Le SPVM s’oppose à l’idée de désarmer certains policiers

Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’oppose à la proposition de Projet Montréal de désarmer certains policiers. En entrevue au Devoir, le porte-parole du directeur Sylvain Caron soutient que priver les policiers de leur arme compromet leur sécurité.

« Le SPVM est contre l’idée de désarmer les policiers. C’est clair que, lorsqu’on parle de sécurité publique, c’est un enjeu de société, mais on croit que le désarmement n’est pas une solution valable. Il y a d’autres choses qui peuvent être faites plutôt que de penser au désarmement des policiers », a indiqué au Devoir David Shane, porte-parole et conseiller au cabinet du directeur du SPVM Sylvain Caron.

M. Shane soutient qu’il s’agit d’un enjeu de sécurité pour les policiers. « Être policier, c’est une fonction particulière. Même si on a des fonctions liées par exemple à la circulation ou aux relations avec les citoyens, en une fraction de seconde, notre rôle peut changer, et il est attendu de devoir intervenir », a-t-il fait valoir.

Selon lui, le port d’arme pour les policiers s’inscrit dans un contexte canadien et nord-américain : « Dans nos traditions, les policiers sont armés pour jouer leur rôle et, lors d’une situation de crise, défendre les citoyens ou leur propre vie et sécurité. »

Réunis en congrès dimanche, les membres de Projet Montréal ont donné leur aval à une proposition suggérant de désarmer certains policiers. Les militants ont aussi proposé la mise en place d’un projet-pilote à cet effet, en collaboration avec le SPVM.

Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francœur, dénonce lui aussi la position du Projet Montréal. « Projet Montréal a tenu [dimanche] des débats à huis clos ayant abouti à une résolution préconisant le désarmement de policiers et de policières, le tout, sans égard au contexte de Montréal qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres d’une frontière poreuse au-delà de laquelle l’on retrouve le plus grand réservoir d’armes à feu de la planète », a souligné M. Francœur dans un message envoyé aux membres de la Fraternité lundi. « Des armes qui, lors de la dernière année, ont provoqué une flambée de violence urbaine. »

Le président de la Fraternité souligne au passage que les membres de Projet Montréal ont aussi approuvé une proposition visant à revoir le financement du SPVM afin de privilégier une approche communautaire. Cette orientation laisse « craindre que les idéologies provoquent la dégradation de la sécurité publique de la métropole », déplore M. Francœur.

Yves Francœur a donc demandé aux avocats de la Fraternité de se saisir du dossier, qui soulève selon lui des questions de santé et de sécurité au travail, compte tenu de l’augmentation du nombre d’armes de poing en circulation. « Toute approche susceptible de mettre en danger ses membres ou les citoyens ou citoyennes fera l’objet de la plus grande attention de la part de la Fraternité », prévient M. Francœur.

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