Denis Gallant n’enquêtera pas sur l’espionnage de journalistes

Denis Gallant
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Denis Gallant

Denis Coderre a fait volte-face, mardi, en annonçant qu’il retirait le mandat d’enquête administrative confié à l’inspecteur général Denis Gallant, au sujet de la surveillance de journalistes par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le maire a justifié sa décision en disant s’être entretenu avec le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, et avoir obtenu l’assurance que la commission d’enquête mise sur pied par le gouvernement du Québec se penchera aussi sur le cas du SPVM.

« Il risque d’être contre-productif que plusieurs enquêtes soient menées de front sur le sujet, d’autant que la commission d’enquête du gouvernement du Québec sera publique et aura tous les pouvoirs que lui accorde la Loi sur les commissions d’enquête, dont le pouvoir de contraindre pour découvrir la vérité », a expliqué le maire, par voie de communiqué.

Le ministre Coiteux avait pourtant déjà annoncé, la semaine dernière, que la commission d’enquête s’intéresserait au SPVM, en plus de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de la Ville de Québec.

Des critiques

Rappelons que, à la suite des révélations faites la dernière semaine concernant la surveillance de journalistes, le maire avait confié un mandat pro bono à Me Gallant afin que celui-ci fasse la lumière sur les processus d’enquête utilisés par le SPVM.

La décision du maire lui avait valu de nombreuses critiques, dont celles de Projet Montréal, qui estimait que ce mandat compromettait l’impartialité et l’indépendance de l’inspecteur général face au pouvoir politique de M. Coderre.

« Le but n’était pas de fragiliser le bureau de l’inspecteur général […], mais bien de profiter de l’expertise d’un homme capable et crédible comme Me Gallant », a soutenu Denis Coderre.

Le maire ne serait pourtant pas étranger au fait que les relevés téléphoniques du journaliste de La Presse, Patrick Lagacé, ont été obtenus par le SPVM en 2014. Lundi, le maire a admis avoir lui-même téléphoné au chef de police de l’époque, Marc Parent, afin de se plaindre de fuites dans les médias au sujet de constats d’infraction le concernant. Il a toutefois assuré de pas avoir demandé d’enquête sur le journaliste.

Un conseiller de Projet Montréal, Alex Norris, a reproché au maire Coderre d’avoir fait preuve d’improvisation dans ce dossier, « dans le but de laisser croire qu’il agit ». Il estime aussi que Me Gallant aurait dû refuser ce mandat.

Au cours de la dernière semaine, il a été révélé que les communications de six autres journalistes ont été épiées par la SQ.

Consultez tous nos textes sur le dossier des journalistes sous surveillance

4 commentaires
  • Pierre Bernier - Abonné 8 novembre 2016 23 h 35

    Hum !

    Voilà un rappel à l’ordre bienvenu à l’endroit de ce maire, au profil « trompiste », responsable d’une administration locale ?

  • Michel Lebel - Abonné 9 novembre 2016 09 h 36

    Jugement?

    J'ai de la difficulté à comprendre comment il se fait que Denis Gallant ait d'abord accepté de faire ce job. Comme témoignage de bon jugement, j'ai déjà vu mieux!

    M.L.

    • Marc Theriault - Inscrit 9 novembre 2016 11 h 26

      Bien d'accord avec vous. À mon humble avis, et le maire, et Denis Gallant ont perdu des points de crédibilité dans cette histoire. C'est comme si dès que quelqu'un s'approche de la politique au Québec, et en particulier à Montréal, il perd une partie de son jugement. Il faut cependant savoir que Coderre n'était déjà pas un ange avant son arrivée à Montréal.

    • François Dugal - Inscrit 9 novembre 2016 21 h 21

      Monsieur Thériault,
      Comment peut-on perdre "des points de crédibilité" quand on en a plus?