Les communications relèveront du bureau du directeur Pichet

Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet

Les communications au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) entrent en « phase de transition » : le commandant des relations médias a été démis de ses fonctions lundi et le service de police lance ce mardi une offre d’emploi publique pour trouver le nouveau gestionnaire de sa section des communications.

Celui qui était à la tête de l’équipe des relations médias, Ian Lafrenière, a appris en matinée qu’il serait affecté à de nouvelles fonctions, qui n’ont pas encore été déterminées. Il quittera son poste actuel en septembre, après vingt années de service au sein de cette équipe. « C’est loin d’être un désaveu ou une “démotion” », a affirmé le directeur du SPVM, Philippe Pichet, en admettant cependant que la décision avait été imposée au commandant. Joint au téléphone, Ian Lafrenière s’est contenté de dire qu’il n’avait « rien à ajouter » pour le moment.

À la question qui taraudait les journalistes, soit savoir si le bureau du maire Denis Coderre avait été impliqué dans la décision, le chef de police a répondu prudemment.

« On a impliqué les communications de la Ville, parce qu’on a des liens avec eux au niveau des communications. Donc oui, il y a quelqu’un au bureau de M. Beauchamp [Louis Beauchamp, directeur du service des communications à la Ville] qui a été impliqué à ce niveau-là, à titre de consultation », a-t-il répondu. Le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, a également approuvé la nouvelle structure.

Centralisation

Changement important au SPVM, les communications relèveront désormais du bureau de Philippe Pichet, et la gestion de ce département sera confiée à un civil. L’appel de candidatures lancé ce mardi doit permettre de trouver cet « expert des communications », tel que le souhaite le directeur du SPVM. « Pour moi, les communications, c’est hyper-stratégique, hyper-important. Ça touche l’image, ça touche le lien de confiance, ça peut toucher le sentiment de sécurité », a affirmé le chef Pichet.

Il assure que le rapatriement des communications vers son bureau de direction n’est pas « une question de contrôle ». « C’est que la seule place où il y a une vue sur l’ensemble du service, c’est à mon bureau », justifie-t-il.

Selon lui, le rapatriement des relations médias dans son bureau permettra de favoriser l’agilité des équipes, l’accès à l’information stratégique et l’accélération des processus décisionnels.

Les communications seront ensuite scindées en deux : un policier s’occupera des communications et de l’image de marque, tandis que la commandante Marie-Claude Dandenault assurera les communications avec les médias et la vigie des réseaux sociaux.

Cette policière, qui cumule trois ans d’expérience comme cadre dans l’unité aéroportuaire, occupera les fonctions autrefois assurées par Ian Lafrenière. Elle effectuera son travail d’une manière différente de son prédécesseur, a toutefois annoncé Philippe Pichet. « On ne veut pas surexposer la nouvelle personne, parce que c’est hyper-prenant, a-t-il affirmé. Quand on aura un dossier particulier, on trouvera un expert [pour parler aux médias] », a-t-il illustré.

Le chef de police espère ainsi protéger sa nouvelle porte-parole et éviter les situations dans lesquelles s’est retrouvé Ian Lafrenière, notamment ciblé par des menaces de mort et du harcèlement criminel.

2 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 7 juin 2016 08 h 10

    Resurfaçage

    L'avenir le dira, mais cela ressemble davantage à une opération de marketing d'image qu'à un réel élan de communication.

    La policière « qui cumule trois ans d’expérience comme cadre dans l’unité aéroportuaire, occupera les fonctions autrefois assurées par Ian Lafrenière » (qui en cumulait 20). Cela intrigue, même si « « C’est loin d’être un désaveu ou une “démotion” ».

    Disons qu'en termes de communication, « le cumul » commence tôt. Pourtant, compter jusqu'à trois n'est pas soricer.
    Il faut que la commandante est d'autres talents.

    Ce ne sont pas des infos limpides et cela ne fait pas bon ménage avec la transparence promise.

    • Patrick Daganaud - Abonné 7 juin 2016 12 h 54

      Correction
      Disons qu'en termes de communication, « le cumul » commence tôt. Pourtant, compter jusqu'à trois n'est pas soricer.
      Il faut que la commandante ait d'autres talents.

      Avec mes excuses.