoyens d’influencer les prises de décisions. »

Ensemble Montréal n’a pas encore choisi de candidat pour briguer le poste de conseiller dans Snowdon. C’est l’actuel conseiller d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, qui tentera de se faire élire à la mairie de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, un arrondissement qui a souvent fait les manchettes au cours des derniers mois en raison du litige entre la mairesse de l’arrondissement, Sue Montgomery, et l’administration de Valérie Plante. « Les citoyens veulent que cette saga prenne fin. Ils veulent que leurs élus se concentrent sur les enjeux importants, dans le meilleur intérêt des citoyens », a-t-il expliqué en disant espérer remettre l’arrondissement « sur les rails » après les élections de l’automne.

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