«L’affaire SNC-Lavalin» revient hanter Justin Trudeau

En cette 28e journée de campagne électorale, le chef libéral Justin Trudeau a été rattrapé par «l’affaire SNC-Lavalin».
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne En cette 28e journée de campagne électorale, le chef libéral Justin Trudeau a été rattrapé par «l’affaire SNC-Lavalin».

Les chefs libéral et conservateur ont de nouveau courtisé samedi les banlieues du Grand Toronto qui joueront un rôle crucial lors des élections fédérales du 20 septembre. Certaines controverses ont toutefois porté ombrage à leur passage dans la région.

En cette 28e journée de campagne électorale, Justin Trudeau a été rattrapé par « l’affaire SNC-Lavalin ». Le quotidien « Globe and Mail » a publié samedi un extrait du livre à paraître de l’ancienne ministre de la Justice et procureure générale du Canada, Jody Wilson-Raybould.

Elle y raconte deux rencontres privées tenues avec M. Trudeau en 2019 où il l’aurait incitée à mentir sur les pressions subies au sein du cabinet. Mme Wilson-Raybould a toujours maintenu que l’entourage de M. Trudeau a tenté de l’influencer afin d’offrir une porte de sortie à la firme montréalaise, accusée de corruption, et ainsi éviter un procès.

Appelé à réagir aux allégations de son ancienne procureure générale, le chef libéral a tout nié.

« Ces allégations sont fausses. Ce n’est pas quelque chose que j’ai fait ou que je ferais. Je pense que les gens savent qu’on a discuté longuement, au cours des deux dernières années, de tous ces enjeux », a soutenu M. Trudeau, de passage à Mississauga, en Ontario.

Les conservateurs, eux, n’ont pas manqué de rebondir sur cette affaire. Le candidat conservateur Michael Barret a qualifié l’affirmation de Mme Wilson-Raybould d’« extrêmement préoccupante, mais pas surprenante ».

« Justin Trudeau ne croit pas que les règles s’appliquent à lui ou au Parti libéral du Canada », a-t-il réagi.

Propos islamophobes et double vaccination

De passage aussi en banlieue de Toronto pour annoncer notamment des mesures afin de favoriser l’accession à la propriété, M. O’Toole a dû répondre à des questions concernant des propos islamophobes et la vaccination.

Il a soutenu que « le racisme et l’islamophobie n’ont pas leur place dans le Parti conservateur du Canada ou dans [sa] campagne ».

Cette déclaration survient après qu’un candidat conservateur de la Nouvelle-Écosse, Steven Cotter, s’est excusé pour des publications islamophobes sur les réseaux sociaux. Lisa Robinson, candidate de Beaches-East York, en Ontario, a aussi dû s’expliquer sur des gazouillis islamophobes publiés en 2017.

Mme Robinson soutient que le compte en question n’était pas le sien et qu’il s’agissait plutôt d’un faux compte. Vendredi, le Parti conservateur l’a tout de même larguée, contrairement au candidat Steven Cotter.

Sur l’enjeu de la vaccination, M. O’Toole a semblé donner une approbation tacite aux candidats conservateurs qui ne sont pas adéquatement vaccinés contre la COVID-19 pour faire campagne dans les résidences pour personnes âgées, à condition qu’ils respectent les mesures de santé publique.

La question s’est posée après que la candidate conservatrice de Peterborough-Kawartha, Michelle Ferreri, a publié des photos d’elle sur les réseaux sociaux lors d’une visite dans une résidence pour personnes âgées alors qu’elle n’avait reçu qu’une seule dose.

M. O’Toole a assuré que toutes les mesures étaient suivies, y compris les vaccins, les tests rapides quotidiens, le port du masque et la distanciation physique.

Le NPD présente son cadre financier

Le NPD a dévoilé son cadre financier, samedi après-midi, qui prévoit l’ajout de 166 milliards en revenus sur cinq ans pour financer 214 milliards $ en nouvelles dépenses.

Outre 68 milliards $ en santé, le programme prévoit notamment 26 milliards $ pour combattre les changements climatiques sur cinq ans auquel s’ajoute le budget de 35 milliards $ de la Banque de l’infrastructure du Canada qui serait redirigé vers les projets verts. Une somme de 30 milliards $ est aussi prévue pour la réconciliation avec les peuples autochtones.

Parmi les principales sources de revenus, on espère tirer 60 milliards grâce à un impôt sur la richesse, 44 milliards $ en augmentant le taux d’inclusion du gain en capital à 75 % et 25 milliards $ en augmentant le taux d’imposition des sociétés, de 15 % à 18 %, soit le taux en vigueur en 2010. En 2025-2026, le déficit atteindrait 34 milliards $.

La Commission des débats critiquée

Pour sa part, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a remis en question l’existence de la Commission des débats des chefs qui essuie les critiques depuis jeudi soir en raison d’une question jugée anti-Québec.

M. Blanchet propose que les prochains débats soient plutôt organisés par les médias eux-mêmes. La commission a été créée pour mettre fin aux machinations des partis visant à contrôler comment, quand, sur quels sujets et avec qui les chefs débattraient pendant les campagnes électorales.

« Que le débat soit organisé par les médias », a-t-il lancé en conférence de presse samedi à Sherbrooke.

Dans une question posée au chef du Bloc québécois, lors du débat en anglais, la modératrice a décrit la loi sur la laïcité et le projet de loi visant à renforcer la langue française comme « discriminatoires »

M. Blanchet reconnaît qu’il est peut-être gagnant dans cette controverse et qu’il y a peut-être un « effet » dans la campagne actuelle.

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