Pas de vaccination obligatoire pour les candidats conservateurs

L’idée d’un passeport vaccinal, adoptée par le premier ministre du Québec, François Legault, doit être mise en œuvre dans la province en septembre.
Graham Hughes La presse canadienne L’idée d’un passeport vaccinal, adoptée par le premier ministre du Québec, François Legault, doit être mise en œuvre dans la province en septembre.

Alors que des contraintes émergent un peu partout pour les personnes non vaccinées au Canada, le vaccin contre la COVID-19 ne sera pas obligatoire pour les candidats conservateurs qui iront à la rencontre d’électeurs aux quatre coins du pays. Contrairement aux autres chefs de partis, Erin O’Toole a plusieurs fois refusé de dire dimanche si l’ensemble de ses troupes a été immunisé.

« Tous nos candidats et candidates vont travailler très fort sur le terrain et vont suivre les règles sanitaires. Comme j’ai dit, les vaccins sont très importants, un outil primordial dans la lutte contre la COVID-19. Pour notre équipe, on va travailler plus fort, afin de respecter toutes les mesures sanitaires d’un océan à l’autre », a répondu le chef conservateur au jour 1 de la campagne électorale fédérale, dimanche.

Erin O’Toole a esquivé à plusieurs reprises les questions des journalistes sur l’obligation vaccinale au sein de sa campagne, qui a pris son envol dimanche au déclenchement de la campagne électorale. Il n’a pas voulu préciser si tous les candidats sous sa bannière ont reçu suffisamment de doses contre la maladie.

On doit éduquer, et pas forcer 

Le chef du second parti à Ottawa croit en l’efficacité et en la sécurité des vaccins contre la COVID-19, comme en témoigne sa sortie médiatique pour recevoir le vaccin en compagnie de sa femme, Rebecca. Il estime cependant que la vaccination demeure un choix personnel qu’il faut respecter.

« Je suis déçu par l’approche de M. Trudeau, en pleine quatrième vague, de déclencher une élection et diviser les gens sur la question de leur santé. On doit éduquer, et pas forcer, et il y a [d’autres] outils nécessaires pour lutter contre la quatrième vague », a-t-il argumenté. Il dit par exemple que les masques, le dépistage et les tests rapides peuvent être utilisés pour assurer la sécurité de tous. De manière générale, il précise la position de son parti ainsi : « les Canadiens [peuvent] prendre leurs propres décisions. On doit éduquer, et pas forcer ».

Autres formations vaccinées

La position du Parti conservateur sur l’obligation vaccinale rompt avec celle de ses principaux rivaux politiques, qui assurent tous compter sur des candidats bien inoculés.

« Nous nous attendons à ce que tous les candidats représentant le Parti libéral respectent strictement les directives de santé publique, et cela implique la pleine vaccination. Nous vérifions le statut vaccinal de nos candidats à l’échelle du pays. À titre d’information, le processus de vérification est effectué par écrit avec chaque candidat investi, ainsi qu’avec les candidats potentiels actuellement en lice », a, par exemple, précisé le Parti libéral du Canada, le plus loquace sur la question.

Le Bloc québécois a assuré au Devoir qu’il n’attire pas de candidats qui s’opposent au vaccin. Le parti a confirmé que tous ses candidats investis — au nombre de 75, pour l’instant — ont été adéquatement vaccinés. Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet et le chef conservateur Erin O’Toole ont tous les deux attrapé la COVID-19 en septembre 2020.

Le NPD a indiqué que toutes les personnes souhaitant se présenter pour la formation de gauche devaient avoir reçu leurs doses.

Passeport vaccinal

Le chef conservateur est aussi resté évasif quant à sa position précise sur l’établissement d’un passeport vaccinal qui donnerait aux consommateurs pleinement vaccinés certains privilèges. L’idée, adoptée notamment par le premier ministre du Québec, François Legault, doit être mise en œuvre dans la province en septembre.

« Je vais toujours travailler en étroite collaboration avec les provinces sur la santé, le bien-être, des Canadiens, des Québécois. On doit travailler ensemble. Je vais toujours respecter les décisions au Québec, comme un passeport vaccinal, et les autres outils [que choisissent les gouvernements provinciaux] d’un océan à l’autre, parce qu’on doit travailler ensemble », a promis l’aspirant premier ministre du Canada.

La question de l’obligation vaccinale a été évoquée par Justin Trudeau au moment du déclenchement des élections anticipées dimanche. Une telle obligation devrait être imposée cet automne aux fonctionnaires fédéraux et aux passagers aériens du pays, comme annoncé vendredi par des ministres du gouvernement libéral. Le premier ministre a expliqué vouloir plonger le pays en campagne électorale pour demander l’avis de la population sur de telles mesures pandémiques dont les répercussions risquent de se faire sentir sur plusieurs années.

Près de 26 700 personnes ont perdu la vie au Canada après avoir contracté la COVID-19, selon l’Agence de la santé publique du Canada. Des chercheurs croient que ce nombre pourrait avoir été sous-évalué auprès des centres pour personnes âgées ailleurs qu’au Québec. À la fin de juillet, 6,3 millions de Canadiens n’avaient pas encore été vaccinés.



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