Un groupe de défense des locataires s’inquiète de la gentrification de Parc-Extension

La notion de «logements abordables» évoquée par le promoteur ne rassure pas le Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), qui milite depuis des années pour la construction de logements sociaux dans le quartier.
Photo: Groupe Montoni La notion de «logements abordables» évoquée par le promoteur ne rassure pas le Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), qui milite depuis des années pour la construction de logements sociaux dans le quartier.

Le terrain du 495, avenue Beaumont, dans Parc-Extension, ne comportera pas de logements sociaux, déplore un organisme de défense des locataires qui s’inquiète de la gentrification du quartier. Le terrain que la Ville de Montréal avait tenté d’acheter pour y installer des logements sociaux est maintenant la propriété du Groupe Montoni. Le promoteur entend construire des logements locatifs et il assure que ceux-ci seront « abordables ».

Le projet prévoit la construction de 113 logements qui seront mis en location avec, au rez-de-chaussée, des espaces commerciaux et un local communautaire. L’immeuble sera doté d’une cour intérieure et de jardins communautaires. De plus, 20 % des logements comporteront trois chambres et plus, pour les familles.

Bien qu’il ne s’agisse pas de logements sociaux, Marc-André Fullum, directeur urbanisme et développement stratégique au Groupe Montoni, assure que les prix s’apparenteront à ceux de logements abordables. En entrevue au Devoir, il n’a cependant pas pu les préciser. « On n’est pas encore rendus à l’étape des coûts. Mais on va être proche des prix des logements abordables. »

Les nouveaux logements pourraient être prêts pour juillet 2020.

Gentrification ?

La notion de « logements abordables » évoquée par le promoteur ne rassure pas le Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), qui milite depuis des années pour la construction de logements sociaux dans ce quartier montréalais qui montre des signes de gentrification.

Rappelons qu’en 2016, la Ville avait tenté de mettre la main sur le terrain du 495, avenue Beaumont afin d’y construire 125 logements sociaux. Il lui a échappé, car son offre de 4,25 millions était inférieure à celle du Groupe Montoni.

Organisatrice communautaire au Comité d’action de Parc-Extension, Amy Darwish a assisté à la rencontre organisée par le promoteur mercredi soir pour présenter son projet aux citoyens. Elle doute que les familles modestes pourront accéder à ces logements. « Ils nous ont donné des réponses évasives au sujet du prix des loyers », indique-t-elle. « Si ce projet se réalise, ce sera un autre projet gentrificateur sur l’avenue Beaumont. »

On n’est pas encore rendus à l’étape des coûts. Mais on va être proche des prix des logements abordables.

Les besoins en logements abordables sont grands dans Parc-Extension, quartier qui attire de plus en plus de promoteurs. Le CAPE soutient que, jusqu’à maintenant, seulement 54 des 225 logements sociaux prévus par la Ville de Montréal ont été livrés.

Marc-André Fullum fait valoir que Montoni travaille déjà sur un projet de logements sociaux dans ce secteur et qu’il a amorcé des discussions avec l’organisme Hapopex, qui gère ce type d’habitation.

La conseillère de Parc-Extension, Mary Deros, se dit plutôt optimiste à l’égard du futur immeuble. La cour intérieure et les grands logements pour les familles sont des atouts, selon elle. « Il y a un manque de logements locatifs dans le quartier », souligne-t-elle.

Le flou entourant le prix des futurs logements ne l’inquiète pas. De toute façon, on ignore quels seront les prix courants sur le marché au moment où les appartements seront prêts, dit-elle.

Rappelons que le nouveau règlement pour l’inclusion de logements sociaux de l’administration Plante n’entrera en vigueur qu’en 2021.