Vers une ouverture des terrasses le 1er juin?

Selon le directeur général du Montréal centre-ville, Glenn Castanheira, les terrasses seront essentielles pour générer de l’achalandage dans le centre-ville.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Selon le directeur général du Montréal centre-ville, Glenn Castanheira, les terrasses seront essentielles pour générer de l’achalandage dans le centre-ville.

Les propriétaires de restaurants et de bars ont accueilli avec enthousiasme le soutien de la mairesse de Montréal à une réouverture des terrasses le 1er juin.

Valérie Plante a soutenu jeudi que la Ville était en négociations avec le gouvernement du Québec et la Santé publique à ce sujet. « Étant donné que les restaurateurs ont besoin de prévisibilité, et on s’entend, ils ont bien besoin d’oxygène et d’argent, est-ce qu’on pourrait envisager le 1er juin ? Si, bien sûr, les conditions le permettent », a-t-elle expliqué, ajoutant que la situation sanitaire actuelle est encourageante.

En début d’après-midi, le ministre Christian Dubé a cependant prêché la prudence. « Il y a plusieurs politiciens [municipaux] qui sont en campagne électorale cette année. C’est plus facile de donner des poignées de mains sur des terrasses que dans une pièce fermée. Mais moi, je dirais : soyons prudents en ce moment sur les engagements qu’il faut prendre, a-t-il plaidé. Je dis à tous les politiciens de rester tranquilles jusqu’à ce qu’on ait notre plan de relance. »

Les propriétaires de restaurants et de bars, de leur côté, ont apprécié la sortie de la mairesse. « On attend cette nouvelle depuis le mois d’octobre, quand on a été obligés de fermer », souligne le président de la Nouvelle Association des Bars du Québec, Pierre Thibault, aussi copropriétaire de la Taverne Saint-Sacrement.

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« Mme Plante a démontré beaucoup de compassion pour les difficultés vécues par notre secteur, a quant à lui déclaré le porte-parole de l’Association Restauration Québec, François Meunier. C’est une manière d’appuyer ce qu’on demande, car on ne peut pas rester fermés encore longtemps. »

Copropriétaire de la Brasserie Boswell, sur l’avenue Mont-Royal, Nicolas Paquet souhaite une confirmation de la date de réouverture le plus rapidement possible. « Plus on le sait d’avance, plus ce sera possible pour nous de recruter et de former du personnel. On a coupé plus de 75 % de notre main-d’œuvre et les gens ne vont pas revenir nécessairement », a-t-il affirmé.

Un calendrier et des règles claires pour le reste de l’été seront tout aussi importants. « Est-ce que ça sera juste les terrasses tout l’été ou on va avoir une réouverture graduelle de nos salles à manger ? Va-t-on pouvoir ouvrir seulement à 50 % de notre capacité d’accueil ? Si c’est juste les terrasses, c’est mieux que rien, mais ça va demander extraflexibilité et débrouillardise. S’il pleut et que des gens sont sur la terrasse, est-ce qu’on les empêche de rentrer ? Est-ce qu’on les rembourse ? », a soulevé M. Paquet.

Essentiel pour le centre-ville

Selon le directeur général du Montréal centre-ville, Glenn Castanheira, les terrasses seront essentielles pour générer de l’achalandage dans le centre-ville. « L’ouverture des terrasses est synonyme d’un pseudoretour à la normalité », décrit-il. Il précise qu’environ 250 terrasses devraient ouvrir sur les rues et les trottoirs cet été, soit une cinquantaine de plus que l’an dernier. Le fait que les permis soient maintenant pratiquement gratuits, au lieu de coûter des milliers de dollars, ne serait pas étranger à cet engouement.

Par ailleurs, la Ville doit annoncer vendredi un nouvel investissement pour soutenir les restaurants et les bars. « On a besoin de subventions pour nous permettre de fonctionner durant les premiers mois, souligne Pierre Thibault. Si les heures d’ouverture sont restreintes et qu’on peut remplir 50 % de notre salle, on a besoin de 50 % de liquidités supplémentaires pour assumer les coûts fixes. »

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