Coderre et Bergeron rêvent de recouvrir l'autoroute VIlle-Marie

L’an dernier, une étude avait révélé qu’il en coûterait 1,5 milliard de dollars pour recouvrir l’autoroute Ville-Marie entre la rue Saint-Urbain et l’avenue De Lorimier, soit sur 1,5 kilomètre.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir L’an dernier, une étude avait révélé qu’il en coûterait 1,5 milliard de dollars pour recouvrir l’autoroute Ville-Marie entre la rue Saint-Urbain et l’avenue De Lorimier, soit sur 1,5 kilomètre.
Même si Québec a réservé un accueil glacial à leur proposition, le maire Denis Coderre et le chef de l’opposition, Richard Bergeron, gardent le cap sur leur projet de recouvrir une partie de l’autoroute Ville-Marie d’ici 2017.

Denis Coderre et Richard Bergeron sont des adversaires politiques, mais ils ont tous deux l’ambition de faire disparaître une partie de la cicatrice qui sépare depuis des décennies le centre-ville du Vieux-Montréal. Recouvrir ce segment de 125 mètres situé entre les rues Sanguinet et Gosford — dans le secteur de l’hôtel de ville — pourrait coûter autour de 40 millions de dollars et permettrait d’aménager un espace public à proximité de la station de métro Champ-de-Mars.

Un legs pour le 375e

Denis Coderre veut faire de ce projet un legs pour le 375e anniversaire de Montréal et il a confié les commandes du dossier à Richard Bergeron. En conférence de presse vendredi, il a toutefois précisé que « ce n’est pas avec le chef de l’opposition, mais avec le conseiller de l’arrondissement de Ville-Marie » qu’il collaborait : « C’est surtout dû à son expertise en urbanisme. […] Deux pit-bulls ensemble sur un dossier commun, je pense que ça va être intéressant. »

Le maire Coderre est pressé, car il souhaite que le projet soit réalisé à temps pour 2017. « Je ne suis pas à la phase d’étude de faisabilité. On va demander qu’on aille directement en avant-projet pour 2014 », a-t-il dit.

Emballé par le projet et les responsabilités que lui a confiées le maire, M. Bergeron envisage de repousser son départ de la politique municipale.

Rappelons que dans les jours suivant sa défaite en novembre dernier, M. Bergeron avait annoncé qu’il quitterait son poste dans un délai de 12 à 24 mois. « Disons que je suis en train de trouver des raisons d’allonger un peu ma présence au conseil municipal de Montréal. C’est tellement un beau dossier. Je suis tellement heureux que le maire m’en confie la direction politique », a-t-il expliqué.

Denis Coderre soutient que le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a démontré une ouverture à l’égard du recouvrement partiel de l’autoroute. Mais au cabinet du ministre, la réponse est sans équivoque : « Le recouvrement de l’autoroute n’est pas dans les cartons. Les coûts qui y seraient associés sont trop élevés dans le contexte actuel », explique-t-on.

L’an dernier, une étude avait révélé qu’il en coûterait 1,5 milliard de dollars pour recouvrir l’autoroute Ville-Marie entre la rue Saint-Urbain et l’avenue De Lorimier, mais il était alors question d’un segment de 1,5 kilomètre. « Notre position est inchangée », a-t-on indiqué au cabinet.

La réponse du gouvernement n’a pas semblé ébranler Denis Coderre. « L’amphithéâtre de Québec n’était pas non plus dans ses cartons », a-t-il dit sur les ondes de Radio-Canada en après-midi.

Richard Bergeron ne paraissait pas plus ému : « À l’aube d’une élection, il ne faut surtout pas qu’ils donnent l’impression de vouloir aider Montréal parce que c’est le 450 et la région de Québec qui détermineront la couleur du gouvernement », a souligné M. Bergeron lors d’une entrevue au 98,5 FM.

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Départ d’un premier haut fonctionnaire

Son poste ayant été aboli dans la foulée de la réforme administrative annoncée par le maire Denis Coderre jeudi, le directeur principal du Service des affaires institutionnelles à la Ville de Montréal, Agop Evereklian, perd son emploi. Ex-candidat conservateur lors des élections fédérales de 2008, M. Evereklian était devenu le directeur de cabinet de l’ex-maire Gérald Tremblay en 2011. Sa nomination dans la haute fonction publique montréalaise l’année suivante avait suscité la controverse à l’Hôtel de Ville. M. Evereklian a annoncé lui-même son départ sur le réseau Twitter vendredi soir. Pour l’instant, M. Evereklian serait le seul directeur principal dont le poste a été aboli.
12 commentaires
  • Vincent Bussière - Inscrit 21 février 2014 14 h 28

    Bonne décision.

    Bravo à Denis Coderre, il m'impressionne ce gars là, je ne croyais pas beaucoup en lui et je n'ai pas voté pour lui mais si il continue dans sa ligne de conduite, il deviendra mon idole. Il fait ce qu'il a promis de faire, il travaille en pleine collaboration avec ses adversaires politiques pour le bien de la Ville De Montréal et des Montréalais. Encore bravo Denis Coderre. Ce projet est très important car cette affreuse cicatrice qui nous sépare du Vieux Montréal doit diparaitre et je crois que Bergeron est l'homme de la situation car lui aussi veux embellir notre ville.

    • Claude Lachance - Inscrite 22 février 2014 16 h 16

      Le Québec est surement en tête de liste des champions pour la fabrication et le démolissage des idoles.Si on commençait par le commencement. rendre les rues praticables pour l'humble piéton,réparer la tuyeauterie qui nous coutent une fortune en perte d'eau potable, et traitée aux frais des payeurs de taxes, couper les vivres et se débarrasser des inutiles et couteux roitelets d'environnements, auto-sacrés petits dieux de la vérité, seraient un pas pire début.

  • simon villeneuve - Inscrit 21 février 2014 14 h 57

    un cauchemar

    On arrete pas de dire que Montreal manque d'argent et sont pres de la faillite pour les fonds de retraites des employes, mais Coderre veut depenser 1,5 milliards pour recouvrir une autoroute pour des bienfaits a mon avis presque inexistant autre qu'esthetique.

    Ma foi Coderre me fait penser de plus en plus a Labeaume avec des idees de grandeurs comme la futur arena a Quebec sans equipe d'hockey avec des finances publiques en pietre etat...

    On voit les priorites de Codere sont pas aux bonnes places .

    Du beton comme priorite sur les employes municpaux,dettes de la ville et les services offert aux citoyens.
    Les finances de la ville sont a l'agonie, oui ou non ?

    • Jean Richard - Abonné 22 février 2014 15 h 19

      Et si c'était un investissement ?

      Déplaçons la situation pour mieux l'illustrer. Supposons qu'au lieu de recouvrir l'autoroute Ville-Marie, on s'attaque plutôt à la métropolitaine, la A40, en choisissant de l'enfouir sous terre entre l'échangeur Décarie et Pie-IX par exemple.

      Qu'avons-nous actuellement le long de cette autoroute ? Que des bâtiments de piètre qualité, des logements-taudis et quoi encore. Cette verrue urbaine qu'est la A40 a tout pour repousser et les résultats parlent. Ce n'est pas demain la veille qu'on va assister à la gentrification de ses abords. C'est beaucoup trop désolant. C'est une version nord-américaine du bidonville.

      Alors, on enfouit la A40 pour la mettre en tunnel plutôt qu'en structure surélevée, ce qui coûterait cher bien sûr. Mais ce faisant, c'est de l'espace pour des centaines de logements qu'on rendrait disponible, avec en prime la possibilité d'y faire des logements de qualité (ne pas confondre avec les condo-châteux kitsh de Brossard) tout en rétablissant le lien entre des quartiers sévèrement enclavés par l'autoroute actuelle. Et avec les logements viendraient les commerces et autres services.

      Pour attirer des entreprises, des commerces, des sièges sociaux et avant tout des résidents à Montréal, il faut un environnement de qualité. Une autoroute à ciel ouvert ne sera jamais un environnement urbain de qualité. Alors, travailler à améliorer l'environnement urbain, ça ne tient pas nécessairement des idées de grandeur. Laisser cet environnement se détériorer comme on l'a fait si longtemps, c'est par contre une vision suicidaire pour la ville.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 21 février 2014 15 h 34

    Déconnectés

    Il y a bien d'autres priorités à Montréal que celle de recouvrir l'autoroute. Les rues sont pleines de trous, les trottoirs dangereux, le système d'aqueduc périmé, la STM presque en faillite et les égoûts à refaire complètement. Des milliards. Où vont-ils prendre l'argent pour ce projet de luxe, ces deux irresponsables ?

    Et pourquoi les ingénieurs à l'origine du concept ont-ils choisi une autoroute creusée à ciel ouvert plutôt que sous terre ? Aucune de ces deux honorables personalité n'a jamais répondu à cette question essentielle.

    • Jean Richard - Abonné 22 février 2014 15 h 27

      Pourquoi ne pas l'avoir construite sous terre au départ ? Pour économiser quelques sous sans doute. On refilait à d'autres la facture qui va avec la correction de l'erreur du début. Et la facture est salée.

      Et si aujourd'hui, on adopte la même philosophie et qu'on repousse l'incontournable parce que ça coûte trop cher, on refile la facture à d'autres et cette facture sera de plus en plus salée.

      On se prive peut-être de quelques milliards d'investissements parce qu'on ne veut pas dépenser un sou pour corriger une gaffe environnementale qui nous coûte cher.

  • Marcel Lavoie - Inscrite 21 février 2014 16 h 17

    IMPRESSIONNANT

    Voilà un projet concret et logique. La fonction de maire ne semble pas le faire " tremblay " pour le moment.

    il est dit qu'un bon départ assure une excellent continuité.

  • Nathalie Beauregard - Abonnée 21 février 2014 17 h 54

    Bravo M. Coderre!

    Quel beau projet! Je suis vraiment heureuse que M. Coderre en fasse une priorité, et surtout, qu'il en confie la responsabilité à l'expert des transports Richard Bergeron. Il y a longtemps que cette cicatrice en plein centre-ville aurait due être recouverte. Vivement un beau parc pour embellir le tout!