Des trottoirs chauffants pour la Sainte-Catherine

Scène de la rue Sainte-Catherine mercredi, avec le saxophoniste Alain Lebeau. La Ville de Montréal profitera de travaux d’infrastructures pour remodeler l’artère commerciale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Scène de la rue Sainte-Catherine mercredi, avec le saxophoniste Alain Lebeau. La Ville de Montréal profitera de travaux d’infrastructures pour remodeler l’artère commerciale.

La Ville de Montréal profitera de la métamorphose de la rue Sainte-Catherine Ouest pour doter l’artère de trottoirs chauffants et d’aménagements plus conviviaux pour les piétons. Selon le plan dévoilé mercredi, la circulation automobile sera maintenue, mais le nombre de places de stationnement sur rue sera réduit.

L’administration Coderre voulait faire d’une pierre deux coups. Comme les infrastructures souterraines centenaires doivent être remplacées sous la rue Sainte-Catherine, entre les rues De Bleury et Atwater, sur une distance de 2,2 km, aussi bien remodeler l’artère commerciale.

Au terme de consultations, le maire Denis Coderre a dévoilé mercredi le scénario retenu qui privilégie le maintien de la circulation automobile dans un environnement plus agréable pour les piétons. Deux voies de circulation automobile seront conservées en direction est, et la limite de vitesse sera abaissée à 30 km/h pour favoriser le partage de la chaussée avec les cyclistes.

Dans le segment situé entre les rues Aylmer et McGill College, les trottoirs seront élargis à 6,5 m — au lieu de 4,25 m actuellement — et le stationnement sera interdit.

Sur le reste de l’artère, les trottoirs seront élargis aussi, mais en bordure de chaussée, une section du trottoir pourra accueillir des voitures stationnées. Le modèle sera « modulable ». Ainsi, en fonction des saisons et des événements, les stationnements en bordure de rue pourront disparaître temporairement. La rue pourra aussi être entièrement piétonne selon les besoins du moment. « Ce que je trouve remarquable, c’est la flexibilité qu’on se donne, a commenté le maire Coderre. On peut faire un marché de Noël. On peut piétonniser complètement la rue. On peut penser à des terrasses d’été et d’hiver. »

Le maire Coderre avance même qu’avec l’ajout éventuel de stationnements étagés ou souterrains, on pourrait songer à éliminer les stationnements sur rue dans un avenir plus éloigné.

La Ville a également opté pour les trottoirs chauffants, ce qui simplifiera les opérations de déneigement, mais elle devra poursuivre les études techniques pour concrétiser ce projet.

 

Échéancier repoussé

L’administration souhaite faire de Sainte-Catherine une « rue intelligente » où les citoyens auront un accès gratuit à l’Internet sans fil et à des applications facilitant la recherche de places de stationnement. L’artère sera aussi dotée de bornes de recharge pour les véhicules électriques.

Alors qu’en juin dernier, le maire Coderre avait laissé entendre que les travaux de la rue Sainte-Catherine commenceraient au printemps 2016, le coup d’envoi sera plutôt donné au printemps 2017, au moment des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Le maire s’est voulu rassurant en disant que les travaux souterrains ne nécessitaient pas l’ouverture complète de la rue en tout temps.

Dans le cadre de la phase 1, les premiers travaux entre les rues De Bleury et Mansfield seront réalisés à partir de 2017 et se termineront en 2019. Ceux du square Phillips s’échelonneront jusqu’en 2021. Les coûts de la phase 1 sont estimés à 95 millions et incluent les trottoirs chauffants, a précisé Denis Coderre.

Le coût des travaux des phases subséquentes jusqu’à la rue Atwater n’est pas encore connu.

Le chef de l’opposition Luc Ferrandez n’est pas convaincu que le projet sera de nature à revitaliser le centre-ville de Montréal. Selon lui, l’administration aurait dû bannir le stationnement sur toute la longueur de la rue de manière à disposer de larges trottoirs permettant l’aménagement de terrasses. Le modèle hybride retenu par l’administration fera en sorte que le mobilier urbain se retrouvera au centre des trottoirs si les espaces de stationnement sont retranchés lors d’occasions spéciales. « Un concept avec des poubelles, des bancs publics, des arbres et de l’affichage au milieu du trottoir, je n’ai jamais vu ça nulle part ailleurs », a-t-il dit.

La formule choisie par l’administration a toutefois plu au président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

10 commentaires
  • Vincent Desrochers - Inscrit 13 mai 2015 14 h 59

    Excellent

    Espérons que les sans-abris pourront en profiter pour se réchauffer!

  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 13 mai 2015 16 h 01

    Bravo!

    Les SDF ou itinérants vont trouver l'hiver moins dur!

    • Gilles Théberge - Abonné 13 mai 2015 17 h 08

      Ben oui, ils vont étendre de la paille le soir sur le ciment...

  • Denis-Émile Giasson - Abonné 13 mai 2015 16 h 07

    Ah les trottoirs!

    Il fut un temps où la gestion des déchets sur la voie publique faisit partie des rêves d'un maire de Montréal qui vit à implanter des conduits souterrains du type aspirateur central dans l'aire es spectacle. Quelqu'un se réveilla trop tard: le rêve s'était métamorphosé en cauchemard... sauf pour la vermine qui a maintenant son propre Montréal souterrain Place des Arts et environs! Ce maire n'est plus.
    Mon maire du Plateau voit dans ses rêves des trottoirs de trois fois plus larges que ceux qui bordent nos voies de circulation. Le pôvre devra attendre que le rêve de mon autre maire, celui de la grande ville, se matérialise en cauchemard. Le mot se passera de place en place, de ville en ville: Montréal chauffe ses trottoirs qui pourront accueillir, bien au chaud, la misère humaine et le fric touristique.
    La Ste-Cath va devenir la cousine inversée de la Plaza St-Hub: d'ouest en est, elle rechauffera les pieds alors que la vieille rue réchaufe du Sud au Nord les têtes de ses passants. Quelle source d'étonnements et bonheur infinis que sont nos maires!

  • Martin Gagnon - Inscrit 13 mai 2015 17 h 58

    La facture au mètre

    La distance, sur Sainte-Catherine, entre la rue de Bleury et la rue Mansfield est de 650 mètres selon Google Maps (9 minutes de marche).
    95 000 000 $ divisé par 650 mètres donnent près de 150 000$/mètre !
    La Commission scolaire de Montréal ce soir votera des coupures imposés qui vont éliminer des repas, des postes et bien d'autres choses "inutiles".
    Cela dit, on dirait que la main droite ne semble pas savoir ce que fait la gauche.
    Même si on refait les égouts en même temps que les trottoirs, 150 000$/mètre c'est salé en bibitte.
    Par exemple, si l'on compare à une propriété moyennement luxueuse logeant 5-6 personnes pour 750 000$: cela représente 5 mètres de trottoir...
    Notre bon maire est-il tombé sur la tête ?

  • Robert Beauchamp - Abonné 13 mai 2015 18 h 32

    Le fric

    Où prennent-ils donc tout ce fric?