Valérie Plante réitère sa confiance envers Benoit Dorais

L’opposition à l’Hôtel de Ville estime que Benoit Dorais, que l'on voit ici à l’assermentation de la mairesse Valérie Plante en novembre 2017, devrait démissionner de son poste.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’opposition à l’Hôtel de Ville estime que Benoit Dorais, que l'on voit ici à l’assermentation de la mairesse Valérie Plante en novembre 2017, devrait démissionner de son poste.

Bien qu’il ait été pincé par les policiers à rouler à 171 km/h sur une autoroute au printemps dernier, Benoit Dorais a toute la confiance de la mairesse Valérie Plante. L’opposition juge pour sa part que l’élu n’a plus la crédibilité pour occuper les fonctions de président du comité exécutif et l’invite à démissionner de son poste.

« M. Dorais regrette ces agissements et, à l’instar de tout citoyen, fait face aux conséquences de ses actes », a indiqué lundi Laurence Houde-Roy, attachée de presse au cabinet de la mairesse. « Toutefois, ceci ne remet pas en question la qualité de son travail. Benoit Dorais est un élu travaillant, rigoureux, présent pour l’administration et sa crédibilité n’est pas remise en question. »

La semaine dernière, Le Journal de Montréal révélait que le numéro 2 de l’administration Plante avait écopé d’une amende de 1378 $ et de 14 points d’inaptitude après avoir roulé à 171 km / heure sur l’autoroute 35, près de Saint-Alexandre, le 21 avril dernier. Son permis de conduire a également été suspendu pendant 7 jours.

M. Dorais n’en était pas à sa première infraction, a aussi rapporté Le Journal de Montréal. Entre 1995 et 2017, il a été interpellé pour excès de vitesse à huit reprises, dont trois fois depuis 2009, année de son accession au poste de maire de l’arrondissement du Sud-Ouest. Il avait alors conduit à des vitesses dépassant de 16 à 39 km/h la limite permise.

Crédibilité ébranlée ?

L’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal, qui reproche à l’administration d’avoir gardé le silence sur cette affaire trop longtemps, estime que Benoit Dorais devrait démissionner de son poste. Rouler à une telle vitesse met la vie d’autrui en danger, a souligné Lionel Perez. « 71 km/h au-dessus de la limite légale, ce n’est pas banal. Ça montre un manque de jugement très grave de la part de M. Dorais », insiste Lionel Perez. « En tant que président du comité exécutif, il doit avoir une certaine autorité morale. Avec cet incident, il l’a perdue. »

« La prochaine fois qu’il va parler d’augmentation de contraventions dans ce budget, on va se mettre à rigoler. Il n’a aucune crédibilité », a poursuivi le chef de l’opposition. « Et quand Projet Montréal va dire qu’il faut réduire les vitesses, qu’il faut plus de pistes cyclables et donner moins de place aux véhicules, ils n’auront pas de crédibilité parce qu’on va toujours avoir ça en arrière-plan. »

Lionel Perez estime cependant qu’il faut faire une distinction entre la présidence du comité exécutif, qui requiert une autorité morale pour parler de divers enjeux au nom de l’administration et de la Ville de Montréal, et le poste de maire d’arrondissement. C’est pourquoi il ne réclame pas sa démission comme maire du Sud-Ouest.

Vendredi dernier, le conseiller indépendant Marvin Rotrand avait pressé Benoit Dorais de démissionner de ses fonctions d’élu. « Benoit Dorais a fait preuve d’un grand manque de jugement. Quelqu’un aurait pu facilement être tué », a-t-il indiqué dans un courriel. S’il ne le fait pas, il devrait au moins quitter Projet Montréal, siéger comme indépendant et ne plus occuper de fonctions au comité exécutif, a-t-il ajouté.

Maire du Sud-Ouest depuis 2009, Benoit Dorais avait d’abord été élu sous la bannière de Vision Montréal. Courtisé par le parti de Denis Coderre, il avait préféré rejoindre les rangs de Projet Montréal au printemps 2017 en prévision de la campagne électorale. À quelques jours du scrutin, Valérie Plante avait fait savoir que Benoit Dorais deviendrait président du comité exécutif si son équipe était portée au pouvoir.

En soirée lundi, la conseillère du Vieux-Rosemont et membre de Projet Montréal, Christine Gosselin, a dénoncé le comportement de Benoit Dorais qui, la semaine dernière, avait qualifié d’« erreur » son excès de vitesse.

« Une erreur sur l'autoroute, c'est quand tu te trompes de sortie. Des excès de vitesse à répétition, et surtout un excès de vitesse qui dépasse de loin tout ce que toute personne pressée a pu connaître dans sa vie, c'est un comportement à risque qui met en danger la vie des autres », a écrit Christine Gosselin sur sa page Facebook. « Le nier constitue un autre problème distinct et tout aussi grave, c'est nier sa propre responsabilité et nier qu'il existe là un problème. Qu'on se sorte la tête du sable. »