La rue Sainte-Catherine Ouest ne sera pas piétonne à l’année

L’artère emblématique pourrait être réservée aux piétons à certaines périodes de l’année, mais pas de façon permanente.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir L’artère emblématique pourrait être réservée aux piétons à certaines périodes de l’année, mais pas de façon permanente.

La rue Sainte-Catherine Ouest, qui doit faire l’objet d’une cure de rajeunissement majeure au cours des prochaines années, ne sera pas complètement piétonne, a indiqué le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desrochers.

L’artère emblématique pourrait être réservée aux piétons à certaines périodes de l’année, mais pas de façon permanente, a soutenu M. Desrochers en marge d’un discours prononcé mardi midi par l’homme d’affaires Stephen Léopold, président du conseil d’Immodev, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

« On aura une rue flexible qui va permettre tous les aménagements possibles. Est-ce que ce sera 100 % piéton toute l’année ? C’est clair qu’on a décidé que ce ça ne sera pas ça. Il y aura peut-être des périodes piétonnes. On décidera avec les intervenants locaux. Mais ce qu’on va proposer va nous permettre énormément de flexibilité », a expliqué Pierre Desrochers.

Devant les gens d’affaires, Stephen Léopold avait plaidé en faveur du maintien de la circulation automobile sur l’artère montréalaise qui doit faire l’objet de travaux de réaménagement importants d’ici la fin de 2019. « Sainte-Catherine a besoin des voitures. N’a-t-on pas appris de l’échec de la rue Prince-Arthur ? », a demandé M. Léopold.

L’an dernier, le maire Coderre avait indiqué être séduit par l’idée d’une piétonnisation de la rue Sainte-Catherine dans la foulée des travaux d’infrastructures souterraines qui doivent être réalisés. Pour Stephen Léopold, piétonniser Sainte-Catherine mettrait en péril la vitalité de l’artère et pourrait inciter davantage de clients à se tourner vers les mégas centres commerciaux.

M. Léopold a également vanté l’idée de doter les trottoirs et la chaussée d’un système chauffant qui rendrait la fréquentation de cette artère plus agréable. Un tel système éviterait les inconvénients liés aux amoncellements de neige et de gadoue et épargnerait à la Ville de coûteuses opérations de déneigement, a-t-il fait valoir.

Pierre Desrochers affirme que la Ville considère sérieusement l’option de trottoirs chauffants et que des études sont en cours. « Ces études vont nous permettre de voir si c’est réalisable et quel coût. Mais je vous dirais qu’on a un préjugé très favorable », a-t-il dit.

La sécurité

Dans son allocution, Stephen Léopold a aussi pressé la Ville d’assurer une gestion impeccable du chantier de la rue Sainte-Catherine, pour favoriser le maintien de la circulation des piétons et des automobiles pendant les travaux afin de ne pas faire fuir la clientèle.

Il suggère de faire de la rue Sainte-Catherine un modèle en matière de technologie en profitant des travaux souterrains pour installer un réseau de fibres optiques ultraperformant. Selon lui, Montréal devrait aussi doter tous les parcomètres de bornes de recharge pour les véhicules électriques.

Finalement, M. Léopold estime que Montréal devra faire de la rue Sainte-Catherine une artère sécuritaire à toute heure du jour ou de la nuit, et ce, même pendant le chantier. Il propose notamment d’améliorer l’éclairage de l’artère et va même jusqu’à recommander l’installation de centaines de caméras à reconnaissance faciale.

Piétonnisation demandée

Si les suggestions de M. Léopold sont accueillies favorablement par le président de la CCMM, Michel Leblanc, notamment en ce qui a trait à la présence des voitures, Luc Ferrandez, chef de l’opposition à l’hôtel de ville, formule plusieurs réserves. « Il avait plusieurs idées excellentes, comme les trottoirs chauffants, quand on sait la destruction qu’imposent le passage des chenillettes et le sel sur les trottoirs », a-t-il dit.

Mais le chef de Projet Montréal estime que la piétonnisation de Sainte-Catherine est indispensable. « Il ne faut pas payer 40 millions pour se retrouver avec la même rue qu’on avait avant. Sainte-Catherine doit être une rue piétonne, c’est clair », a indiqué M. Ferrandez.

Le chef de l’opposition croit aussi que l’enjeu du stationnement sera important. À son avis, Montréal devrait faire en sorte de mieux gérer les espaces de stationnement souterrains déjà existants, mais sous-utilisés.

L’administration Coderre entend dévoiler son plan pour le réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest au début du mois de mai.Les travaux commenceront l’an prochain. Le premier tronçon réalisé s’étendra de la rue De Bleury à la rue Mansfield. Après une pause en 2017, le temps que soit célébré le 375e anniversaire de Montréal, les travaux reprendront pour la seconde phase qui couvrira près d’un kilomètre et demi, de la rue Mansfield à l’avenue Atwater.