L’inspectrice générale de Montréal résilie deux contrats de déneigement bâclé

Selon l'enquête de l’inspectrice générale de la Ville de Montréal, des centaines de voyages étaient à moitié pleins.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon l'enquête de l’inspectrice générale de la Ville de Montréal, des centaines de voyages étaient à moitié pleins.

L’inspectrice générale de la Ville de Montréal a résilié deux contrats de transport de neige après avoir constaté que l’entreprise responsable ne remplissait pas au maximum de sa capacité ses camions, ce qui augmentait sa facturation. Des centaines de voyages ont été faits à moitié pleins, selon l’enquête.

L’entreprise en question, Transport Rosemont, avait décroché deux contrats de quatre ans totalisant 9,3 millions de dollars pour le transport de la neige dans deux secteurs de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

En mars dernier, une dénonciation concernant un « stratagème » mis en place par Transport Rosemont pour gonfler sa facturation est parvenue au Bureau de l’inspecteur général (BIG). Les enquêteurs ont examiné les photos des camions se présentant aux sites d’élimination de la neige, prises systématiquement à des fins de contrôle.

L’équipe de l’inspectrice générale, Me Brigitte Bishop, a alors constaté que lors d’une opération de déneigement réalisée en février 2019, 300 des 514 chargements de Rosemont Transport étaient à moitié pleins.

Pour l’entreprise, chaque chargement représente entre 172 et 362 $ de revenu.

En vertu des contrats la liant à l’arrondissement, l’entreprise Transport Rosemont est payée pour chaque mètre cube de neige acheminé aux lieux d’élimination. Les volumes sont calculés en multipliant la capacité de chaque benne, mesurée en début de saison, par le nombre de voyages. On considère par la suite que chaque chargement est plein.

Malgré des avertissements adressés par l’arrondissement à l’entreprise le 1er mars, le BIG a constaté que 12 % des chargements dans les secteurs concernés n’étaient toujours pas pleins lors de l’opération subséquente de déneigement, du 11 au 15 mars.

« L’inspectrice générale recommande que Transport Rosemont soit écartée de tout appel d’offres et de la possibilité de conclure des contrats de gré à gré avec la Ville pendant une période de cinq ans », peut-on lire dans le rapport.

Transport Rosemont n’a pas rappelé Le Devoir, lundi après-midi.

Réactions à l’hôtel de ville

La mairesse Valérie Plante a déclaré, lundi après-midi, que la Ville de Montréal prenait acte du rapport du BIG et allait sévir contre l’entreprise visée.

« Il faut savoir qu’on avait arrêté les paiements dès qu’on avait eu un doute avec le BIG, a expliqué Mme Plante. Maintenant, il s’agit de savoir qui doit de l’argent à qui. On est là-dedans. Mais au final, cette entreprise-là va se retrouver sur la liste noire. »

« Si c’est arrivé à Villeray, je me doute que c’est arrivé dans d’autres arrondissements, a quant à lui réagi Lionel Perez, le chef de l’opposition. Je pense que l’administration doit faire une enquête immédiatement sur cet enjeu pour voir exactement ce qui se passe dans les différents sites à neige. »

« Bien que l’hiver soit terminé, on a énormément de données sur lesquelles on peut faire enquête », a ajouté le chef d’Ensemble Montréal.

Des centaines de voyages étaient à moitié pleins, selon son enquête.