Montréal acquiert 140 hectares pour le Grand parc de l’Ouest

L’embouchure de la rivière à l’Orme, qui se déverse dans le lac des Deux Montagnes, fait partie du projet du Grand parc de l’Ouest.
Photo: Denis Tremblay Ville de Montréal L’embouchure de la rivière à l’Orme, qui se déverse dans le lac des Deux Montagnes, fait partie du projet du Grand parc de l’Ouest.

La création du Grand parc de l’Ouest vient de franchir une étape importante. La Ville de Montréal s’est entendue avec le promoteur Grilli Développement afin d’acquérir un vaste terrain de 140 hectares dans Pierrefonds-Ouest au coût de 73 millions de dollars dans le périmètre du futur parc.

« C’est une pièce maîtresse du Grand parc de l’Ouest », a dit Valérie Plante jeudi, qualifiant d’« historique » cette acquisition.

Grilli Développement est l’un des cinq grands propriétaires qui projetaient depuis 14 ans de réaliser un projet immobilier dans Pierrefonds-Ouest. Baptisé Cap Nature, ce nouveau quartier devait comporter 5500 logements.

En campagne électorale en 2017, Valérie Plante avait toutefois fait savoir que, si Projet Montréal était porté au pouvoir, son administration créerait un parc urbain sur ces terrains. Une fois élue, elle a gardé le cap sur le projet.

Voyez où se trouvent les 140 hectares acquis pour le projet du Grand Parc de l’Ouest:


En août dernier, la Ville a dévoilé les limites du grand parc de 3000 hectares qui englobera plusieurs parcs-nature, dont celui de l’Anse-à-l’Orme, mais également les terrains appartenant à cinq promoteurs immobiliers de Pierrefonds-Ouest.

Trois des cinq promoteurs, soit Développements Pierrefonds, les Immeubles L’Équerre et Quartier de l’Ouest de l’Île, se sont tournés vers les tribunaux pour déposer une poursuite de 178 millions contre la Ville et la mairesse Plante, alléguant être victimes d’une « expropriation déguisée ». Les procédures suivent leur cours.

Urgence climatique

Grilli a préféré négocier avec la Ville. La transaction de 73 millions, montant auquel s’ajoutent les taxes, a été entérinée mercredi.

Les terrains cédés à la Ville ont une superficie de 140 hectares, soit l’équivalent de 192 terrains de soccer, ce qui correspond à environ les deux tiers du projet Cap Nature, selon la Ville.

« Il s’agit d’un geste historique », a dit la mairesse en insistant sur l’importance de poser des gestes forts dans le contexte de l’urgence climatique. « Il se peut qu’il y ait des critiques de gens qui disent que c’est beaucoup d’argent pour acheter du vert, des arbres et des terrains vacants. Mais c’est un investissement, un legs. »

Au cours des derniers mois, la Ville a fait l’acquisition de plusieurs terrains dans le périmètre du futur parc, dont 9,8 hectares dans Sainte-Anne-de-Bellevue et 24,7 hectares dans L’Île-Bizard. Plus tôt cette semaine, la Ville a même reçu en don un terrain de 2500 mètres carrés dans Pierrefonds-Ouest. « En cinq mois, notre administration a acquis plus de milieux naturels que dans les quinze dernières années », a souligné Valérie Plante.

Reste à voir si les trois propriétaires de Pierrefonds-Ouest en litige avec la Ville seront prêts à reprendre le dialogue avec la Ville. « Nous, on est toujours prêts à écouter », s’est contentée de dire la mairesse.

Il n’a pas été possible, jeudi, d’obtenir les commentaires de l’avocat des trois propriétaires.

Mme Plante a précisé que 29 des 73 millions requis pour la transaction proviendront du financement de 50 millions accordé par le gouvernement fédéral pour des infrastructures vertes. La Ville assumera la différence.

« Dans notre budget, on avait prévu un montant de 100 millions pour les acquisitions », a rappelé la mairesse. Une somme de 13 millions sera consacrée à des aménagements.

Consultations

Des consultations seront menées au début de 2020 afin de sonder les citoyens au sujet des aménagements à venir.

À ceux qui pourraient se plaindre de voir l’ouest de l’île privilégié par rapport à l’est de l’île, la mairesse a rappelé que les terrains acquis dans Pierrefonds étaient des milieux naturels ne nécessitant pas de travaux de décontamination. « On a un souhait de développer des espaces verts pour toute l’île de Montréal. Toutes les occasions vont être saisies, je peux vous l’assurer. »

Présente à l’hôtel de ville jeudi, Sylvia Oljemark, de la Coalition verte, était enchantée de l’annonce faite par la mairesse.

« On a cette vision pour un parc depuis plus de 30 ans », a dit cette militante de longue date. Elle a confiance que tout le site de Pierrefonds-Ouest, qui était auparavant destiné à du développement immobilier, pourra être protégé. « Je pense que ça illustre ce que Mme Plante et son équipe pourront faire dans le futur pour toute l’île de Montréal. »