Un pas de plus vers l’inclusion à Montréal

Un vestiaire universel permettra à tous les usagers de la piscine d’avoir un accès non genré et plus sécuritaire.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Un vestiaire universel permettra à tous les usagers de la piscine d’avoir un accès non genré et plus sécuritaire.

La Ville de Montréal fait un autre pas en avant pour être plus inclusive. À l’instar du gouvernement fédéral, elle a décidé d’adopter la politique d’analyse différenciée selon les sexes, mais dans sa forme plus large pour inclure également les personnes susceptibles d’être discriminées notamment en raison d’un handicap, de leur orientation sexuelle ou de leur origine.

L’ADS + est un ensemble de principes qui devront être discutés et considérés en amont de chacun des projets implantés par la ville-centre et les arrondissements. « La meilleure analogie, c’est la politique de développement durable adoptée par la Ville et incluse dans le processus décisionnel », a déclaré l’élue Rosannie Filato, responsable au comité exécutif notamment du développement social et communautaire et des sports et loisirs.

Des exemples ? Le vestiaire universel et vitré du nouveau Complexe aquatique de Rosemont, en construction dès 2019 et qui a été pensé en fonction des principes de l’ADS +, permettra à tous les usagers de la piscine d’avoir un accès non genré et plus sécuritaire. « Ça peut être, par exemple, pour un homme âgé qui veut aller se baigner, mais qui est accompagné de sa fille. En ce moment, avec les vestiaires qu’il y a, ce n’est pas possible. »

Un autre exemple

Les skate parks, souvent pris d’assaut par les garçons, pourraient aussi être conçus de manière à davantage inclure les filles. « Pourquoi on ne pourrait pas mettre des bancs tout autour ? Ça permettrait à tout le monde de regarder, et de peut-être développer un intérêt pour ce type de sport », souligne Mme Filato. L’entrée d’une bibliothèque devra être construite pour faciliter l’accès aux personnes en fauteuil roulant ou les parents avec poussette, au niveau de la rue et sans escaliers, par exemple.

Le « réflexe ADS + » pourrait aussi s’appliquer lorsqu’il s’agit de déterminer la programmation des activités d’un centre sportif ou encore s’incarner dans l’ajout de luminaires dans les parcs pour qu’ils soient plus éclairés et sécuritaires pour les femmes.

Un projet-pilote sera implanté à la Ville au cours des deux prochaines années dans les services de la diversité et de l’inclusion, de l’urbanisme et de la mobilité, de la gestion et la planification immobilière ainsi qu’à la direction des sports. Les arrondissements de Ville-Marie et de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce seront les premiers à tenter d’intégrer ces principes dans leurs projets municipaux. « Dans un premier temps, on va former les employés, car c’est relativement nouveau », a indiqué l’élue Filato. « Ensuite, on va évaluer comment l’ADS + va être appliquée par les fonctionnaires et les élus pour que ça finisse par donner une grille qui va être applicable d’emblée avant chaque projet. »

Mais comment concilier toutes les diversités dans cette approche ? Et si le vestiaire universel accommodait les uns, mais déplaisait à d’autres, comme certaines personnes issues des communautés culturelles ? « L’objectif n’est pas nécessairement de plaire à tout le monde. Ce ne serait pas possible, mais c’est au moins de s’assurer qu’on a la réflexion et que toutes les questions sont posées dès le début. »